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Éros vampire

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Poppy Z. BRITE

Titre original : Love in Vein, 1994

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de Antoine POULAIN

J'AI LU (Paris, France), coll. Ténèbres n° 5315
Dépôt légal : août 1999
446 pages, catégorie / prix : L
ISBN : 2-290-05315-5   
Genre : Imaginaire



    Quatrième de couverture    
     DOUGLAS CLEGG, ROBERT DEVEREAUX, CHRISTA FAUST, NANCY HOLDER, KATHE KOJA, IAN MCDOWELL, THOMAS F. MONTELEONE, NORMAN PARTRIDGE, WILUM H. PUGMIRE, STEVE RASNIC TEM, GENE WOLFE...

     Vingt auteurs rassemblés par Poppy Z. Brite. Vingt nouvelles au goût de sang, vingt textes troublants et sulfureux qui explorent les frontières entre vampirisme et érotisme, qui célèbrent les fêtes charnelles les plus secrètes et assouvissent des appétits insatiables sous des formes sans cesse renouvelées. Ici, d'inavouables fantasmes, conjugués aux situations les plus délicieusement immorales, convoquent les forces obscures qui régissent l'âme humaine.

    Sommaire    
1 - Poppy Z. BRITE, Introduction, pages 9 à 13, Introduction, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
2 - Norman PARTRIDGE, Ne t'empresse pas de me dire adieu (Do Not Hasten to Bid Me Adieu), pages 17 à 39, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
3 - Ian McDOWELL, Geraldine (Geraldine), pages 43 à 74, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
4 - Kathe KOJA & Barry N. MALZBERG, Dans la serre (In the Greenhouse), pages 77 à 82, Introduction, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
5 - Nancy HOLDER, Café Endless : pluie de printemps (Cafe Endless : Spring Rain), pages 85 à 99, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
6 - David B. SILVA, Calices vides (Empty Vessels), pages 103 à 123, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
7 - Jessica Amanda SALMONSON, La Dernière fête d'Abba Adi (The Final Fête of Abba Adi), pages 127 à 145, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
8 - Christa FAUST, Berlingue (Cherry), pages 149 à 163, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
9 - Douglas CLEGG, White Chapel (White Chapel), pages 167 à 197, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
10 - W. H. PUGMIRE, Délicieuse et antique putain (Delicious Antique Whore), pages 201 à 202, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
11 - Thomas F. MONTELEONE, Tríttico di amore (Triptych di Amore), pages 205 à 239, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
12 - Gene WOLFE, Reine de la nuit (Queen of the Night), pages 243 à 259, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
13 - Melanie TEM & Steve Rasnic TEM, Le Mariage (The Marriage), pages 263 à 270, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
14 - Charles DE LINT, Dans cette âme de femme (In This Soul of a Woman), pages 273 à 290, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
15 - Brian HODGE, L'Alchimie de la gorge (The Alchemy of the Throat), pages 293 à 324, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
16 - Mike BAKER, Aime-moi pour toujours (Love Me Forever), pages 327 à 343, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
17 - A.R. MORLAN, Et les chevaux sifflent à minuit (And the Horses Hiss at Midnight), pages 347 à 354, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
18 - Elizabeth ENGSTROM, Élixir (Elixir), pages 357 à 373, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
19 - Danielle WILLIS, Le Don de Neptune (The Gift of Neptune), pages 377 à 381, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
20 - Wayne Allen SALLEE, Faim (From Hunger), pages 385 à 401, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
21 - Robert DEVEREAUX, Un lent murmure de sable rouge (A Slow Red Whisper of Sand), pages 405 à 440, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
22 - ANONYME, Notes sur les auteurs, pages 441 à 444, Dictionnaire d'auteurs

    Prix obtenus    
Café Endless : pluie de printemps : Bram Stoker, nouvelle / Short story, 1995

