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Le Chevalier aveugle

Gail VAN ASTEN

Titre original : The Blind Knight, 1988

Traduction de Michel PAGEL
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5488
Dépôt légal : mars 1993
288 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-266-05167-9   
Genre : Fantasy 



    Quatrième de couverture    
En Angleterre, au temps du roi Henry plantagenêt, seuls les naïfs, les fols et les enfants croyaient encore à Merlin, à Arthur et aux chevaliers de la Table Ronde, ces personnages magiques enfouis dans les brumes de l'arrière-mémoire.
C'est alors qu'il naquit, maudit par un sorcier, des oeuvres d'un seigneur brutal, du ventre d'une pauvre folle.
Il grandit dans la honte et la terreur, dans l'ombre et la crasse, pour devenir enfin le frère des loups qui hantaient les forêts profondes.
Il se battit pour gagner amour et honneur.
Il endura la torture et l'épouvante.
Héritier du peuple des elfes et des fées, il devint le chevalier aveugle que chantent les légendes, le seigneur aux cheveux blancs et aux yeux rouges sang.
Ceci est son histoire, pleine d'horreur et de peine, pleine d'amour et de haine.

Gail Van Asten est une Anglaise qui vit aux Etats-unis. Elle a gardé un amour profond de l'ancien continent et de ses légendes. Merlin, Roland, Huon de Bordeaux apparaissent dans ses récits avec des personnages de son invention ; leur monde, à mi-chemin du réel et de l'épopée, est celui de notre passé mythique.
 
    Critiques    
     Le Lord de Wodensweir, ou de Wallenford pour donner à son fief le nom qu'il porte depuis l'avènement des nouveaux conquérants, le vieux Lord, donc, a la rancune tenace. Il a de quoi : druide, il est immortel. On lui a volé son fief, et maintenant son épouse. En cette année 1145 après Jésus Christ, le vieillard va lancer sa malédiction sur le meurtrier, Lord Robert de Cheiney. Sa dame, Edwina, donnera naissance à un enfant albinos et aveugle.
     C'est le destin de cet enfant, que les siens considèrent comme un monstre, qui forme le principal de ce roman tumultueux et haut en couleur. Les longues années de tourment, enfermé en haut d'une tour, sans autre contact avec l'extérieur que le chant des loups qui monte jusqu'à lui, les hululements d'une chouette et... les coups de son père légitime, ivre de colère contre cette progéniture maudite. La libération par les hommes du nouveau roi, Henry Plantagenêt. La fuite dans la forêt. Les dures années dans l'étrange demeure du Lord de Wodensweir, les brimades de sa fille Rosamund. La lutte pour se frayer un chemin à la cour d'Henry Plantagenêt et enfin récupérer le fief dont il devrait hériter, tant de son père légitime, Robert de Cheiney, que de son père spirituel, le Pendragon Wodensweir.
     J'imagine que l'idée d'une nouvelle trilogie, de fantasy, par une autrice, en fera frémir plus d'un... Mais que l'on se rassure  : Gail Van Asten est l'autrice de trois romans situés à la même période, mais ils n'ont pas de personnages communs. Si l'on doit parler de trilogie, ce sera alors d'une trilogie thématique qu'il sera question et de rien d'autre. Et ces trois romans sont de longueur raisonnable (dans les 300 pages), rien à voir avec les énormes pavés qui semblent devenus la norme du genre aux États-Unis. Quant à la qualité intrinsèque de cette œuvre, hum, comment dire ? Dans sa version française, Le chevalier aveugle est une oeuvre fort belle et assez originale. Ce qui est un rien surprenant, lorsque l'on a comme moi tenté de lire un autre roman de Van Asten, et qu'on l'a trouvé aussi mal écrit qu'ennuyeux... Alors, faut-il penser que le traducteur, Michel Pagel, aurait été un peu plus loin que la normale, et aurait amélioré ce roman par son propre travail stylistique ? C'est en tout cas l'impression que j'ai retiré de cette lecture...
     Alors, au-delà du style, quid de l'originalité ? Le chevalier aveugle ne doit rien à la tradition de Tolkien, et de nos jours c'est déjà une belle preuve d'audace en fantasy. On pensera plutôt aux contes de fées. Non, non, ne lorgnez pas non plus du côté de Walt Disney ! Songez plutôt aux véritables contes de fées, tels que les frères Grimm ont pu les transcrire à l'origine, ou tels que monsieur Andersen (peut-être le premier auteur moderne de fantasy !) en inventa tant. Sombres, cruels, violemment crus, peints de couleurs vives, trouvant sa source dans un animisme ancien plutôt que dans de bons sentiments mielleux... Van Asten puise ici dans la légende arthurienne, mais sans nous proposer une Nième réécriture de la Matière de Bretagne : « Voilà bien longtemps qu'Arthur a péri. Et Merlin dort pour l'éternité. » Wodensweir est le dernier Grand Mage, le Pendragon, frère de Merlin, père d'Arthur sous l'identité provisoire d'Uther. Cette thématique fantastique, Van Asten l'a mêlée à un cadre historique, celui du début du règne du grand roi Henry Plantagenêt. Le résultat est une fable puissante, colorée et cruelle. Fascinante.
     Poussant un peu plus loin l'originalité thématique, Gail Van Asten (dont on nous dit qu'elle est une Anglaise vivant aux USA) a situé ses deux autres volumes... en France ! Que voulez-vous, faute que nous ayons une tradition française de fantasy, il fallait bien s'attendre à ce que les anglo-saxons s'intéressent à notre passé. Ce n'est pas nouveau : Poul Anderson l'a déjà fait à plusieurs reprises, dans Trois coeurs trois lions comme dans la série The King of Ys. Charlemagne's Champion et The Dark Sword's Lover, les deux Van Asten suivants, se situent de nombreuses années avant, sous Charlemagne, et l'on suit la vie difficile et les exploits de héros légendaires comme Roland, Olivier ou Huon de Bordeaux, on s'amuse à découvrir Aix-la-Chapelle ou l'épée Durandal sous la plume d'un écrivain étranger... Surprenant. Et fort plaisant — si un Pagel prête sa plume habile à une telle traduction 1.

Notes :

1. NdC  : les deux autres volumes ne sont jamais parus, finalement.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/10/1993 Manticora 12
Mise en ligne le : 14/4/2002


 

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