Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Fils de Rosemary

Ira LEVIN

Titre original : Son of Rosemary, 1997

Cycle : Rosemary  vol. 2

Traduction de Iawa TATE
Illustration de PHOTONICA

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantastique (2000 - 2007) n° 5866
Dépôt légal : mai 2001
Première édition
Roman, 256 pages, catégorie / prix : I
ISBN : 2-290-31064-6   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Novembre 1999. Rosemary Woodhouse se réveille dans une clinique d'un coma long de 27 ans. Et se rend vite compte que ce monde inconnu qui se révèle à elle est en admiration idolâtre devant un jeune homme d'apparence christique, enfant chéri des médias, dont la parole bienveillante a converti des millions de fidèles. Andy, la chair de sa chair...
     Mère et fils se rencontrent enfin, apprennent à se connaître. Rosemary, rassurée, découvre que ce charismatique fils prodigue, au lieu d'être l'instrument docile de la volonté de son père, veut symboliquement sceller la réconciliation de tous les hommes à l'orée du troisième millénaire.
     Mais ce nouveau Sauveur autoproclamé n'est-il pas un peu trop angélique ?

     Né à New York en 1929, Ira Levin est l'auteur de Ces garçons qui venaient du Brésil et Les femmes de Stepford. Un bébé pour Rosemary, son chef-d'oeuvre, a envahi le monde d'une inoubliable sensation de malaise, et a été adapté au cinéma par Roman Polanski. En voici la suite tant attendue, symboliquement dédiée à Mia Farrow, incarnation parfaite de Rosemary à l'écran.
 
    Critiques    
     Tout le monde se rappelle l'histoire d'Un bébé pour Rosemary grâce au film qu'a réalisé Roman Polanski, à partir d'un roman écrit en 1967. Ce récit paranoïaque, où de charmants voisins deviennent progressivement de plus en plus inquiétants, est d'autant plus terrifiant que le personnage de Rosemary est ordinaire, et bien banal son quotidien où le fantastique fait son entrée de manière insidieuse. On se souvient aussi que le fameux bébé n'est autre que le fils de Satan...
     Une fois le frisson passé, il est tentant de se demander ce qui se passerait si le Diable parvenait à ses fins. On accueille ainsi cette suite, écrite en 1997 (soit exactement trente ans plus tard), avec une certaine nostalgie mêlée de curiosité.

     Hélas...

     Quand Rosemary se réveille miraculeusement d'un long coma de 27 ans, elle découvre qu'Andy, son fils, est devenu un charismatique leader religieux. Le lecteur – à qui on ne la fait pas – comprend aussitôt que ce fiston est bien trop gentil pour demeurer longtemps honnête  : le suspense ne joue plus, puisque nous savons déjà que Satan n'est pas loin. La paranoïa fonctionne mieux avec le doute.
     A peine déboussolée dans ce présent qu'elle ne connaît pas, Rosemary se remet vite en selle et fait preuve d'une belle énergie  : la voilà qui passe à la télévision et qui suit son fils pour prêcher la bonne parole à ses côtés. Il lui faudra un certain temps pour se rendre compte que quelque chose cloche, au point qu'on souhaiterait la secouer pour lui ouvrir les yeux. Le récit s'étire en longueur car Rosemary s'arrange pour repousser les révélations finales, par exemple en refusant d'écouter ceux qui souhaiteraient la mettre en garde.
     L'intrigue traînaille ainsi jusqu'à ce que nous apprenions enfin quel vaste complot prépare Andy pour l'an 2000. Quoi  ? C'est tout  ? Le fils de Satan n'aurait trouvé qu'un minable stratagème pour anéantir l'humanité  ? Un truc même pas digne d'un savant fou et dont la réussite est d'emblée plus qu'improbable ?

     Laissons la surprise (si l'on ose dire) du dénouement au lecteur qui désirera tout de même se lancer dans ce thriller poussif. On notera seulement que la réussite du fameux plan dépend de la célébration de l'an 2000 dans le monde entier. Levin semble oublier que d'autres calendriers existent et qu'il est peu probable qu'un leader se réclamant du christianisme convainque les adeptes d'autres religions de le suivre. Mais peu importe les détails, le plus attristant est de voir à quel point le Diable manque d'imagination et d'efficacité.

     Bref, voici un roman qu'il n'est pas indispensable de lire et qui n'ajoutera pas grand chose à la gloire de son auteur. Il vaut mieux se rappeler les classiques que sont devenus Un bonheur insoutenable, Les femmes de Stepford ou encore Ces garçons qui venaient du Brésil.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 2/8/2001 nooSFere


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 70931 livres, 81309 photos de couvertures, 66126 quatrièmes.
8470 critiques, 38100 intervenant·e·s, 1487 photographies, 3724 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.