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Le Pouvoir

Frank Malcolm ROBINSON

Titre original : The Power, 1956
Première parution : Bluebook, mars 1956. En volume : J. B. Lippincott, mai 1956

Traduction de Gilles GOULLET
Illustration de Benjamin CARRÉ

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 190
Dépôt légal : septembre 2004
304 pages, catégorie / prix : F9
ISBN : 2-07-031546-0   
Genre : Science-Fiction

Première parution originale en 1956, mais il s'agit là de la version révisée de 1999.



    Quatrième de couverture    
     Professeur d'anthropologie dans une université de Chicago, Bill Tanner fait partie d'une équipe de recherche chargée par l'US Navy d'étudier l'endurance humaine, et plus précisément de déterminer quelles prédispositions permettent à certaines personnes de se montrer plus fortes, plus intelligentes, plus efficaces, plus aptes à survivre que d'autres dans des situations critiques.
     Son collègue John Olson, cependant, pense que ces études ont un autre objet, tenu confidentiel. Il est persuadé qu'au sein même de leur groupe se cache un être doté de pouvoir surhumains, un être nous ayant dépassés sur l'échelle de l'évolution ; un mutant qui attend son heure pour dominer le monde...

     Avant L'Échiquier du mal de Dan simmons ; avant Les racines du mal de Maurice G. Dantec ; avant Furie de John Farris, Le Pouvoir, qui sous le titre La guerre des cerveaux a fait l'objet d'une adaptation cinématographique produite par George Pal (La machine à explorer le temps) et réalisée par Byron Haskin (La guerre des mondes), a été l'un des premiers romans contemporains à mêler avc un tel brio le thriller et la science-fiction.

     Né en 1926, Frank M. Robinson a publié son premier texte en 1950 dans le prestigieux magazine Astounding Science Fiction. Il poursuit depuis, en parallèle ou alternativement, une double carrière d'éditeur et d'auteur. Le Pouvoir est son premier texte publié en France.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Le Guerre des cerveaux , 1968, Byron Haskin
 
    Critiques    
     Bill Tanner est membre d'un comité destiné à étudier les limites de l'endurance humaine, afin de déterminer les facteurs qui l'influencent. Mais il acquiert la conviction qu'un dangereux surhomme se cache au sein du groupe. Commence alors un jeu du chat et de la souris, où Bill tient le rôle de la souris...

     Comprendre pourquoi un homme est plus adapté à la survie qu'un autre pourrait constituer un thème intéressant, même si ses connotations sont plutôt désagréables : on entrevoit immédiatement ces expériences sur la nature humaine inspirées de celles du psychosociologue américain Stanley Milgram dans les années 1950, expérimentations barbares bien que réputées instructives, où l'on inflige au cobaye une douleur croissante jusqu'à l'insupportable. On appréhende surtout l'espoir sous-jacent d'une sélection eugénique destinée à créer une race plus forte, mieux adaptée.
     Mais en réalité, ce thème n'est qu'effleuré par ce roman de 1956, jusqu'à présent inédit en France. En effet, les recherches du comité sont vite délaissées lorsque les protagonistes apprennent l'existence d'un être capable de les dominer tous. Le récit se limite alors à un thriller dont le suspense se fonde principalement sur le mystère de l'identité du surhomme — que l'on sait d'emblée mauvais sans que ses motivations soient véritablement analysées.

     La traque n'est pas désagréable à suivre, mais l'intérêt de l'intrigue demeure très anecdotique, même si, eu égard à la date de parution, on tente de la lire comme une évocation de la « chasse aux sorcières » anti-communiste. Le mutant n'est ici qu'une créature maléfique avide de pouvoir et devant être abattue, assez peu différente finalement d'une sorte de vampire moderne. Seul le dénouement modifie un peu les perspectives, mais bien tardivement.
     Etait-il vraiment utile d'exhumer ce roman mineur ? Sans doute vaut-il mieux relire A la poursuite des Slans...


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/12/2004 nooSFere


     Publié en 1956 en pleine paranoïa anti-communiste, remanié légèrement dans les années 90 (après la Guerre du Golfe, notamment), Le Pouvoir est le premier roman de Robinson traduit en français. En attendant la publication prochaine de The Dark beyond the stars, exceptionnel space opera intimiste (ça existe, et c'est même très bon) qui fait office de chef-d'œuvre, le lecteur peut s'offrir un agréable détour par Le Pouvoir, texte mineur mais remarquablement bien ficelé.

