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Traquemort : Le proscrit

Simon R. GREEN

Titre original : Deathstalker, 1995

Cycle : Traquemort vol. 1 

Traduction de Pierre-Paul DURASTANTI & Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
Illustration de Olivier VATINE

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (63)
Dépôt légal : juin 2002
Roman, 606 pages, catégorie / prix : 23 €
ISBN : 2-84172-211-2   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre Le Proscrit   MILADY, 2016

    Quatrième de couverture    
     « Je te vois, Traquemort. Tu auras beau te débattre, la destinée te tient entre ses griffes. Tu abattras un empire et tu verras la fin de ce en quoi tu crois, tout cela pour un amour que tu ne connaîtras ja­mais. Au dernier jour, tu mourras seul, loin de tout secours, loin de tes amis. »
     Depuis sa capitale de Golgotha, l'impératrice Lionnepierre, « la Garce de fer », fait ployer sous son joug l'empire interstel­laire des hommes. Du plus humble de ses sujets jusqu'aux maîtres des grandes familles, tous redoutent ses décrets.
     Ainsi commence la saga d'Owen Traquemort : son fief lui est ôté, sa vie est mise à prix, son nom même est proscrit. Et lui, davantage porté vers l'étude et les plaisirs que la vie politique d'un grand seigneur, doit s'en­fuir vers Brumonde, seule pla­nète rebelle à la loi de l'Empire. C'est là, en compagnie de hors-la-loi et d'exclus, qu'il fera le premier pas vers la destinée qui lui est promise depuis toujours.
     Premier roman traduit de Simon Green, traquemort est un grand opéra de l'espace, roman d'aventures, de cape et d'épée, où tous les thèmes de la science-fiction s'entrecroisent en un cocktail éblouissant.
 
    Critiques    
     Oyez, oyez, braves gens, lecteurs comblés, et même vous, lecteurs frustrés. Le Traquemort est là. Lecteurs avides de science-fiction palpitante et d'aventures trépidantes, le livre-culte nouveau est arrivé. Dans la plus pure tradition de la SF d'antan qui a réjoui nos jeunes années, Simon R. Green, ce bienfaiteur de l'humanité, nous précipite dans une sorte d'achèvement de la science-fiction d'aujourd'hui. Car Traquemort est un Dune halluciné, un Hypérion exalté, réécrit par Alexandre Dumas et Edmond Hamilton.

     Dans un avenir lointain, l'humanité a essaimé dans tout l'univers. L'Impératrice Lionnepierre — cruelle, retorse et impitoyable — règne par la terreur sur une cour on ne peut plus baroque. Détestée de tous, elle écrase peuple et aristocratie sous un talon d'acier. Diaboliquement efficaces, ses gardes et ses services secrets ont infiltré l'essentiel des complots et des mouvements de résistances. Ce qui n'empêche ni tentatives de meurtres ni révolutions, bien au contraire ; quant aux familles nobles, décadentes et brutales, elles s'entredéchirent pour accroître leur pouvoir. Mais l'équilibre des forces de l'Empire change subitement lorsque Lionnepierre destitue Owen Traquemort, héritier d'une lignée de guerriers. Traqué de planète en planète, ce jeune historien hédoniste se révèle un redoutable sabreur. Survolté par le turbo, la technique de combat des Traquemort, qui transformerait une puce neurasthénique en tigre furibond, il traverse la Galaxie pour réunir les pièces d'un puzzle qui le conduira à abattre Lionnepierre. Commence alors un roman de science-fiction ahurissant où le héros est flanqué d'une contrebandière, d'un rebelle mythique fatigué, d'une chasseuse de prime cynique, d'un surhomme philosophe, d'un loup-garou immortel, et de son ancêtre, réveillé d'une stase temporelle de neuf cent quarante-trois ans, célèbre pour avoir inventé le Négateur de Noir vide, qui a éteint mille soleils d'un coup...

