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Harry Potter et le Prince de sang-mêlé

J. K. ROWLING

Titre original : Harry Potter and the Half-Blood Prince, 2005

Cycle : Harry Potter  vol. 6 

Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING

GALLIMARD Jeunesse (Paris, France)
Dépôt légal : octobre 2005
Roman, 720 pages, catégorie / prix : 23,50 €
ISBN : 2-07-057267-6   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année.
     Mais pourquoi le professeur Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ?

     C'est avec un mélange d'humour et d'art du suspense incomparable que J.K. Rowling révèle dans ce sixième tome l'extraordinaire complexité de l'univers qu'elle a créé, et qu'elle met en place tous les ressorts du dénouement.

1. HARRY POTTER À L'ÉCOLE DES SORCIERS
2. HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS
3. HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU
5. HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHÉNIX
6. HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG-MÊLÉ

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantasy (liste parue en 2002)  pour la série : Harry Potter
André-François Ruaud : Cartographie du merveilleux (liste parue en 2001)  pour la série : Harry Potter


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
 
    Critiques    
[Critique de l'édition originale anglophone.]

     At last. Voici enfin le volume 6, pénultième tome de la saga Harry Potter. La pottermania n'a rien perdu de sa vigueur, ni le jeune sorcier de son potentiel commercial... De fait, il n'est plus très original d'épiloguer sur la légitime impatience et les conjectures fantaisistes qu'a suscitées ce Prince de sang-mêlé, ni de s'étendre sur les six ou sept zéros du nombre d'exemplaires déjà vendus dix jours à peine après la parution de la version originale. Deux remarques seulement : sur l'épaisseur du volume, tout d'abord, en très léger recul par rapport au tome précédent (une première dans la série) ; ensuite, sur la publication de la traduction française, qui cette année ne laissera qu'un petit trimestre d'avance aux anglophones puisqu'elle doit avoir lieu au mois d'octobre 2005, et non en décembre comme à l'accoutumée. Gallimard aurait-il compris que dans l'intervalle, certains jeunes lecteurs avaient commencé à apprendre l'anglais ?

     Bien entendu, pas question pour moi de vous révéler trop d'éléments de l'intrigue de ce nouveau volume. Mais il faut bien en dire quelques mots tout de même. Nous avions quitté Harry Potter à la fin du volume 5 (Harry Potter et l'Ordre du Phénix) alors qu'il découvrait une étrange prophétie liant son destin à celui de Lord Voldemort, le puissant sorcier maléfique. La donne a bien changé à présent : le ministère de la magie, qui niait la résurrection de Voldemort (quitte à faire passer Harry pour un demeuré), est dorénavant bien obligé de l'admettre officiellement. De fait, les sorciers vivent une période particulièrement troublée (un genre de plan Vigipirate à la sauce abracadabra). Harry réintègre donc le collège Hogwarts en sixième année, avec l'espoir de s'orienter vers la carrière d'Auror, c'est-à-dire de fonctionnaire d'élite chargé de lutter contre la magie noire. Comme chaque année, quelques remaniements surviennent dans l'équipe pédagogique : un professeur retraité, Slughorn, réintègre le corps professoral pour enseigner l'art des potions, poste occupé par le professeur Snape (Rogue en français). Ce dernier accède enfin à son rêve : la chaire de défense contre la magie noire, ce qui ne dit rien qui vaille à Harry, d'autant plus que le protégé de Snape, Draco Malfoy, dont le père est incarcéré à Azkaban, semble tramer quelque chose de particulièrement louche. En cours de potions, Harry devient vite le chouchou du professeur Slughorn grâce à un manuel entré par hasard en sa possession et qui, annoté de la main de son précédent propriétaire (un mystérieux « Prince de sang-mêlé »), regorge d'indications permettant à Harry de surclasser la brillante Hermione Granger (au grand agacement de celle-ci qui ne supporte ni la tricherie, ni le fait de ne pas être première de la classe). Mais la guerre contre Voldemort continue... et Dumbledore, le directeur du collège, a décidé cette année de prendre Harry sous son aile afin qu'ils enquêtent de concert sur le passé du sorcier maléfique, autrefois élève du collège sous le nom de Tom Riddle...

     Voilà pour les grandes lignes de l'histoire. Mais au niveau personnel, ça bouge aussi. Les personnages tombent amoureux et se frottent d'un peu plus près les uns aux autres, toutes générations confondues. Et si le carnet rose se remplit (un mariage est prévu, qui constituera probablement la scène d'ouverture du volume 7), la rubrique nécrologique n'est pas en reste, comme nous y avait un peu préparé le volume 5. Ce sont en effet deux personnages ayant joué un rôle important dans certains des volumes précédents qui tirent leur ultime révérence dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé. Inutile de dire que la relative insouciance des premiers tomes et l'espoir d'un happy end ne sont plus que de lointains souvenirs — et de fait, nombre de lecteurs s'étaient avoués déconcertés, voire déçus par le tour que prenait la saga depuis le volume 5.

