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Gambling nova

Jennie DORNY


Illustration de Antoine POULAIN

J'AI LU, coll. Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) n° 5384
Dépôt légal : octobre 1999
384 pages, catégorie / prix : J
ISBN : 2-290-05384-8   
Genre : Science Fiction 



    Quatrième de couverture    
Jennie Dorny
Née aux Etats-Unis, passionnée par les dictionnaires et les univers imaginaires, Jennie Dorny joue avec les mots depuis l'enfance. Gambling Nova est son premier roman.

     Gambling Nova, planète pénitentiaire...
     Pour avoir découvert une conspiration contre la Fédération des mondes habités, Faren Megan est emprisonné et réduit au silence, loin de ses amis Theo et Jack qui le croient déjà mort.
     Une mort dont Jack, capitaine des services secrets de la Fédération, est jugé responsable. Mais il découvre que tous deux ont été victime d'une machination...
     Déterminé à retrouver Farren et à le faire évader, il se rend sur Gambling Nova. Là, il va rejoindre Theo, partie de son côté à la recherche du Maître des Changeurs de Visages...
     Dans un futur où les valeurs humaines ont pris le pas sur la technologie, ce roman hybride, entre roman de quête et récit d'aventures, allie un univers de SF à l'intimité d'une histoire d'amour et d'amitié.
 
    Critiques    
     De la série B comme on l'aime  ! Si Gambling Nova n'est pas un chef-d'œuvre c'est indéniablement un bon récit d'aventures. Avec Jennie Dorny, le lecteur est plongé dès le prologue en pleine action  : Theo — personnage féminin très attachant — tente de s'introduire dans les locaux des Services Secrets de l'Espace, tandis que ses pensées vagabondes informent le lecteur que Jack, autre personnage central du récit, est blessé par une Xploballe (munition empoisonnée à effets retard  : on adore  !). Dix pages plus loin, on fait connaissance avec Farren, le troisième héros de Gambling Nova.
     Jennie Dorny nous fait partager les aventures de ce trio de choc, confronté à un complot politique d'ampleur interplanétaire. Née aux États-Unis mais vivant en France, Dorny est visiblement influencée par le thème, très en vogue outre-Atlantique, de la conspiration  ! Mais ne boudons pas notre plaisir  : emportés par une série de rebondissements, certes pas toujours très crédibles (les héros ont une capacité assez miraculeuse à échapper à tous les dangers  !), nous avons au final un roman efficace et sympathique.
     L'originalité de Gambling Nova tient d'ailleurs davantage aux personnages et à leurs rapports amoureux qu'à une intrigue assez classique. Car Farren est bisexuel, Jack gay et Theo hétérosexuelle. Theo aime Farren qui est l'amant de Jack, qui est l'ami de Theo... Présenté ainsi, ce triangle amoureux a un petit côté « Harlequin  » coquin. Il ne faudrait pas s'arrêter à cette première impression, finalement assez fausse. La SF a longtemps été puritaine et on ne se plaindra pas de voir un auteur évoquer la diversité du rapport amoureux. Nos jeunes lecteurs seront peut-être surpris de découvrir comment nos héros résoudront leurs difficultés sentimentales. Les quadras post-soixante-huitards ont déjà deviné...

     Une anecdote pour la (toute) petite histoire de la SF... Le dossier de presse de l'éditeur présente une couverture... à laquelle il a décidé de substituer celle qui « orne » finalement le roman de Dorny. À voir le résultat, on reste perplexe  !

Stéphanie NICOT (lui écrire)
Première parution : 1/3/2000 dans Galaxies 16
Mise en ligne le : 17/5/2001


     Farren Megan et Jack Finch étaient tous deux capitaines des services secrets de la Fédération des Mondes habités. ils vivaient ensemble depuis des années, engagés dans un de ces ménages qui sont monnaie courante sur Earth Metropolis, ménages pouvant impliquer deux ou trois personnes de sexes arbitraires. Hélas, ils eurent le tort de découvrir une conspiration menée par leur patron, le Spylord Simpson, qui se vengea en envoyant Farren au dôme-pénitencier de Gambling Nova (sous prétexte de mission secrète, il doit partager la vie des bagnards), et en faisant condamner Jack pour le meurtre (simulé !) de Farren. Libéré sous caution, Jack n'a de cesse que d'aller retrouver Farren. Il sera aidé par Theo, une femme qui avait grandement profité de l'aide du capitaine Finch lors de sa dernière mission sur la planète Eridan, devenue depuis son amie...

     À partir de là, les choses se compliquent par l'arrivée de tout un tas d'autres personnages et de digressions un peu gratuites ayant trait à la planète océanique Eridan et sa communauté télépathique, aux habitants de Redland (la planète où est située Gambling Nova), qui résistent aux sbires de l'administration pénitentiaire et possèdent un médicament miraculeux issu d'une plante endogène. Je passe sur les détails : un projet audacieux d'évasion est monté puis exécuté, et surtout, on arrive à la résolution du triangle amoureux bisexuel formé par Jack, Megan et Theo.

     Ce roman porte au front l'influence de Melissa Scott, auteur américain qui s'est imposée en quelques années comme une sorte de star du space opera « gay ». Cela grâce à un sens de l'intrigue qui évite toujours la mièvrerie, et un réel talent pour les constructions sociales originales et profondément pensées, le tout joint à une bonne maîtrise des ingrédients plus techniques de la science-fiction (poursuites dans l'espace ou jeux cyberpunk). Malheureusement, Dorny est loin d'avoir le métier de Scott. Par exemple, c'est une technique parfaitement légitime que de plonger le lecteur dans l'action en ne lui donnant pas toutes les informations nécessaires à la compréhension, informations qu'on fournit plus tard. Dorny use et abuse de cette manière, jusqu'à l'écoeurement ; on a souvent la furieuse impression que la fourniture tardive de l'information n'est pas toujours délibérée, mais parfois due à la nécessité d'expliquer à la va-vite des éléments dont on avait besoin sur le moment. Il en résulte une impression de grand fouillis, d'autant plus que l'auteur change constamment de point de vue et de ton, mêlant allégrement action, intrigue d'espionnage, recettes de cuisine ou encore roueries de la vie de bureau.

     Sans parler de l'intrigue sentimentale qui est visiblement sa préoccupation principale, mais qui ne parvient pas a susciter le moindre soupçon d'intérêt. Peut-être faute d'une écriture plus maîtrisée : phrases courtes, peu rythmées, niveau de langage flottant... même si cela s'améliore beaucoup sur la dernière partie du livre. Enfin, et c'est bien le plus dommage : l'auteur n'utilise la S-F que comme un magasin d'accessoires, accessoires dont la logique interne n'est jamais prise en compte. On en arrive à des expressions dépourvues de sens comme « à des milliers de kilomètres de la planète » (p. 325, alors qu'on se trouve sur une autre planète !), ou à des clichés qui sentent bon la S-F d'un autre âge : attablé dans un restaurant « mercuro-italien », le protagoniste prend « les farfalle au shizuron, aux calde vertes et à l'aneth, ensuite une escalope de bag rataing... » . Ce serait désopilant si ce n'était pas si agaçant. Difficile, dans ces conditions, d'imaginer le public que ce livre pourrait toucher : sans doute pas celui des amateurs de S-F, quoi qu'il en soit.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/2/2000 dans Bifrost 17
Mise en ligne le : 21/9/2003


 

 
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