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     La figure du vampire ne cesse de changer selon les époques, preuve s'il en est que sa survie littéraire est assurée par sa capacité à se nourrir de l'âme de chaque société. Ce dévoreur va toujours s'abreuver à la source même de la vie, quelle qu'elle soit ; ses prédations sont donc un bon moyen de reconnaître ce qui fait l'essence d'une époque.
     Il est bien loin, le ténébreux séducteur buveur de sang. Aujourd'hui, c'est un jouisseur avide des plaisirs les plus extrêmes. La sève qu'il vole n'est plus forcément rouge. Voilà bien les pages les plus torrides qu'on ait pu écrire sur ce thème ! La sexualité la plus brûlante mais aussi les amours les plus débridées s'y étalent et ce n'est pas sans fascination qu'on découvre les vampires de Robert Devereaux, bêtes de sexe s'abreuvant de leur sang en autarcie.
     Certains textes ne manquent pas de poésie ni de finesses d'écriture dans l'évocation des amours débridées avec ces créatures de la nuit, d'autres affichent une brutale crudité qui, dans ses excès même, semble vouloir transcender la réalité. Mais entre le mythe et la réalité, il y a le fossé infranchissable du rêve. C'est le constat que fait le jeune homosexuel prostitué de Berlingue  : la déception le pousse à dépecer la vampire qui lui a fait entrevoir l'ineffable la veille et qui ne trouve derrière la chair « que le spectacle banal de la viande qui refroidit  ».
     C'est cette ambiguïté qui fait la malédiction du vampire ; la fascination qu'il exerce masque la vérité de son état : il n'est que l'expression de la faim, titre d'une nouvelle de Wayne Allen Salle. Cet appétit monstrueux pousse la vampire de Dans une âme de femme au suicide en s'exposant à la lumière du jour.
     Comme le note Poppy Brite, l'appétit du vampire n'est plus uniquement sanguinaire. Il peut aussi se révéler avide d'émotions (Géraldine, Calices vides). Le vampire de White Chapel élève la cruauté au rang d'un art : à l'instar du colonel d'Apocalypse now, il estime que « la beauté, la sainteté de la vie, ne réside ni dans la joie ni dans le bonheur elle réside dans les souffrances de la chair  ».
     Les vampires n'apparaissent plus forcément comme des êtres négatifs : mutants ou victimes d'une malédiction, ils se révèlent parfois si humains qu'ils pourraient donner bien des leçons aux vivants.
     Poppy Z. Brite, qui s'est imposée, avant trente ans, dans le firmament de la littérature fantastique avec seulement trois romans et un recueil de nouvelles, a révélé ses talents d'anthologiste avec ce recueil de vingt nouvelles qui réunit les grands noms de la littérature fantastique et impose de jeunes espoirs. Cette réédition est probablement le recueil le plus troublant et le plus sulfureux de ces dernières années.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/1999 dans Bifrost 16
Mise en ligne le : 10/1/2002

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ALBIN MICHEL, Romans étrangers (1998)


     On savait qu'érotisme et vampirisme faisaient bon ménage. Mais elle est un peu passée de mode, la romantique séduction du buveur de sang tel que l'incarna Christopher Lee. Notre époque a d'autres appétits, des jouissances plus terre à terre et moins suggestives dans la représentation. C'est pourquoi Poppy Z. Brite a réactualisé le thème en conviant vingt auteurs prestigieux à donner libre cours à leur imagination sur ce thème.
     Ce dévoreur va toujours s'abreuver à la source de la vie, quand bien même celle-ci ne serait plus symbolisée par le sang ; c'est pourquoi ses prédations restent un bon moyen de saisir l'essence d'une époque. Il peut d'ailleurs se révéler avide d'émotions : Géraldine s'en repaît jusqu'à devenir l'instrument de son amante qui cherche à se débarrasser de souvenirs pénibles. Calices vides présente un autre amateur de sensations fortes qui enferme dans des bocaux les émotions des personnes qu'il a « vidées ». Le vampire de White Chapel élève la cruauté au rang d'un art : à l'instar du colonel d'Apocalypse now, il estime que « la beauté, la sainteté de la vie, ne réside ni dans la joie ni dans le bonheur, elle réside dans les souffrances de la chair. »
     Mais ces vampires sexuels restent avant tout des jouisseurs avides des plaisirs les plus extrêmes. Voilà bien les pages les plus torrides qu'on ait pu écrire sur ce thème ! La sexualité la plus brûlante mais aussi les amours les plus débridées s'y étalent et ce n'est pas sans fascination qu'on découvre les vampires de Robert Devereaux, bêtes de sexe s'abreuvant de leur sang en autarcie. Certains textes ne manquent pas de poésie ni de finesse d'écriture dans l'évocation des amours débridées avec ces créatures de la nuit ; d'autres affichent une brutale crudité qui, dans ses excès même, semble vouloir transcender la réalité. Mais celle-ci reprend vite ses droits : le jeune homosexuel prostitué de Berlingue, déçu, dépèce la vampire qui lui a fait entrevoir l'ineffable la veille et qui ne dévoile le lendemain « que le spectacle banal de la viande qui refroidit. »
     Tous n'apparaissent pas comme des êtres négatifs : certains, mutants ou victimes d'une malédiction, se révèlent si humains qu'ils pourraient donner bien des leçons aux vivants. Le vampire n'en reste pas moins l'expression de la faim la plus brutale. Et il n'est pas inutile de s'interroger sur quelle fascination nous cédons quand nous tombons sous le charme de ces créatures de la nuit. C'est peut-être aussi à cause de cela qu'il s'agit du recueil le plus troublant et le plus sulfureux de ces dernières années.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/4/1998
dans Ténèbres 2
Mise en ligne le : 12/10/2003




 
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