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L'Empire de poussière - Livre 1

Nicolas BOUCHARD


Cycle : L'Empire de poussière vol. 1 


Illustration de Julien DELVAL

MNÉMOS , coll. Icares
Dépôt légal : octobre 2002
Roman, 308 pages, catégorie / prix : 21,50 €
ISBN : 2-911618-86-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Nul ne connaît les dimensions exactes de l'Empire de poussière. Tout au plus peut-on affirmer que le grand gouffre descend sur des milliers de lieues jusqu'au Niflheimr, le monde des Enfers. Aucun navigateur, même parmi les plus audacieux, n'a tenté le voyage jusqu'en bas.
     Un jour, Freyja, la grande déesse, disparaît. Et les cités de l'Empire entament une lente descente vers le Niflheimr. Une prophétie a jadis annoncé la naissance d'un expert en magie, un Parfait qui pourra stopper la chute des poussières. Mais ce sont des jumeaux qui naissent...
 
Créatures mutantes, fragiles cités... Un monde de tous les dangers.
 
     Premier livre d'un grand cycle de fantasy, L'Empire de poussière est l'histoire d'un monde inédit et bigarré. A tout moment, on risque d'y croiser elfes, pirates, génies, déesses, et quelques redoutables créatures volantes...
     Passionné par l'histoire et la mythologie, Nicolas Bouchard affectionne tout particulièrement les imaginaires nordique et germanique.
 
    Critiques    
     Un univers en forme de gouffre. Immense et en perpétuel affaissement. Empli de cités « volantes », reliées entre elles par des voies commerciales empruntées par des dirigeables dont les ballons sont en fait d'énormes créatures. Celles-ci sont du reste à l'origine de la plupart des industries de l'Empire de poussière : leur chitine est utilisée pour la construction de nombre de produits manufacturés. C'est dans ce décor particulier qu'évoluent les protagonistes, essentiellement répartis entre deux peuplades elfiques antagonistes, les Dökkalfars, plutôt belliqueux, et les Ljosalfars, qui vivent davantage en harmonie avec leur environnement. Au centre de l'intrigue, la naissance d'un être parfait, censé rétablir l'équilibre entre Dökkalfars et Ljosalfars et résorber l'affaissement général des cités jusqu'au Niflheimr, le fond du gouffre. Un double être parfait, car il s'agit en définitive de jumeaux. Eïla et Falko sont d'abord recueillis par deux volväs, prêtres ljosalfars, qui les séparent pour les cacher et, ce faisant, éviter que l'Heptarchie, le gouvernement qui régit ce monde emmené par le vil Odmar, ne les supprime avant qu'ils n'accomplissent leur destin suprême. Pourtant, il faudra bien qu'un jour les jumeaux sortent de leur cachette pour révéler leur existence à tout l'Empire de Poussière...

     La première réaction, à la vue de ce livre, c'est malheureusement un constat trop souvent fait ces dernières années : il s'agit, encore et toujours, du premier tome d'un cycle. Nicolas Bouchard, en bon « faiseur », avait jusque là écrit un certain nombre de romans (qu'on échelonnera du bon au très moyen) qui se lisaient indépendamment. Et on l'appréciait aussi pour cela. Sans doute a-t-il jugé que son histoire nécessitait davantage d'espace. On se retrouve ainsi avec un livre inachevé une fois la dernière page tournée, chose hautement énervante. Néanmoins, une fois cette première réaction passée, on peut se plonger dans le roman, et trouver que Bouchard réussit à nous livrer un roman d'aventures/apprentissage réussi, car haut en couleurs et peuplé de personnages attachants. Une imagination débordante, qui débouche sur la création d'un univers étrange que l'on découvre peu à peu : rarement livre aura été autant basé sur les mythologies scandinaves que celui-ci. Peut-être trop, car le prix à payer est une surcharge de noms nordiques, parfois difficiles à assimiler pour qui n'a pas envie de prendre des notes, sans que, toutefois, cela ne nuise véritablement à la lecture. Bref, un livre sympathique et rythmé, qui souffre toutefois de quelques longueurs, et dont on aurait aimé qu'il fût davantage un roman autonome que le premier tome (de cinq cent pages) d'un énième cycle de fantasy. Parce que ça, vraiment, ça commence à bien faire...

