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L'Hôtel hanté

William Wilkie COLLINS

Titre original : The Haunted Hotel, 1879
Traduction de Henri DALLEMAGNE

UGE (Union Générale d'Éditions) - 10/18 (Paris, France), coll. 10/18 n° 3817
Dépôt légal : septembre 2005
Roman


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Edition TERRE DE BRUME, Terres Fantastiques - Littérature ()

     L'hôtel hanté demeure davantage un roman policier qu'une oeuvre fantastique, même s'il y a en effet quelques apparitions et surtout une atmosphère d'étrangeté qui baigne l'ensemble du roman. Mais c'est un roman policier sans détective ni véritable enquête. De façon très habile, William Wilkie Collins nous expose toute une série de faits étranges qui s'enchaînent en une mécanique infernale à peine perceptible dans l'ambiance feutrée de la haute société anglaise. De petites choses d'abord : une intrigante, un joueur, quelques inquiétudes ou quelques médisances... Puis les drames surgissent : la disparition d'un coursier, la mort du lord... Et si rien de tout cela ne suffit à constituer une grande affaire, puisque cette mort semble naturelle, le lecteur pressent que ces faits divers apparemment anodins recouvrent un mystère bien plus grand.

     Toute cette mise en place, remarquablement fine, est déjà fort agréable, mais c'est dans la dernière partie que le talent de l'auteur éclate véritablement. A travers l'artifice d'une pièce de théâtre, à la façon d'Hamlet, toute l'histoire précédente nous est montrée sous un nouveau jour, celui de la vérité... Les faits anodins mais curieux que nous avions notés prennent soudain un sens et deviennent la manifestation évident d'une sordide machination, autour du magnifique et ambigu personnage d'aventurière qu'est la comtesse Narona.

     Les quelques éléments fantastiques ajoutés n'apportent finalement guère au roman, si ce n'est qu'ils jouent le rôle de révélateur et qu'ils confèrent à l'intrigue un caractère de ghost story particulièrement plaisant. L'auteur en est d'ailleurs conscient puisqu'il s'en moquera dans les toutes dernières lignes.

     En bref, c'est un envoûtant conte policier à l'atmosphère ténébreuse, où derrière le grand clacissisme de ce contemporain de Dickens pointe l'ironie malicieuse d'un auteur qui joue à piéger son lecteur.

Pascal PATOZ (lui écrire)
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