     On devine aisément la cause inconsciente de cette déception : l'auteur a fait le choix délibéré de faire évoluer parallèlement ses personnages et son univers plutôt que de les figer dans le temps. Le premier tome était assez simpliste : le pauvre orphelin brimé par ses Thénardier d'oncle et tante trouvait au collège Hogwarts un havre de sécurité et une famille de substitution (une figure paternelle, le professeur Dumbledore, un frère et une sœur, ses amis Ron et Hermione). Même si le mal rôdait aux alentours du collège, Harry était protégé. Ainsi, les trois ou quatre premiers volumes reposaient sur ce schéma, offrant au lecteur un certain confort de lecture. Mais alors que la menace du retour de Voldemort se fait plus précise, Harry gagne en maturité. Le petit orphelin un peu timide fait place à un adolescent au caractère plus affirmé, doté de puissants pouvoirs et capable de colères imprévisibles, mais aussi esclave de son destin et habité d'un conflit permanent entre l'adulte et l'enfant. À présent, Harry va sur ses 17 ans (l'âge de la majorité légale chez les sorciers !), et n'est plus un enfant. Plus rien ni personne n'est en sécurité alors que se conclut ce sixième volume, pas même les personnages secondaires auxquels il était impossible de ne pas s'attacher, ni les vénérables murs du collège Hogwarts, qui sont menacés de crouler bientôt sous les assauts des forces du mal. De rose et dorée, la destinée de Harry Potter a acquis avec le temps des teintes beaucoup plus sombres, mais aussi infiniment plus riches.

     J. K. Rowling est-elle trop exigeante en demandant à son lectorat de faire preuve de la maturité nécessaire pour accepter que son univers évolue, que ses personnages grandissent ? Non, bien sûr, et c'est même avec une certaine admiration qu'on peut observer le crescendo dramatique de cette saga, la maestria avec laquelle l'arrière-plan se trouve progressivement dévoilé, la grande précision qui préside à l'emboîtement de chacune des pièces du puzzle sur la structure générale du récit. De plus, il reste encore beaucoup à découvrir dans le septième volume, même si le sixième répond à beaucoup de questions (avec un recours un peu trop facile aux flash-backs, la seule véritable faiblesse narrative du récit). Selon certaines sources (hautement contestables), le dernier tome serait déjà écrit. Bien sûr, le pottermaniaque aura bientôt un ou deux nouveaux films à se mettre sous la dent. Mais maintenant, il ne reste plus au lecteur enthousiaste qu'à reprendre l'activité qui était la sienne il y a quelques jours encore : attendre...

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 5/9/2005 nooSFere


[Critique de l'édition originale anglaise]

     Sixième et avant-dernier tome d'une saga qu'on ne présente plus, Harry Potter et le prince de sang mêlé est un modèle du genre : prenez une idée originale et séduisante pour un lectorat jeune, déclinez-la en gigantesque machine marketing qui n'a plus rien à voir avec la littérature, et vous obtenez un tome six d'une remarquable inutilité. Vache à lait éditoriale, « Harry Potter » est prévu en sept tomes. Point. Avant ce dernier volume, il faut meubler. Un travail d'écriture impeccablement réalisé par Rowling (ou par un nègre, ou par une machine, qu'importe), mais qui malheureusement n'apporte rien à la série. Autant dire que la vacuité de ce tome six est confondante. L'idée n'est pas de produire un livre autonome et intéressant, mais bien de préparer les lecteurs au feu d'artifice du tome sept. En conséquence, dire qu'il ne se passe rien est un euphémisme. Page 0 à 100, le professeur Rogue (Snape en anglais) joue-t-il double jeu ? Page 100 à 200, Harry retourne à l'école. Page 200 à 300, rien. Page 300 à 400, rien non plus. Page 400 à 500, Voldemort a séparé son âme en 7 entités indépendantes (d'où sa tendance à revenir à chaque épisode, trouvaille bien pratique s'il en est), entités que Dumbledore et Harry vont tenter de détruire les unes après les autres. Page 500 à 600, les choses commencent à devenir intéressantes et on sait enfin lequel des personnages importants trouve la mort. Page 600, c'est fini.

     Même si l'honnêteté intellectuelle oblige de préciser que « Harry Potter » dans son ensemble est une excellente série pour enfants et adolescents, même si on prend plaisir à la lecture de ce tome six, force est de reconnaître que la tendance à l'obésité des volumes reflète le laisser-aller éditorial quant aux millions que rapporte l'investissement (voir à ce sujet la même remarque concernant Illium et sa suite de Simmons — cf. critique infra). La qualité se dégrade, et ces quelques 600 pages en sont le témoin le plus flagrant. Une bonne paire de ciseaux, un bon éditeur, et vous voilà avec 100 pages passionnantes. Reste qu'on ne fait pas un « Harry Potter » avec 100 pages et qu'il faut bien combler les vides. Au final, on obtient un vague roman poussif et inintéressant, là où les derniers volumes (les 4 et 5, notamment) maintenaient l'illusion. Détail intéressant, le rôle du professeur Rogue (seul personnage réellement bien vu) arrive ici à son apogée. Menteur ? Sincère envers et contre tous ? Simplement monstrueux ou monstrueusement droit et vertueux ? Si Rowling se cantonne au premier degré, c'est tout l'édifice qui s'écroule. Si elle joue la carte de l'ambiguïté et de l'intelligence, on lui pardonnera cet écart (coûteux, tout de même). Réponse dans le septième tome, donc. Si ce n'est pas un coup marketing génial.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/10/2005 dans Bifrost 40
Mise en ligne le : 18/11/2006


 
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