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/1/2003 dans Bifrost 29
Mise en ligne le : 20/2/2004


     L'univers entier est contenu dans le crâne d'Ymir. De dimensions inconnues, il ne comporte ni étoile ni vide interstellaire, mais seulement un air respirable où « tombent » des « structures » faites de roches, de chitine et, plus rarement, d'un peu de métal. Elles forment des sortes d'îles aériennes habitables et les plus grandes villes sont bâties sur plusieurs d'entre elles, réunies par des ponts, des passerelles et des câbles électriques.
     En dehors de divers dieux, de pirates mi-homme mi-insecte, de soldats berserkirs et d'animaux monstrueux, cet univers est surtout peuplé par deux races d'elfes, les Dökkalfars (elfes sombres) et les Ljosalfars (elfes brillants). La magie des premiers leur permet d'opérer sur la structure moléculaire de la matière vivante — ce qui fait d'eux de redoutables généticiens — tandis que les seconds peuvent agir sur la matière inerte. Le métissage donne naissance aux mages les plus puissants, tels les Mundilfœris qui sont capables de télétransporter instantanément de grands vaisseaux constitués de nacelles suspendues à des insectes géants.
     Mais tout ce qui existe sous le crâne d'Ymir chute inéluctablement vers le Niflheimr, demeure de Hel, la déesse des enfers. Lorsqu'une structure se rapproche trop dangereusement de ce « monde obscur », ses occupants doivent migrer vers les régions plus élevées du Mithgardr — « L'enclos du milieu » — ou de l'Heptarchie, les sept cités bâties au sommet de l' « Empire de poussière »...

     Inspiré par les mythologies scandinave et germanique, le décor mis en place par Nicolas Bouchard est complexe, original et particulièrement impressionnant. Par contraste, l'intrigue proprement dite est plus simple : le récit de la destinée d'un être « parfait » — un être « double » en l'occurrence — qui doit libérer ou remplacer la déesse Freyja, retenue prisonnière, sert surtout de fil conducteur à la découverte de cet univers hors norme. Dans ce voyage extraordinaire, le candide n'est pas l'un des protagonistes, mais le lecteur lui-même. Cinq parties successives, illustrées de croquis « ethnographiques », permettent de suivre les itinéraires complémentaires de quelques personnages-clés dans les hautes sphères divines, politiques et militaires, mais aussi parmi les plus humbles, paysans ou mécaniciens... Le panorama offert est ainsi très complet. Evitant la monotonie d'une quête trop linéaire, ce choix narratif soutient l'intérêt du lecteur qui demeure captivé du début à la fin. Aucune longueur à déplorer dans ces quelque cinq cents pages — ce qui, hélas, n'est pas toujours la règle, en fantasy comme ailleurs.
     Autre point plaisant, Bouchard aborde cet univers de pure fantasy en y introduisant volontiers des éléments évoquant la science-fiction, tout comme il mêlait polar et SF dans certains de ses précédents romans. Dès le prologue, il nous décrit par exemple un « laboratoire-temple » où des « techniciens-mages » enclenchent le « processus de réveil » d'une déesse reliée par des câbles à des écrans fabriqués à partir des yeux à facettes de monstres insectoïdes... Ailleurs, il expose le problème posé par le déplacement des masses d'air lors des télétransportations magiques, alors que bien des auteurs de space opera ne s'en préoccuperaient pas... Bref, on ne s'étonnerait pas si les volumes suivants nous révélaient que l'Empire de poussière est un artefact à la manière de la planète Omale chère à Genefort, que le Seidr — la magie — est une sorte de pouvoir psi et que les « élus » ne sont en fait que le fruit d'une sélection génétique rigoureuse...

     On pourra bien sûr regretter qu'un tel souffle romanesque et un tel déploiement d'imagination ne servent d'autre projet que le seul divertissement. Mais Bouchard, en habile conteur, parvient sans peine à surprendre et à émerveiller son lecteur, en développant de façon alerte et crédible ce monde exotique et attrayant dont il n'a sans doute pas épuisé toutes les richesses.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/2/2003 dans Asphodale 2
Mise en ligne le : 1/6/2004


 
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