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La Planète aux embûches

Clifford Donald SIMAK

Titre original : Special Deliverance, 1982
Première parution : États-Unis, New York : Del Rey / Ballantines Books, février 1982

Traduction de Michel DEUTSCH
Illustration de Carl LUNDGREN

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) n° 1588
Dépôt légal : décembre 1992
Roman, 256 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-277-21588-0   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Clifford D. Simak
     Il est né en 1904 dans le Wisconsin. Fils de fermiers, il avait gardé un goût profond pour la nature. Il fut instituteur, journaliste, et demeure l'un des plus célèbres écrivains de S-F.

     Quoi de plus innocent, n'est-ce pas, qu'une machine à sous ? Sauf quand elle se met à parler et vous demande : « Que désirez-vous ? »
     Et comme le digne professeur Edward Lansing hésite, il reçoit deux clefs avec mode d'emploi.
     Piqué au jeu, Lansing obéit... et se trouve projeté sur un monde inconnu, loin dans le temps et l'espace.
     Un monde inconnu, mais verdoyant, avec ruisseaux, écureuils, etc. Il y a aussi des êtres humains et des robots venus des quatre coins de la galaxie.
     Et pour eux commence l'aventure extratemporelle sur la « planète aux embûches ». Embûches ? Un mot bien faible pour dire les périls et les délires qui les guettent dans un terrible jeu de vie ou de mort !
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) (2001)


     Peu de romans démarrent, comme celui-ci, au quart de tour. Le professeur Edward Lansing est intrigué par la rédaction remarquable d'un de ses élèves plutôt cancre, et qui se révèle brillante. Grâce à l'aide d'une...machine à sous ! N'ayant rien à faire ce week-end-là, souhaitant éviter les constants bavardages de son ami Andy sur les mondes alternatifs, et, finalement assez curieux, Lansing va voir la machine. Celle-ci, à sa profonde stupéfaction, lui parle, et lui donne une adresse. Où il se rend, de plus en plus fasciné par la tournure que prennent les évènements. Et là, dans un immeuble abandonné, il obéit aux instructions et... « Puis les lumières s'éteignirent, la machine s'évanouit et la salle aussi. Lansing était dans une vallée boisée. »

     Après cette introduction en fanfare (28 pages), le roman débute vraiment. Où est Lansing ? Que fait-il là ? Pourquoi est-il là ? Comment est-il arrivé là ? Toutes questions qu'il se pose, ainsi que le lecteur. Et lentement s'élabore sa quête sur ce monde inconnu, la « Planète aux embûches » du titre. Accueilli comme un frère dans une auberge, il rencontre quatre ténébreux joueurs de cartes et fait la connaissance d'un groupe étrange et composite : un militaire, un prêtre, un robot, une poétesse et un ingénieur, tous amenés de même façon sur ce monde inconnu et venant manifestement d'autres Terres parallèles (leurs Histoires respectives divergent). Tous ignorent la raison de leur enlèvement. Ce petit échantillon d' humanité entame dès lors sa quête. Quête vers un destin ignoré... Un gigantesque cube bleu les arrête d'abord. Ils continuent leur route, sans avoir pu expliquer son mystère. Arrivés à une grande cité vide d'habitants, ils découvrent des traces d'autres visiteurs récents, mais aussi des machines bizarres et une grotte dont les hublots semblent des portes ouvertes sur d'autres mondes. L'une d'elles sera franchie par l'un d'entre eux. Constamment, ils ont l'impression d'être surveillés. Par un animal qui renifle, par une créature qui gémit dans la nuit... Poursuivant leur périple, ils tombent sur une grande tour, tout aussi étrange que le cube déjà rencontré, et tout aussi énigmatique. Une seconde auberge s'offre à leurs yeux, dans laquelle ils revoient les quatre joueurs de cartes. Ils se séparent. Lansing, accompagné de son ami Jurgens le robot, dont il a recueilli les confidences, affronte une terrifiante muraille de néant, le Chaos, titanesque cataracte nocturne, dans laquelle disparaît Jurgens, et dont Lansing, quant à lui, ne s'échappe qu'à l'aide d'une corde tendue par... les joueurs de cartes. Scène extraordinairement bien dépeinte par un Simak en grande forme. Après cette aventure éprouvante, le pauvre professeur Lansing, seul à présent, retourne vers cette Tour, là où Mary, son amie ingénieur, a disparu. L'errance continue, et il rencontrera d'autres rescapés d'autres groupes comme lui parachutés sur cette planète. Certains se résignent, et fondent une petite colonie agricole, refaisant le monde à leur façon, misérable. Lansing, obstiné, voudra savoir et, pour cela, retournera au Cube initial, sentant là l'origine du mystère. Et, en effet, en même temps qu'il y retrouvera Mary, il découvrira enfin la raison de tout ce qui lui est arrivé depuis sa rencontre avec une machine à sous parlante...

