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La Rose blanche

Glen COOK

Titre original : The White Rose, 1985

Cycle : La Compagnie Noire  vol. 3 

Traduction de Alain ROBERT
Illustration de Johan CAMOU

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantasy (2000 - 2007) n° 7750
Dépôt légal : septembre 2005
448 pages, catégorie / prix : M
ISBN : 2-290-33068-X   
Genre : Fantasy


Autres éditions
   L'ATALANTE, 1999, 2003, 2005
   in La Compagnie noire - Les livres du Nord, 2008
   J'AI LU, 2008
   in Les Annales de la Compagnie Noire - L'intégrale 1, 2015

    Quatrième de couverture    
     Réduite à une poignées d'hommes, la Compagnie noire a définitivement changé de camp. Sa nouvelle tâche est de protéger la Rose Blanche, seule capable de vaincre la Dame et ses forces du mal. Mais cette ultime confrontation doit avoir lieu lors du passage de la grande comète... et cette échéance est encore lointaine. Réfugiés dans la plaine de la Peur, un lieu cauchemardesque peuplé d'étranges créatures, les soldats de la dernière des compagnies franches de Khatovar s'apprêtent à subir le plus long siège de leur histoire. Un siège de plusieurs décennies. À moins qu'un événement capital ne se produise. Car quelque chose bouge dans le grand tumulus où repose le Dominateur...

     Glen Cook
     Né à New York en 1944, il commence à écrire très tôt et son premier texte publié date de 1970. Aussi à l'aise dans la science-fiction (Le dragon ne dort jamais) que dans le mélange atypique des genres (Les aventures de Garrett, détective privé, un croisement délirant de polar et de fantasy), il a fait subir le même sort à la fantasy que Sergio Leone au western en publiant le cycle de La compagnie noire.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (1999)


     Ce troisième tome achève le premier cycle des chroniques de la Compagnie Noire. Nous y retrouvons les qualités et les défauts déjà mentionnés pour le second tome, mais l'intrigue y est plus complexe et surtout la narration y est beaucoup plus intéressante.
     Car Cook a choisi cette fois d'entremêler trois récits se déroulant à diverses époques, contés par des narrateurs différents. Le lecteur doit fournir un effort pour suivre les méandres de l'histoire et reconstituer une trame qui se déroule ainsi sur plusieurs générations. Si cette difficulté peut en agacer certains, elle constitue surtout une sorte de jeu de piste, un formidable puzzle dont il faut assembler les pièces pour deviner l'image générale.
     L'apport ludique de cette narration habilement décousue rend la lecture plus stimulante et compense l'absence de relief que nous avions reprochée au précédent volume, même si la sécheresse et la froideur du style continuent de gêner, de façon toutefois moins sensible.

     L'ambiance demeure toujours très sombre, voire morbide, tandis que les personnages gardent des motivations assez floues. C'est là que le roman trouve une certaine originalité, mais c'est là aussi qu'il atteint ses limites.
     Aucune des forces ou des personnages en présence n'attirant vraiment la sympathie, l'issue de leurs luttes nous laisse en fin de compte assez indifférent. Certes, les personnages échappent ainsi au manichéisme trop fréquent en fantasy, mais leurs hésitations et leurs parcours chaotiques semblent plus révélateurs de caractères inconsistants que d'âmes profondes et tourmentées.
     Enfin, beaucoup de zones restent dans l'ombre et l'on finit par s'interroger : l'auteur souhaite-t-il laisser subsister une part de mystère ? Ou est-il incapable de mener à son terme un récit parfaitement cohérent ?

     C'est donc encore avec un sentiment mitigé que nous achevons cette première trilogie. L'atmosphère très particulière de ces romans constitue leur principal attrait, et le rythme du récit — qui se déroule sur de nombreuses années avec de longues périodes d'inactivité et des retours en arrière — est également séduisant. Mais cela ne suffit pas à masquer la platitude du style et la relative pauvreté d'une intrigue qui occupe pourtant plus de 1200 pages.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/12/1999
nooSFere


 

Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (1999)


     Les années ont passées depuis les événements relatés dans Le château noir. Après la fuite de Génépi, les derniers membres de la compagnie noire se terrent dans la Plaine de la Peur, un lieu désertique où vivent de bien étranges créatures, en compagnie de Chérie, La Rose Blanche sur laquelle repose l'espoir des rebelles dans leur lutte contre l'Empire de la Dame. Après des années de statu quo, l'arrivée de plusieurs messagers annonce des changements. Les armées de la Dame encerclent la Plaine de la Peur afin d'anéantir la rébellion. Mais le Dominateur enfermé depuis des siècles dans un Tumulus n'a pas dit son dernier mot.

