Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Planète oubliée

Murray LEINSTER

Titre original : The Forgotten Planet, 1954
Première parution : Gnome Press, 1954
Traduction de Michel AVERLANT
Illustration de Giovanni BENVENUTI

DITIS (Paris, France), coll. Sciences-S-fiction n° 189
Dépôt légal : 4ème trimestre 1960, Achevé d'imprimer : 1960
Première édition
Roman, 192 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 11,0 x 16,5 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
[texte de la première page intérieure]
 
     La Terre était surpeuplée. Les autres planètes du système solaire également. En fait, toutes les planètes de la Galaxie qui avaient été colonisées étaient main­tenant surpeuplées. Il était absolument nécessaire de trouver des mondes nouveaux où les hommes puis­sent vivre.
     Des raids spatiaux furent organisés. On découvrit d'autres mondes. Mais ils étaient décevants. Car ils ne possédaient aucun trace de vie. Or l'homme ne peut s'implanter que là où la vie — n'importe quelle forme de vie — l'a précédé. Cette vie, on décida donc de la créer. Des navires-laboratoires se mirent à parcourir le vide, ensemençant les planètes vierges, déversant des spores sur les sols et du plancton dans les océans, installant des plantes, des poissons, des insectes, préparant la venue des mammifères et de l'homme.
     Plusieurs mondes stériles devinrent ainsi habitables.
     Mais un jour, un accident survint...
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) (1981)

 
     Voilà un bouquin mythique s'il en fut ! Publié originellement en 1960 dans l'éphémère série SF (sept titres) des éditions Ditis (ancêtres de J'ai Lu), il réapparaît aujourd'hui, dans une traduction révisée et complète (celle de jadis était abominablement tronquée), mais avec la même et ô combien frappante couverture de Benvenuti : cet homme vêtu d'un pagne en ailes de papillon, se protégeant avec un bouclier en carapace de coléoptère, et combattant une mygale géante avec un épieu fait d'une mandibule de lucane...
     Un rêve qui passe. Comme l'auteur du bouquin ! Qui se souvient, aujourd'hui, de Murray Leinster ? Cet honorable écrivain, mort en 1975 à l'âge de 79 ans, est en général considéré comme le doyen de la profession, puisqu'il publia son premier texte du genre en 1918. Et c'est en 1920 et 21 que paraissent, dans la revue Argosy, les deux premiers épisodes de ce qui deviendra, en 1953 seulement et avec l'adjonction d'une troisième partie, le roman intitulé Forgotten planet..
     Le sujet ? Bateau... Une planète est « oubliée » après la troisième phase de sa terraformation et se trouve ainsi ensemencée uniquement d'insectes et de poissons, qui mutent, deviennent gigantesques. Bien plus tard, un vaisseau fait naufrage sur ce monde : les rescapés retournent à la sauvagerie et luttent pour survivre contre les insectes géants.
     Un postulat où sont mises en œuvres plusieurs constantes thématiques et idéologiques de ce qu'on a appelé « l'âge d'or ». La première est bien sûr la lutte omniprésente (dans la SF de l'époque) de l'Homme (avec un grand H) contre l'Autre, l'Anormalité, qui n'est au départ en position de supériorité que pour être vaincu en fin de parcours et démontrer que le vrai patron, c'est bien l'Homme. La deuxième (mais ce discours est contenu dans la constante numéro un), c'est que l'Homme, pour vaincre, doit s'organiser, donc avoir un chef. Et La planète oubliée raconte bel et bien « l'enfance d'un chef », Burl, qui s'impose par sa vaillance au sein d'une tribu de lâches : Il était maintenant dans l'ordre des choses que Burl commande et que les autres obéissent (p. 104). La troisième constante est de prendre, comme monstre, une entité qui doit être d'autant plus effrayante qu'elle est familière : ici, les insectes, grands adversaires de l'homme, qui piquent, transmettent les maladies, bouffent les cultures... et font prospérer les industries chimiques. Leinster, se parant de l'ombre portée de Fabre, n'hésite pas à les agrandir démesurément, oubliant qu'un insecte géant serait écrasé par son propre poids et y allant d'un anthropomorphisme bon teint, qui dote la tarentule d'une patience ignoble, tandis qu'un hanneton fixe l'univers d'un regard soucieux...
     D'où de nombreux morceaux de bravoure, notamment contre les araignées (férocité individuelle) et les fourmis (organisation tentaculaire). Mais au bout du compte, c'est bien vrai que le rêve passe. Si le roman de Leinster ne vous pousse pas à l'admiration euphorique (le style de l'auteur est plus que poussif), on se prend, en le lisant, à rêver à la bande dessinée que cela ferait (même si Lecureux et Poïvet, entre autres, y avaient touché dans Le jardin fantastique), ou au film qu'un Ray Harryhausen (qui avait déjà employé les insectes dans L'île mystérieuse) en tirerait. Et pour les enseignants, n'est-ce pas Messieurs Ferran et Grenier, quelle mine !
     Bref, un livre qui exprime plus par ce qu'il y a autour que par ce qui s'y trouve, et qui donne envie de demander la réédition des meilleurs Leinster, Le dernier astronef (Rayon Fantastique) ou Les voleurs de cerveau (Fleuve Noir) par exemple...

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/9/1981
dans Fiction 321
Mise en ligne le : 13/5/2007

Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes
Le Science-Fictionnaire - 2 - Animaux
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 74751 livres, 83839 photos de couvertures, 70436 quatrièmes.
8538 critiques, 40611 intervenant·e·s, 1575 photographies, 3739 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2021. Tous droits réservés.