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Histoires mystérieuses - 1

Isaac ASIMOV

Titre original : Asimov's Mysteries, 1968
Première parution : États-Unis, New York : Doubleday, 1968 (regroupe les tomes 1 et 2)
Cycle : Histoires mystérieuses  vol. 1 

Traduction de Michel DEUTSCH

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 113
Dépôt légal : 1er trimestre 1969
Première édition
Recueil de nouvelles, 240 pages, catégorie / prix : 8,50 FF
ISBN : néant
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     • Le premier voyage autour de la Lune, c'était il y a deux siècles. Et le premier homme sur la Lune, ce n'est plus qu'un souvenir. Mais le premier meurtre sur la Lune, c'est aujourd'hui une réalité... et un crime parfait, puisque l'assassin peut prouver qu'il n'a pas quitté la Terre.
     • Que ferait un James Bond de l'an 4000 s'il recevait ce spatiogramme : « Impossible te rejoindre à Port-Mars. Ta femme. »
     Il tomberait dans les bras de la plus belle pépée de la planète, non ? A moins qu'on lui ordonne de débusquer le plus grand escroc que l'Espace ait porté...

     Huit nouvelles du grand écrivain américain Asimov, où la science-fiction et la littérature policière se marient pour s'enrichir mutuellement.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Introduction, pages 9 à 14, introduction, trad. Michel DEUTSCH
2 - Chante-cloche (The Singing Bell, 1955), pages 15 à 46, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
3 - La Pierre parlante (The Talking Stone, 1955), pages 47 à 84, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
4 - Le Patronyme accusateur (What's in a Name? / Death of a Honey-Blonde, 1956), pages 85 à 114, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
5 - La Cane aux œufs d'or (Pâté de Foie Gras, 1956), pages 115 à 144, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
6 - Cache-cash (A Loint of Paw, 1957), pages 145 à 150, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
7 - A Port Mars sans Hilda (I'm in Marsport Without Hilda, 1957), pages 151 à 178, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
8 - Au large de Vesta (Marooned Off Vesta, 1939), pages 179 à 208, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
9 - Anniversaire (Anniversary, 1959), pages 209 à 238, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
Critiques

     Ce livre est paru l’année dernière aux États-Unis sous le titre Asimov’s mysteries. L’édition originale contenait quatorze récits dont ce premier tome présente une traduction partielle ; nous pouvons heureusement espérer que Denoël publiera les nouvelles manquantes dans un volume ultérieur.

     L’œuvre d’Isaac Asimov possède la particularité d’être groupée autour de deux thèmes principaux ; celui de l’univers néo-romain de Trantor qui a été exploré dans la trilogie Fondation, Les courants de l’espace, The stars, like dust et celui qui mêle science-fiction et policier. Dans un monde futur un crime est commis, nous assistons aux efforts du détective pour trouver le meurtrier, et, comme dans un bon roman de détection, tous les détails nécessaires à résoudre le problème sont connus du lecteur. À cette catégorie de récits se rattache le célèbre, et excellent, roman Les cavernes d’acier et sa suite Face aux feux du soleil, mais aussi les Histoires mystérieuses, tome 1 qui sont une succession de huit petites énigmes à éclaircir.

     Disons-le tout de suite, le recueil déçoit, ne serait-ce que parce que nous avions pris l’habitude d’attendre tellement de la part d’Asimov ; pourtant trois des nouvelles peuvent être qualifiées d’excellentes.

     Chante-Cloche et La pierre parlante ont déjà été publiées en français dans Fiction nos 23 et 31 sous les titres Les cloches chantantes et La bête de pierre mais la traduction de Michel Deutsch est très supérieure, en ce sens qu’elle ne fleure plus le mot à mot et le recours incessant au dictionnaire.

     Ces deux nouvelles mettent en scène un personnage savoureux, caricature pittoresque d’Asimov lui-même, le docteur Urth l’extraterrestrologue : « Il avait les traits bouffis, son nez était une sorte de bouton de bottine et des verres épais protégeaient ses yeux quelque peu globuleux. » Urth est atteint d’agoraphobie et refuse de se déplacer autrement qu’en marchant (on sait qu’lsaac Asimov rejette jusqu’à l’idée de prendre l’avion), aussi c’est dans sa chambre qu’il résout toutes les énigmes de la Galaxie.

     Bien que ne s’élevant pas au rang de classiques, Chante-Cloche et La pierre parlante sont des exemples intelligents, quoique un peu froids, de science-fiction policière.