     Plus encore peut-être que dans les précédents volumes, les non-dits de l'histoire stimulent notre imagination. Au début du roman, trois récits se déroulent en parallèle, l'un d'eux se déroulant dans le passé avant l'avènement de la Dame. On essaye de deviner ce qui relie les trois récits, de connaître les motivations des personnages. Car plus que jamais, l'auteur brouille les pistes entre le bien et le mal, notions qui dépendent bien souvent de l'époque et du côté duquel penche le pouvoir. C'est aussi valable pour les personnages toujours aussi ambigus, à l'image de Toubib le narrateur et de la Dame, personnages complexes et difficiles à cerner.

     Cette série s'avère donc toujours aussi passionnante et originale sur la durée, et même si ce troisième volume conclut un premier cycle, on attend déjà impatiemment la traduction de la suite.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 15/12/1999
nooSFere


 

Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2000)


     Après La compagnie noire et Le château noir, voici donc le troisième tome de la saga de Glen Cook, chronique d'une armée de mercenaires.
     À la suite de la défaite infligée au Dominateur à Génépi, dans le Nord, la Compagnie Noire a fui pour échapper à la Dame, son ancien employeur, un être presque divin par sa puissance et sa maîtrise de la magie qui règne sur un Empire aux dimensions d'un continent. Plutôt que celui de la Dame (le pouvoir en place) ou du Dominateur (le pouvoir ancien), la Compagnie a choisi le camp de la Rébellion emmenée par la Rose Blanche, qui s'est réincarnée en Chérie, une jeune muette.
     Lorsque commence ce nouveau roman, la Compagnie – et Toubib, son médecin et le rédacteur de ses Annales – se morfond depuis deux ans dans la Plaine de la Peur, un désert à l'écart de tout, où les menhirs marchent et parlent, où les baleines volent et où la moindre griffure d'épine peut se révéler fatale. Protégés de la magie de la Dame et de ses Asservis par le champ nullificateur généré par Chérie, ses membres attendent ils ne savent trop quoi, tandis que la Rose Blanche, dans son rôle officiel, s'épuise à organiser la Rébellion, en vain, pour l'instant.
     C'est alors que mystérieuses lettres anonymes et étranges visiteurs commencent d'affluer dans le désert. Les lettres décrivent la vie de Bomanz, un célèbre sorcier d'antan qui a passé son existence à étudier les Tumulus où était enfermée la Dame et où demeure enfoui, du moins peut-on l'espérer, son ancien mari. Les étrangers sont porteurs de terribles nouvelles – la Grande Comète annonçant le retour de l'ordre ancien serait en avance, le tyran mort essaierait de nouveau de s'évader de sa prison, et, cette fois-ci, la Dame ne serait plus capable de l'en empêcher.
     Pas seule, du moins...
     La rose blanche, qui clôt en beauté (noire) cette première trilogie, est un livre crépusculaire, éclaté entre deux époques et plusieurs narrateurs  ; c'est aussi un roman de l'attente, de l'inquiétude, et du compromis nécessaire. Jamais, je crois, les notions de « bien  » et de « mal  » n'ont été aussi floues dans la fantasy. Jamais les protagonistes, tous dépeints en nuances de gris, n'ont été aussi complexes –contradictoires, parfois. Le style, également, mérite qu'on s'y arrêté  : des dialogues enlevés, ponctués d'anachronismes langagiers, un argot omniprésent, des ellipses fulgurantes, le tout rendu à la perfection par le traducteur, Alain Robert.
     Dans ma précédente chronique, j'évoquais pour qualifier cette œuvre les grands ancêtres Moorcock et Leiber, mais, à la réflexion, la noirceur de l'un est sublimée par le tragique, tandis que celle de l'autre est atténuée par l'humour. Ici, on a plutôt le sentiment d'assister à une farce cosmique, entre H.P. Lovecraft et Julien Gracq, qui laisse à l'âme une douce amertume, malgré une fin plutôt optimiste.
     Oui, décidément, la série de la Compagnie Noire s'adresse à des lecteurs avertis. Voilà, vous êtes avertis  : attention, chef d'œuvre.

     PS  : Après cette première salve, l'Atalante va marquer une pause dans la publication de cette série (mais son directeur promet d'y revenir bientôt) pour livrer un des rares romans de SF (malgré son titre) signés par Glen Cook, Le dragon ne dort jamais. Miam.

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/2/2000
dans Bifrost 17
Mise en ligne le : 1/8/2001




 
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