     Vrai thriller fantastique (d'ailleurs adapté au cinéma sous le titre La Guerre des cerveaux) qui se dévore en quelques heures, Le Pouvoir raconte la traque subie par un jeune employé de la Navy, dans une ambiance qui annonce déjà L'Echiquier du mal. Spécialiste de la résistance humaine en milieu hostile, Bill Tanner chapeaute un comité chargé d'étudier les capacités développées par certains (et pas les autres) pour survivre. Quels facteurs rendent un individu plus fort, plus rapide, plus agile, plus à même de réagir et d'orienter ses actes vers la solution idéale ? Pourquoi certains supportent mieux la douleur que d'autres ? Autant de questions auxquelles le comité cherche à répondre, via des expériences somme toute assez académiques. Mais l'exercice s'emballe quand l'un des membres du comité pète les plombs. Un surhomme serait infiltré dans ce petit cercle de spécialistes. Un surhomme capable d'imposer sa volonté aux autres. Un surhomme qui a le pouvoir. Un surhomme qui n'a d'ailleurs aucune envie de sympathiser avec les hommes normaux. D'ailleurs, qui aurait envie de discuter avec des insectes ?

     Traqué par une créature clairement supérieure qui lui ruine sa vie, Tanner tente désespérément de mener sa propre enquête. Une enquête qui le mène dans l'Amérique profonde, dans un bled ou tout le monde se souvient d'une certaine personne, quelqu'un de tellement charismatique que les villageois sont prêts à mourir pour lui... Quelqu'un manifestement capable de modifier la perception qu'il offre de lui-même. Quelqu'un de très dangereux. Et méchant, avec ça... Pour le pauvre Tanner, la parano ne fait que commencer, ledit méchant n'aimant pas, mais alors pas du tout, qu'on se mêle de ses petites affaires et autres complots.

     Remarquablement divertissant, très hollywoodien dans sa forme comme dans son fond, Le Pouvoir pourrait n'être qu'un roman banal s'il n'était dû à la très bonne plume de Frank M. Robinson. Avec un sens du rebondissement parfaitement maîtrisé, l'auteur nous fait vivre cette chasse à l'homme de l'intérieur, à mesure que les pièces du puzzle se mettent progressivement en place. Et si la fin est convenue (bien que sympathique, dans le genre coup de théâtre qui remet tout en balance... cliché, certes, mais imparable), Le Pouvoir reste un excellent roman de gare, idéal pour un voyage loin de nos grisailles quotidiennes. Le prototype même du texte efficace qui remplit impeccablement son contrat, ce qui est déjà beaucoup.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/1/2005 dans Bifrost 37
Mise en ligne le : 2/2/2006


     Bill Tanner dirige pour l'US Navy des recherches sur l'endurance humaine. Un membre de l'équipe estime qu'un cerveau doté d'énormes pouvoirs se dissimule parmi eux. Ses lubies parapsychiques sont considérées avec dédain jusqu'à sa mort, inattendue, alors qu'il s'apprêtait à écrire une lettre de révélations au professeur Tanner. Celui-ci a le tort de chercher à en savoir plus : très vite, le mutant s'introduit dans son esprit pour le pousser à se suicider ou manipule son entourage pour précipiter sa mort. Les traces de son diplôme universitaire disparaissent, comme celles de son compte en banque. Fugitif sans ressources, s'interdisant de dormir, Tanner doit se hâter de découvrir l'identité du surhomme sans cependant l'approcher de trop près s'il veut résister à ses assauts psychiques.

     On a rarement fait mieux dans la catégorie du récit parano que ce thriller qui ne laisse pas une seconde de répit. Écrit en 1956, le roman, typique des intrigues qu'inspirait la guerre froide, n'est pas sans rappeler Marionnettes humaines d'Heinlein, L'Invasion des profanateurs de sépultures (le film de Don Siegel est sorti la même année), Le Père truqué de Dick, ainsi qu'Escamotage de Matheson et Bester pour le passage où le héros voit son univers se déliter. Il ne brille donc pas par son originalité thématique, pas plus que par son traitement inspiré des Dix Petits Nègres d'Agatha Christie, ni par sa réflexion, axée sur la part humaine du mutant : tout surhomme qu'il est, il n'en reste pas moins homme, avec ses faiblesses et ses envies de pouvoir.

     Mais le suspense qui maintient le lecteur en haleine du début à la fin est si maîtrisé que ce roman est un petit joyau dans sa catégorie. On peut même s'offusquer de ne le voir traduit que près de cinquante ans après sa parution, alors qu'il fut adapté en 1967 (La Guerre des cerveaux, de Byron Haskin, avec George Hamilton) comme on peut s'étonner que cet auteur et éditeur plutôt prolifique n'ait jamais été traduit en France, hormis une poignée de nouvelles dans les années cinquante. Voilà une injustice réparée.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/2004 dans Galaxies 35
Mise en ligne le : 9/1/2009


 
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