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La Dame des abeilles

Thomas Burnett SWANN

Cycle : La Trilogie du Latium (découpage annexe)

Traduction de Patrick MARCEL
Illustration de Letizia GOFFI

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES (Lyon, France), coll. Nouvelles et Romans n° (6)
Dépôt légal : janvier 2006, Achevé d'imprimer : janvier 2006
Recueil de romans, 264 pages, catégorie / prix : 15 €
ISBN : 2-915793-13-1
Format : 13,0 x 20,0 cm
Genre : Fantasy

Le titre "People of the Sea" indiqué par l'éditeur pour "Le Peuple de la mer" n'est jamais apparu pour les livres publiés en anglais.



Quatrième de couverture
     Dans le bruit et la fureur des passions antiques, voici la tragique histoire de Romulus, décidé à tout conquérir, de son frère Rémus, qui désire suivre la sagesse de la nature, et de la belle dryade Mellone, qui parce qu’elle est la maitresse de Rémus va se trouver impliquée dans un conflit déchirant. Et voici également la sombre et captivante histoire de Didon, la reine fondatrice de Carthage, de son amant Énée et de son fils Ascagne, ainsi que de la cruelle néréïde Électre et du roi-éléphant Iarbas. Entre amour et colère, beauté et cruauté, sensualité et combats épiques, deux légendes appartenant à la mythologie de la fondation de Rome se trouvent réinventées de manière magique.
 
     Thomas Burnett Swann, auteur de la Trilogie du Minotaure, est un écrivain nord-américain de fantasy à base mythologique classique, décédé en 1976. La magie de Swann, c’est celle des créatures de la mythologie méditerranéenne : les faunes, les dryades, les centaures et les minotaures, dans une prose captivante, pleine de drames, de combats épiques, d’humour léger, de poésie et de sensualité. Ce volume présente pour la première fois en français les deux romans qui, avec Le Phénix vert, forment la Trilogie du Latium, tous deux indisponibles de nos jours en langue anglaise : Le Peuple de la mer, paru de manière posthume, et La Dame des abeilles.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Le Peuple de la mer (Queens Walk in the Dusk, 1977) , pages 3 à 120, roman, trad. Patrick MARCEL
2 - Patrick MARCEL & André-François RUAUD & Thomas Burnett SWANN, Notes de l'éditeur et du traducteur, pages 121 à 121, notes
3 - Note historique et remerciements (Author's Note) , pages 122 à 122, notes, trad. Patrick MARCEL
4 - La Dame des abeilles (Lady of the Bees, 1976) , pages 123 à 262, roman, trad. Patrick MARCEL
Critiques
     Chez Swann, tout est faux, mais tout est vrai. Dans les notes qui introduisent les deux nouvelles du recueil, le petit maître méconnu de la fantasy américaine annonce la couleur. Pour composer l'Enéide, Virgile a déformé les mythes et l'histoire ; pour composer la « Trilogie du Latium » (réunissant les deux longues nouvelles du présent volume et le Phénix vert), Swann évacue toute volonté d'historicité et s'intéresse aux seuls mythes, qu'il a réinventés. De là découle un programme tout simple : l'imagination avant l'énumération des faits, la chronologie. Car, comme il dit encore : « La poésie et la fiction ont une vérité qui échappe à l'histoire, celle d'interpréter plutôt que d'enregistrer. » Le roman est d'abord une interprétation.

