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Sardequins

Philippe MONOT

Première parution : Paris, France : Nestiveqnen, Fractales/Fantasy, mars 2002
Cycle : Sardequins vol. 1 


Illustration de Laurent MINY

NESTIVEQNEN , coll. Fractales / Fantasy
Dépôt légal : mars 2002, Achevé d'imprimer : mars 2002
Première édition
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 2-910899-47-0
Format : 13,0 x 19,9 cm
Genre : Fantasy



Quatrième de couverture
     Suite aux persécutions des institutions religieuses de l'Adjita, la magie est maintenant oubliée. Ce qui n'empêche pas Léandre Olvérius, libraire et imprimeur, de découvrir un exemplaire du « Manuel de magie domestique a l'usage du bon peuple », un ouvrage devenu rarissime et vieux de plus de trois siècles. Dès lors le destin se déchaîne.
     Le précieux manuscrit est volé. Avant de disparaître dans la nature Léandre est accusé du forfait, son commerce et sa maison partent en fumée, des créatures simiesques et terrifiantes surgissent des légendes pour tuer Ruth, sa fille unique. Un ami de Léandre, le comte Nestor au passé brumeux, fuit avec Ruth pour mettre cette dernière en sécurité.
     Dans le même temps, deux Sardequins cherchent un sens à leur éternelle existence et pour ce faire, mettent le monde à feu et à sang.
 
     Libraire à Aix-en-Provence, Philippe Monot est passionné de littérature et tout particulièrement de fantasy. Avec ce deuxième roman, Philippe Monot confirme qu'il maîtrise parfaitement les ressorts de la fantasy, en sachant y apporter tout ce qui a fait le succès de Frère Aloysius et le petit prince : une base philosophique et une bonne dose d'humour.
Sommaire
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1 - (non mentionné), (Carte), pages 5 à 5, carte
Critiques
     Philippe Monot aime les livres, ce qui paraît bien normal pour un écrivain qui est aussi un libraire. Et de livres, il est largement question dans ce premier opus de Sardequins. Livres mystérieux qui déchaînent les passions, à l'instar du légendaire deuxième tome de la Poétique d'Aristote. Codex qui renferment entre leurs pages une part du destin du monde. Livres richement ouvragés et contenant, au sens littéral, une magie oubliée, comme une boîte de Pandore prête à s'ouvrir dans un monde désenchanté par les persécutions d'institutions religieuses prérationalistes. Livres plus humbles, mais pas moins importants, comme cet exemplaire du Manuel de magie domestique à l'usage du bon peuple, ouvrage condamné et officiellement disparu, que le libraire et imprimeur Léandre découvre dans une boutique (il servait de cale à une étagère) et qu'on refuse curieusement de lui vendre. Plus tard, on l'accusera de l'avoir volé et réédité afin de le diffuser au plus grand nombre. Sans le savoir, Léandre a mis le doigt dans un engrenage terrifiant qui va les entraîner, lui et sa fille, ainsi qu'un des auteurs qu'il publie, l'énigmatique Comte Nestor, dans une aventure palpitante, fuite et quête en même temps, sur fond de guerre de religion et, au-delà des apparences, de guerre cosmique entre les dieux qui ont créé le monde et les Sardequins, les derniers magiciens parvenus à l'immortalité, qui rêvent de divinité.

     Faisant un bond de plusieurs siècles, Philippe Monot continue l'exploration de ce monde qu'il a créé pour son premier roman, Frère Aloysius et le petit prince. Grâce à une écriture dynamique et simple, sans fioritures pompeuses, il pose avec gourmandise et minutie, d'une manière qui rappelle parfois Vance, les décors d'un univers riche et cohérent, empli de couleurs, de parfums et de goûts, où on s'immerge avec délectation. L'écriture de Monot souffle un vent de fraîcheur, cultivant avec un bonheur communicatif la dérision et la drôlerie (parfois jusqu'au non-sens), ne cédant jamais au sérieux infatué qui est trop souvent le lot des autres artisans du genre. Ce qui ne l'empêche pas de déployer une dimension épique, de poser, mine de rien, les éléments d'une réflexion sur les rapports entretenus par le pouvoir, la connaissance et la perception des lois qui régissent l'univers, et d'inspirer aussi des sentiments plus sombres tels l'effroi et la terreur. Car il sait doser chaque élément, faire naître le trouble et l'interrogation en ne désignant pas clairement la nature morale des forces en jeu, et passer le baume du rire sur les plaies et les brûlures de la violence qui se déchaîne soudain, lorsque le destin frappe. Avec Sardequins, Monot confirme qu'il est sans doute une des voix les plus originales et revigorantes dans le domaine de la fantasy française.