     Au-delà du récit d'aventures, il faut admirer le tour de force de l'auteur qui expose en un crescendo ininterrompu tous les thèmes de la science-fiction classique. Ce tourbillon d'action réunit une multitude de personnages, les Dormeurs de Grendel — une armée complète de Gritches déchaînés qui attend juste qu'on ouvre sa prison millénaire (et quelle prison !) pour montrer de quel bois elle se chauffe — , des clones opprimés, des intelligences artificielles terroristes, des psis hargneux, des vampires affamés, sans oublier les sauts en hyperespace approximatifs, les planètes exotiques mortelles à souhait, tout droit sorties d'un ouvrage de Stefan Wul, d'extraordinaires scènes d'arènes avec leurs massacres de gladiateurs dopés aux drogues de combat, des labyrinthes gloutons, et surtout les duels à l'épée, omniprésents... les lasers mettant trois minutes à se recharger. Et la suite s'annonce encore plus délirante, puisque rôdent déjà deux nouvelles races d'extraterrestres, que les surhommes sont de sortie, et que les héritiers de la noblesse sont en colère. Traquemort est un roman à grand spectacle, comme on rêve d'en lire plus souvent. Le récit, échevelé, est passionnant de bout en bout. Alors, que demander de plus ? Le tome 2, évidemment.


Stéphane MANFREDO
Première parution : 1/12/2002 dans Galaxies 27
Mise en ligne le : 2/9/2004


     A première (et courte) vue, ce premier tome de la Saga Traquemort ne brille pas par son originalité. Un jeune aristocrate dilettante mis au ban par une impératrice psychopathe, dans un Empire interstellaire décadent, va devenir bien malgré lui le chef de file d'une bande disparate, constituée d'une jeune et farouche hors-la-loi, d'une chasseuse de prime psychopathe, d'un vieux héros fatigué, d'un cyborg philosophe et d'un ancêtre mythique qui dormait depuis plus de neuf ans dans son antique château. Voilà pour la trame principale. Ajoutez à cela des intrigues politiques dignes d'un Frank Herbert, des rivalités entre clans familiaux qui ne dépareraient pas dans un bon cycle de fantasy, des étripages enthousiastes à la pointe de l'épée, une Arène où un gladiateur masqué affronte les pires créatures de la galaxie, des non-êtres officiels, clones et espsis, êtres modifiés pour ces Seigneurs de l'Instrumentalité nouvelle formule, et vous aurez saisi, au moins en apparence, sur quoi repose la redoutable efficacité de la Saga Traquemort. D'ailleurs, le nom même du héros, Deathstalker en anglais, fait référence à une série de films de fantasy des années 80. Tout un programme.

     Est-ce à dire qu'il n'y a là qu'un habile concentré de poncifs SF/ fantasy, gentiment mitonnés à la sauce space opera ? Ce serait là une lecture bien linéaire et bien injuste de Traquemort. Car même s'ils servent bien évidemment à faire jouer la connivence culturelle, et à emporter l'adhésion affective du lecteur, les poncifs ne sont pas là seulement pour le décorum, et encore moins par hasard. Owen Traquemort est historien. Gilles Traquemort, son ancêtre, a plus de neuf cent ans. Et c'est dans le passé que cet Empire décadent cherche à se ressourcer. Dans un passé fantasmé, mythique, qui transparaît aussi bien dans les mises en scène de l'impératrice Lionnepierre que dans les rites des familles ou dans la glorification des combats à l'épée. Aussi, quand naît une Libre Fraternité des espsis et des clones, les rebelles se baptisent-ils spontanément les Elfes. Aussi, quand on découvre que l'on peut créer des combattants redoutables en les tuant et en remplaçant leur sang par une mixture artificielle, les nomme-t-on naturellement wampyres. De même, une capitale où le palais se terre dans les profondeurs du sol ne pouvait s'appeler que Golgotha (« crâne » en araméen, et calvaire biblique s'il en fut). On pourrait ainsi poursuivre presque indéfiniment la liste. C'est parce que l'esprit humain, quand il ne sait plus trop à quoi se vouer, retombe inévitablement dans les poncifs de la culture que cet Empire en est rempli.

     Bref, il y a bien plus dans ce roman qu'on ne pourrait le croire à première vue. Pour qui apprécie les romans d'aventures palpitants, plein de péripéties, de complots, de personnages hauts en couleur, Traquemort donne de quoi se défouler agréablement le neurone sans s'ennuyer une seule minute. Pour qui préfère les intrigues complexes, la dimension politique vient compliquer les choses et permet de dépasser la lecture linéaire. Pour qui enfin aime les livres-univers bien ficelés, cohérents, où les choses ne sont pas forcément ce qu'elles semblent être et où l'on sent que certaines explications restent à venir, nul doute qu'il y a aussi de quoi se satisfaire. En somme, une bien agréable découverte que cette saga de Simon R. Green.

Nathalie LABROUSSE (lui écrire)
Première parution : 13/12/2004 nooSFere


 
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