     Celle-ci suppose un préalable : de bons interprètes. Les acteurs qui agitent le petit théâtre de Swann sont à cet égard très bien choisis : des figures archétypales, hésitant entre condition humaine et divine, entre l'arbre et la bête, entre nature et civilisation ; des silhouettes dont la forme définitive n'est pas arrêtée, dont le destin attend de s'accomplir. « Le Peuple de la mer », premier des deux récits qui nous sont ici proposés, met en scène les héros malheureux de la guerre de Troie. Enée, vaincu, a fui le sac de la ville avec son fils Ascagne, ils sont en quête d'un havre où planter le germe de la nouvelle Troie. Sa flotte s'échoue à Carthage, au royaume de Didon, une autre exilée. Carthage est aussi le domaine du roi éléphant Iarbas, lunatique comme pas deux. Enée aime Didon qui est aussi aimée de Iarbas ; amours impossibles qui s'achèveront pas la fuite du premier (Rome l'attend) et le sacrifice de la seconde. Dans « La Dame des abeilles », Enée et Ascagne sont passés à l'état de poussière et de souvenirs, on retrouve la dryade Mellone, déjà croisée dans Le Phénix vert (même cycle, même éditeur). Il est aussi question de faunes, de loups, d'une couronne convoitée et d'un roi sans couronne, ainsi que de célèbres jumeaux. Les jumeaux traînent un encombrant héritage, ils sont les princes déchus et cachés d'Albe la Longue. Ils rêvent de reconquête, de femmes accortes ou de créatures mythologiques aux seins blancs. On sait ce qu'il adviendra. Le récit raconte leurs hauts-faits et met en balance la difficile conciliation entre les désirs de pouvoir et la recherche d'une utopique harmonie pastorale.

     Tout est faux donc, mais tout est vrai : ici tout est plus vivant, plus dépaysant que nature. A « Interprétation », le Larousse donne comme définition : « qui éclaircit le sens des choses ; qui fait connaître ou exprime une chose cachée. » Qu'exprime Swann sinon la longue et lente marche de l'humanité (de Charybde en Scylla) vers la civilisation ? L'individu s'émancipe du joug de la nature et des dieux pour tomber sous l'empire des passions humaines, trop humaines. Swann dit cette éternelle errance, cette quête d'un bonheur impossible, avec des mots qu'on ne retrouve nulle part ailleurs en fantasy contemporaine, toute préoccupée de manichéismes brutaux. De brutalité ou de violence, il est également question chez Swann ; mais tout est sublimé par la technique littéraire, les ruses d'un style (et d'une traduction) qui allie finesse et puissance d'évocation, sens de la fresque et science de la fesse. C'est charnel, chatoyant comme un été grec. Décidément, l'antiquité selon Swann, c'est épatant.

Sam LERMITE
Première parution : 1/5/2006 dans Bifrost 42
Mise en ligne le : 19/5/2008


     Réunion de deux romans, Le Peuple de la mer et La Dame aux abeilles, qui, avec Le Phénix vert (précédemment paru aux Moutons électriques) forment la Trilogie du Latium, ce livre est à la fois un trésor et une déception. Une déception parce que Le Peuple de la mer, qui n'avait été publié que de façon posthume, est truffé de fautes et d'incohérences au point que Patrick Marcel, le traducteur, et André-François Ruaud, l'éditeur, se soient sentis obligés de s'en expliquer. Déception aussi parce que La Dame aux Abeilles raconte les mêmes événements que Où est-il donc l'oiseau de feu ?, la novella qui accompagnait Le Phénix Vert, de façon plus complète, certes, mais plus délayée aussi, et surtout plus elliptique pour qui n'aurait pas lu Homère et Virgile.

     Mais c'est un trésor parce que Thomas Burnett Swann est un poète. Il imagine Enée et Ascagne vus par les yeux de Didon, fille d'une néréide et reine de Carthage, Rémus, par ceux de Mellone, la dryade, et de Sylvan, le faune au cœur pur, et réinvente les mythes loin de la fureur guerrière — même si de guerre, il est question. Si ces deux romans risquent de ne pas plaire aux lecteurs friands d'action, ou plus simplement de déconcerter à cause de leur narration chaotique, d'autres adoreront la douceur de son écriture qui se déguste petit à petit.

Lucie CHENU
Première parution : 1/4/2006 dans Faeries 21
Mise en ligne le : 4/2/2008

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