Jonas LENN
Première parution : 1/10/2002 dans Asphodale 1
Mise en ligne le : 1/9/2004


     Après Frère Aloysius et le petit prince, paru en 2000 chez Nestiveqnen, voici donc Sardequins, second roman de Philippe Monot et premier volet de ce qui s'annonce déjà comme une trilogie.

     Dans un monde dominé par l'Adjita, une institution religieuse qui a tourné le dos à la magie des siècles passés, le libraire Léandre Olvérius met la main sur un vieil exemplaire d'un manuel de magie et tente de le rééditer. Dès lors, tout son univers bascule : Léandre disparaît, sa librairie part en fumée et sa fille Ruth est agressée par des créatures surnaturelles. L'intervention du comte Nestor, ami du libraire et poète pamphlétaire sans public, permet à la jeune fille d'échapper à la mort. Ruth se lance alors à la recherche de son père, accompagnée du comte, lui-même en quête de son passé perdu. Dans le même temps, les armées du culte Husan quittent les Terres Libres et envahissent le monde adjitien... Dans l'ombre, deux Sardequins tirent les ficelles de ces destins mêlés.

     Affirmons le d'emblée : avec ce deuxième roman, Monot confirme qu'il est moins un écrivain exigeant qu'un conteur efficace et imaginatif. L'auteur semble en effet ne porter aucune attention à la structure narrative et s'embarque, toutes les fois qu'il le peut, dans des digressions étonnantes et dans des variations sur les thèmes de la magie, de la guerre, du voyage initiatique et de la quête d'identité — variations qui démontrent au demeurant qu'il a parfaitement assimilé tous les ressorts de la fantasy. Si cette liberté formelle confère à Sardequins une spontanéité rafraîchissante, elle grève le livre d'un inachèvement stylistique patent. Les digressions irritent parfois le lecteur, les fautes de style et les impropriétés de langage provoquent une gêne ponctuelle mais récurrente. Surtout, l'auteur change de point de vue narratif de manière totalement inopinée et découpe chacun de ses chapitres en dépit de toute logique d'ensemble.

     Toutefois, malgré cette structure lâche, le roman porte en lui une énergie, une vivacité, un humour et une vraie générosité, caractéristiques qui lui confèrent un charme qui n'est pas sans évoquer celui des aventures du petit sorcier de J. K. Rowling. Après un court prologue dont la complexité, artificielle, échoue à captiver le lecteur, le récit prend son envol. Au fil de la lecture, la magie opère et on plonge sans retenue dans l'univers de Sardequins, croisant des créatures improbables et des architectures démesurées. Quant aux personnages ils sont imprévisibles, touchants, drôles, espiègles, gentils même lorsqu'ils sont méchants et d'autant plus fragiles qu'ils sont forts. A travers les figures des deux Sardequins, magiciens puissants et virtuellement immortels, pour lesquels le monde n'est qu'un terrain de jeu, l'auteur jongle habilement avec la notion de deus ex machina. Non seulement Monot ne ruine pas son intrigue dans les interventions récurrentes de ces omnipotents, mais elle y gagne même en cohérence. Finalement, Monot prouve qu'aucun des événements, des personnages, ou même des objets qu'il évoque, n'est inutile ou gratuit — jusqu'aux notes de bas de page qui, si irritantes qu'elles puissent paraître, contribuent néanmoins à donner de la chair à l'univers décrit.

     Voilà qui fait du deuxième roman de Philippe Monot un divertissement sympathique, un livre dense malgré des défauts formels. On attend la suite sinon avec impatience, du moins avec un réel intérêt.

Ugo BELLAGAMBA
Première parution : 1/7/2002 dans Bifrost 27
Mise en ligne le : 1/10/2003

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