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Le Chien de guerre et la douleur du monde

Michael MOORCOCK

Titre original : The War Hound and the World's Pain, 1981

Cycle : Von Bek vol. 1 

Traduction de Henry-Luc PLANCHAT
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5685
Dépôt légal : février 2000
Roman, 224 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-266-08380-5   
Genre : Fantastique


Autres éditions
   L'ATALANTE, 1993
   in Von Bek, 2002
Sous le titre Le Chien de guerre
   J'AI LU, 1985
   SEGHERS, 1983

    Quatrième de couverture    
     1631 : l'Allemagne est à feu et à sang. Au lendemain du sac de Magdebourg, le comte Ulrich von Bek, capitaine des mercenaires abandonne ses hommes pour se réfugier dans les profondeurs de la forêt de Thuringe. Une redoutable révélation l'y attend.
     C'est un pacte qui va sceller le destin du « Chien de guerre », un pacte diabolique puisque Lucifer en est l'artisan. Dès lors, pour son salut, pour le salut de celle qu'il aime, pour le salut d'un monde que déchire la folie sanguinaire, von Bek se met en quête.
     Une quête où beaucoup ont échoué. Une quête qui l'entraîne dans l'ailleurs entre les mondes et peut-être jusqu'aux portes du paradis. Aux portes des enfers aussi, car le royaume des Ténèbres est plus proche qu'on ne croit.

     Michael Moorcock est un Anglais d'aujourd'hui, plus proche des Beatles que du roi Charles Ier. Mais comment ne pas voir qu'il adore voyager dans l'espace (parcourant par exemple l'Allemagne) et dans le temps (revisitant ici la guerre de Trente Ans) ? Et le voilà parti au Texas ! Va-t-il charger les bœufs à la tête de ses troupes ?
 
    Critiques    
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition SEGHERS, Les Fenêtres de la nuit (1984)


     Avec ce roman situé en Allemagne au XVIIe siècle, en pleines guerres de religions, Moorcock plonge à nouveau dans l'Histoire, après sa récente exploration (plus proche dans le temps) de Byzantium Endures, et sa trilogie (même s'il s'agit d'une Histoire parallèle) des aventures d'Oswald Bastable. Il renoue aussi avec un héros douteux, doutant de lui, et cruel sans illusions (il fait salement un sale boulot), du genre d'Elric : ici le mercenaire Ulrik von Beck, qui se vend à qui le paye — jusqu'au marché suprême : avec le diable. Il poursuit enfin son entreprise de démythification par l'humour iconoclaste en inversant les données traditionnelles du « marché avec Satan », car cette fois Lucifer veut faire preuve de bonne volonté en donnant à Dieu un gage de paix, le Graal, afin de retrouver sa place aux Cieux. C'est donc du concentré de Moorcock, pure laine bio. D'ailleurs, le « dos » du roman n'annonce-t-il pas : « Son meilleur roman à ce jour, épique, étrange, effrayant, fort et métaphysique ».
     Or, cette publicité, sans être mensongère, va très au-delà du plaisir de la lecture — et d'abord parce que Le chien de guerre est loin d'être le meilleur roman à ce jour de Michael Moorcock. Métaphysique ? Il l'est certainement, encore qu'il le soit plus par l'exposé des thèmes que par l'énoncé d'une philosophie. Fort ? Peut-être, si l'on s'en tient à la thématique. Epique, étrange, effrayant ? C'est là surtout où le bât blesse : passé les prenantes 50 premières pages, avec l'introduction dans le château désert de Lucifer (un univers à la Belle au bois dormant), le roman déroule des péripéties, nombreuses, avec une absence de conviction et de couleurs regrettable : Moorcock décrit au fil de la plume des situations (visite à l'Enfer, rencontres avec des soldats morts, combat avec des aigles magiques, etc.) qui eussent mérité une « chair de mots » plus compacte pour prendre de corps. Un seul exemple, tiré de la visite infernale : « J'étais surtout impressionné par leur regard : dur et désespéré. Il y avait aussi leurs murmures : froids et sans dignité. Enfin, il y avait cette ville elle-même : sans trace d'humanité. » Du style ? Certes. Mais à trop vouloir faire télégraphique au long de trop de pages, l'intérêt s'émousse. Un autre inconvénient est la personnalité du héros, sûrement très moorcockien, mais qui se livre à des introspections trop modernistes pour un capitaine allemand du XVIIe siècle : le message (ou le clin d'œil) n'a pas été assez pensé, et se lie mal avec la sauce du récit, qui hésite entre un « à la manière de » et une recréation purement fictionnelle...
     Un ratage ? Non. Mais disons une demi-réussite seulement.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/3/1984
dans Fiction 349
Mise en ligne le : 1/11/2005




 
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