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Tekrock

Roland C. WAGNER


Cycle : Les Futurs mystères de Paris  vol. 5 


Illustration de Philippe CAZA

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (142)
Dépôt légal : avril 2006
Roman, 416 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-84172-332-1   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   in Les Futurs mystères de Paris - l'intégrale, volume I, ATALANTE (L'), 2015
   FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 1999

    Quatrième de couverture    
     1843. — Eugène Sue : Les Mystères de Paris
     1954-1958. — Léo Male : Les Nouveaux Mysteres de Paris
     Nestor Burma, « l'homme qui met le mystère K.-O. »
     1958. — Frédéric Dard : Les Derniers Mystères de Paris
     1996-?. — Roland C. Wagner : Les Futurs Mystères de Paris

     Paris, 2o64. Comment les données sur Elvis Presley se sont-elles effacées du wèbe ?
     Nous avons tous des trous de mémoire. Celui de Pépin de Pomme a englouti toute son existence d'avant la Terreur. Pour ne rien arranger, les neurones du bonhomme seraient « un peu trop bien triés », et un petit dragon vert lui pissait sur le pied quand il a pris conscience de son amnésie. En quête de l'identité de cet étrange client, Terri va de découverte en étonnement, croisant des personnages improbables et décalés, mais c'est Gloria, sa fidèle aya, qui lui réserve la plus grande surprise.

    Sommaire    
1 - Pot Smokers from Outer Space, pages 381 à 404

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Association Infini : Infini (3 - liste francophone) (liste parue en 1998)  pour la série : Les Futurs mystères de Paris

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (1999)


     Après quatre Futurs Mystères de Paris, Roland Wagner pouvait les supposer connus et nuire gravement à l'équilibre du lecteur novice, ou tout réexpliquer et assommer ceux qui les ont déjà lus. Les services commerciaux de son éditeur auraient apprécié avec modération. Donc, sans reculer devant les épisodes explicatifs, il joue sur le ton et les points de vue, met les choses en situation, et réussit à contenter tout le monde. Au moins jusqu'aux derniers chapitres, qui laisseront perplexe qui n'a pas lu Honoré a disparu dans Histoires de cochons et de science-fiction, l'anthologie de Sylvie Denis. Mais même là, la compréhension de l'intrigue n'est pas affectée, une autre histoire s'est simplement déroulée en parallèle, dont on a juste quelques bribes. Si les frustrations sont trop insupportables, lire la susdite anthologie, ou SF 99. Les deux chez Étoiles vives. Si les symptômes persistent, c'est qu'on a affaire à une assuétude générale à la SF déjantée. Lire alors tout Wagner.
     Pour le reste, c'est une enquête policière standard. C'est-à-dire avec un amnésique, un détective privé transparent, ses assistants, une intelligence artificielle subversive puisque intelligente, le retour de la vengeance de la fille d'icelle, le souvenir d'Elvis, des personnages secondaires comme Jospin Gonzo ou Bilbo la Haute Bite, un « cardinal érectile de l'Église du sexe à couilles rabattues  », la banlieue de Paris, l'évasion d'un vieux cosmonaute militaire dépendant de son exosquelette, les trois sœurs Parque, etc. Plus de rapides clins d'œil à Valérian, au lieutenant Columbo, à Nestor Burma évidemment, au Temps incertain de Michel Jeury (entre une moto immatriculée HKH et un groupe appelé « Chryst Chronolyse et ses Phords de Garichankar  »), à Lewis Carroll et à Citizen Kane, à Hendrix, Marley et une foule d'autres, à l'esprit vaudou du blues, à Valerio Evangelisti (à travers Cherudek, aventure à traduire de Nicolas Eymerich). Et à Elvis. Plus des notations sur la violence, le végétarisme ou les drogues dures comme le tabac et l'alcool.
     Tout cela est mêlé avec une maîtrise redoutable. Fabriquer des sagas pour la maison Guieu a entraîné Wagner à insérer un roman dans un cycle tout en le rendant lisible isolément, les narrateurs multiples sont sans doute une seconde nature, et une convergence avec l'alter ego transalpin plus haut cité a poussé à entrecroiser les intrigues  : ici le procès découlant des Ravisseurs quantiques, vu par divers médias (dont un fonétik), entrelarde des chapitres où on passe de ce qui arrive au détective à ce qu'il advient à l'intelligence artificielle  ; comme les coupures ne sont pas vraiment faites au hasard, le suspense est garanti, dans la tradition du roman-feuilleton. On ne se prive d'ailleurs pas de dire au lecteur qu'il est en pleine littérature populaire, avec des commentaires comme « j'avais l'impression d'assister à un résumé des épisode précédents  », « un accusé sorti tout droit d'une vieille bande dessinée  », ou « la scène commence à tourner au remplissage pour sitcom familiale  ».
     Bref, on s'amuse beaucoup, et c'est ainsi qu'Elvis est grand.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/1999
dans Galaxies 13
Mise en ligne le : 15/12/2000


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (1999)


     Alors que s'ouvre le procès du sectateur Odon et que se poursuit la prise en otage du wèbe par les intelligences artificielles, Tem, le détective privé doué du don de la transparence, est contacté par l'une d'elles, sa fidèle alliée Gloria, qui lui propose de mener une enquête pour le compte d'un dénommé Pépin de Pomme.
     Le problème de ce dernier est simple  : il s'est réveillé un jour, un demi-siècle plus tôt, apparemment âgé de vingt-cinq ans, mais sans le moindre souvenir de son existence passée. Ceci se déroulait durant la Grande Terreur Primitive qui a changé à jamais le visage de la planète lorsque la Psychosphère a interagi de manière cataclysmique avec la Réalité consensuelle. Et comme rien de ce qui touche à la Psychosphère ne peut laisser Tem, le mutant, indifférent...
     Ce n'est là que l'un des prémices d'une intrigue complexe et polymorphe, mêlant les fils narratifs et les voix, au cours de laquelle vont réapparaître plusieurs personnages secondaires des quatre titres précédents de la série. C'est l'occasion pour Roland C. Wagner de dresser une galerie de ces portraits iconoclastes dont il a le secret.
     De plus, Tekrock impressionne par la facilité apparente, résultat sans doute d'un travail en profondeur, avec laquelle l'auteur construit, pierre par pierre, un futur qui, sous ses atours psychédéliques, demeure très crédible du point de vue politique, économique et social. Plus même que la musique, omniprésente, c'est la notion de jeu qui fonde ce roman, à la fois dans les détails qui renvoient à ce qu'on est bel et bien obligé d'appeler le “patrimoine” de la SF (linotype Brown-Shrdlu, astronef Arthur C. Clarke, etc.) et dans la manière dont l'ouvrage répond à diverses questions soulevées lors des premiers volumes tout en en posant de nouvelles. Enfin l'intrigue policière, pourtant souvent présentée comme un simple prétexte, n'a jamais été aussi chandlérienne, ni sa résolution, lourde de symboles, aussi satisfaisante.
     Moiré, chatoyant, mélodieux, pacifique et ludique, Tekrock prouve, s'il en était encore besoin, que Roland C. Wagner a franchi un nouveau palier en tant qu'écrivain. On attend désormais avec espoir, et non sans une certaine impatience, de voir où l'escalier conduit.

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/6/1999
dans Bifrost 14
Mise en ligne le : 5/6/2001




 
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