     À Port Mars sans Hilda est d’une conception toute différente : écrite dans un style tout à fait délectable absorbé en très petites doses et qui rappelle San-Antonio, la nouvelle conte les mésaventures d’un apprenti Sherlock Holmes obligé de démasquer un dangereux trafiquant (escroc, dit la prière d’insérer, pourquoi ?) pendant que sa « petite amie » se morfond à l’attendre. Intégrez cette trame dans un contexte de science-fiction et vous aurez une histoire frivole mais très réussie.

     D’un niveau plus bas, Au large de Vesta et Anniversaire sont doublement intéressantes ; tout d’abord Au large de Vesta est la première nouvelle qu’Asimov ait publiée. Cet événement historique prit place dans Amazing de mars 1939 et, dès avril, les appréciations des lecteurs s’accumulèrent « Pas très excitante », « Une splendeur qui rappelle le bon vieux temps de 1926 ». Que trente ans plus tard le récit soit encore lisible et même attachant prouve que la science-fiction a moins évolué qu’on pourrait le croire. Ensuite Anniversaire se trouve être la suite de… Vesta écrite spécialement pour le numéro d’Amazing de mars 1959 : les deux nouvelles prises comme un tout forment une ingénieuse histoire de détection.

     Le patronyme accusateur ne contient pas une once de science-fiction. C’est le type de nouvelle anti-émotionnelle qui semble tant plaire à Poul Anderson, ce qu’il appelle « le plaisir intense de la pensée disciplinée », mais dont le ton glacé manque de la chaleur humaine qu’apportait la personnalité luxuriante de Wendell Urth. Asimov a toujours tendu à se placer au point de vue de l’intellect désincarné et, dans ces nouvelles scientifico-policières, cette tendance s’accentue jusqu’à devenir un défaut ; ainsi la mort de la bête de pierre qui aurait pu atteindre une certaine grandeur, Asimov l’avoue lui-même, est expédiée en trois pages axées sur la tâche d’embrouiller l’intrigue. À ce propos il serait bon de demander l’avis d’un spécialiste du policier sur ces nouvelles ; il semble qu’elles soient plus à même de satisfaire un fanatique de ce dernier genre qu’un science-fictionniste.

     Il nous reste à parler de deux nouvelles :

     Cache-Cash est une brève histoire en forme de calembour sans le moindre intérêt ; Asimov dit bien que « le calembour est la forme la plus noble de l’esprit » et en anglais l’historiette est peut-être acceptable, mais dans notre langue, c’est tout simplement pénible.

     Moins pénible toutefois que La cane aux œufs d’or. « Ce récit m’a valu après sa parution plus de courrier qu’aucun autre de longueur comparable, » écrit l’auteur et ce n’est pas étonnant ; les Américains adorent ce genre de conte où une théorie farfelue est présentée sous une forme à première vue rigoureusement scientifique. Après que nous ayons appris qu’une cane du Texas pondait des œufs entourés d’une coquille d’or pur, nous sommes emportés dans le monde « passionnant » de la chimie organique où nous apprenons, entre autres choses, que « les acides biliaires sont des stéroïdes produits par le foie… Ces acides sont des molécules de type détergent qui aident à saponifier les corps gras que nous absorbons ». Il est possible que cette histoire puisse arracher un sourire à un biochimiste, mais pour toute autre personne ce serait plutôt un bâillement. On ne peut même pas critiquer cette nouvelle sur le plan de la construction puisqu’elle atteint les buts qu’elle s’était fixés et ce n’est pas la haine qu’elle suscite chez le lecteur imperméable aux subtilités chimiques, mais un ennui, un ennui terrible, morne, désolant comme un paysage lunaire transplanté sur Terre. Aussi il est assez ironique qu’lsaac Asimov se lamente périodiquement dans les pages de Galaxy sur le « manque de science en science-fiction » ; mais, Monsieur Asimov, heureusement que la part de la science diminue dans le genre que nous aimons, heureusement que le temps d’Hugo Gernsback, où il fallait donner les équations des trajectoires des fusées, a disparu, heureusement qu’à part La cane aux œufs d’or vous avez écrit Fondation, car la science-fiction est une littérature et n’a que faire d’une hypothétique mission de créer les vocations d’ingénieur.

     Ceci dit, le meilleur du livre se trouve sans doute dans les délicieux ante et post scriptums que l’auteur a adjoints aux nouvelles et, en fin de compte, ces Histoires mystérieuses n’ajouteront rien au renom de « Présence du Futur » ni à celui d’Isaac Asimov qui semble bien plus à l’aise dans le roman ou la longue nouvelle que dans les histoires courtes où son humanité semble se dessécher et l’intellect dominer trop fortement les glandes.

Marcel THAON
Première parution : 1/5/1969 dans Fiction 185
Mise en ligne le : 27/10/2022

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