     Il n'est évidemment pas possible ici de donner la raison de l'étonnant voyage du professeur Lansing. Car, comme dans tout bon roman de l'Age d'Or, Simak expliquera les motifs de l'enlèvement du professeur (et des autres protagonistes de l'intrigue), motifs qui seront, comme on s'y attendait avec lui, profondément philosophiques mais aussi optimistes. Le lecteur s'en sera rendu compte, cette longue quête des « enlevés » n'est en fait qu'un test, qu'une épreuve, que seuls Lansing et Mary auront subi victorieusement. Le but de ce test ? A nouveau se retrouvent ici l'altruisme et la générosité de l'écrivain, ainsi qu'on a pu le voir tout au long du présent dossier. Lansing et Mary sont les nouveaux Adam et Eve d'un monde futur, attendu, et espéré meilleur... Ici, enfin, le lecteur comprendra le titre original anglais du roman : Special Deliverance. Il comprendra aussi les pressentiments du copain Andy, qui déclarait, tout au début du livre, affolé de l'évolution du monde actuel, qu'il faudrait « un cataclysme qui nous contraindrait à changer nos modes de pensée et à chercher une autre façon de vivre ». Ce cataclysme, Lansing l'aura vécu tout au long de l'intrigue et aura transformé l'essai. Ce roman superbe par son objectif, tout autant que passionnant par ses péripéties, tient de la quête initiatique, comme dans la fantasy, mais dépasse le simple cadre aventureux pour basculer dans une certaine exaltation philosophique qui ne peut qu'enthousiasmer le lecteur. Une fois l'explication finale dévoilée, il retournera vers les pages parcourues, et les lira avec l'œil de celui qui a compris, en un jeu rempli de connivence avec l'auteur, souriant avec lui, et confiant. Tout Simak est là.

Bruno PEETERS
Première parution : 1/4/2001
dans Bifrost 22
Mise en ligne le : 16/10/2003


 

Edition J'AI LU, Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) (1984)


     Clifford Simak. Un de mes préférés (mon préféré, avec Sturgeon) parmi les écrivains de SF américaine classique. Il est né en 1904, et son roman est paru en 1982. Faites le calcul. Etonnant, non ?
     D'autant plus que je persiste à penser qu'il est celui de sa génération qui vieillit le mieux. Vous avez essayé, vous, de lire les trois derniers Robert Heinlein, heureusement inédits en français ? Ou le Van Vogt nul, débile, ringard écrit à la charrue et traduit au bulldozer que J'ai Lu a publié il y a peu et dont je ne citerai même pas le titre de peur de lui faire de la publicité (de toute façon il y en a plusieurs) ?
     Tandis que Simak... Pourtant, on a déjà lu dix fois cette histoire d'un professeur d'université projeté par le truchement d'une machine à sous qui parle sur une planète bucolique (une Terre parallèle) en compagnie d'un robot amer, d'un général fanatique et ridicule, d'une poétesse un peu délurée et d'une ingénieur pas ingénue dont ledit professeur va tomber amoureux. L'expédition qu'ils entreprennent, subtilement manipulée par des entités dont ils ignorent tout, ce grand cube bleu qui ne se laisse pas approcher, cette cité déserte où des machines qui ouvrent sur d'autres dimensions engloutissent deux des leurs (tiens, quelle surprise ! Les deux fanatiques...), ces auberges aux tenanciers bien mystérieux, ce Chaos dans le désert, ces joueurs de cartes silencieux et extraterrestres, ce Gémisseur et ce Renifleur qui les accompagnent sans trop se montrer, cette tour qui chante... On est, c'est certain, en pays de connaissance.
     Mais le plaisir vient, en partie, de cela. On a l'impression d'une variation sur un thème imposé : une fois les limites et les règles acceptées, le jeu peut commencer.
     Et le charme qui sort de ce livre est indéniable. Ses personnages bavards et philosophes s'imposent. Puis le roman prend une dimension supplémentaire de par l'angoisse que, peu à peu, il distille. L'intrigue accroche tout à fait, la quête se dénoue sur une solution grinçante que les personnages subsistants n'acceptent qu'à contrecœur, après les mésaventures que leurs compagnons ont subies. Une morale apparaît, mais quelque chose coince. Cette inquiétude, ce blues en quelque sorte, relèvent le plat, le pimentent.
     Simak n'est peut-être plus qu'un cuisinier vieilli qui se contente de réutiliser avec bonheur les recettes qui ont fait son succès, en les loupant un peu — léger goût de brûlé.
     N'empêche : je préfère ça au fast-food.

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/5/1984
dans Fiction 351
Mise en ligne le : 1/11/2005




 
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