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Glyphes

Paul J. McAULEY

Titre original : Mind's Eye, 2005
Première parution : Londres, Grande-Bretagne, Simon & Schuster, 2005

Traduction de Bernard SIGAUD
Illustration de Jackie PATERNOSTER

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (207)
Dépôt légal : avril 2007, Achevé d'imprimer : avril 2007
480 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-221-10639-6
Format : 13,5 x 21,5 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Lorsque Alfie Flowers, un photographe, entrevoit un graffiti sur la vitrine d'un restaurant jamaïcain, il subit une secousse mentale et se souvient d'un épisode douloureux de son enfance.
     Après la mort de son grand-père, il avait exploré son bureau et découvert un rouleau de papier porteur d'un dessin énigmatique. Alfie s'était évanoui, et depuis il souffre d'une épilepsie mineure que rien n'a pu soigner.
     Quelles sont ces formes ? Des glyphes qui ont le pouvoir de fasciner et de contrôler les cerveaux humains ? Et d'où peut bien venir l'auteur du graffiti signé Morph ? Alfie part à sa recherche dans l'espoir de comprendre ce qui lui est arrivé dans son enfance, et peut-être de guérir.
     Mais il n'est pas le seul lancé à la poursuite de Morph. Car la puissance des glyphes suscite bien des convoitises du côté de services spéciaux comme du côté de certaines entreprises. Alfie Flowers, au péril de sa vie, devra aller chercher des réponses jusque dans le nord de l'Irak, là où son grand-père avait mené des recherches archéologiques, et sonder des rites plus anciens que l'Histoire.
 
     Par l'auteur des Diables blancs, un étonnant thriller qui mêle espionnage et science et introduit une idée encore jamais exploitée dans la science-fiction.
 
    Critiques    
     Selon la quatrième de couverture : Alfie « entrevoit un graffiti » et « subit une secousse mentale » ; il s'agit de « glyphes qui ont le pouvoir de fasciner et de contrôler les cerveaux humains » ; ces glyphes sont dessinés par un certain Morph et « Alfie part à sa recherche »...
     « Recherche Morph désespérément » : voilà qui résume assez bien l'intrigue. De rencontres en rencontres, Alfie et son ami Toby vont traquer Morph l'irakien tout au long de la première partie, où l'on apprendra essentiellement le terme « entoptique » (p.126) et l'origine chamanique des glyphes. Avec la seconde partie (p.291), inutile d'espérer passer à autre chose : on voyage en Asie Mineure, mais toujours à la recherche de Morph, qui se fera en fait désirer jusqu'à la page 407. Il nous apprendra que les glyphes ont le pouvoir de fasciner et de contrôler les cerveaux humains — ce qu'on savait donc depuis la quatrième de couverture... Il restera encore une cinquantaine de pages pour détruire la source des glyphes et avoir la « Paix » (au sens littéral).

     Paul McAuley connaît son métier d'écrivain et se montre suffisamment habile pour « meubler » agréablement ce « thriller » assez creux, sans doute l'un de ses romans les moins ambitieux. Le terme de thriller n'est d'ailleurs pas très adapté, car le rythme assez lent de l'intrigue l'apparente davantage à celle d'un roman d'espionnage qu'à ce qu'on appelle habituellement un thriller.
     En nous conduisant chez les jamaïcains de Londres, chez des irakiens dessinant des caricatures anti-américaines ou encore chez des kurdes, McAuley réussit à donner un vernis géopolitique à son intrigue. Mais ce vernis ne recouvre guère de discours ni de prises de position, ce qui fait de Glyphes une œuvre inoffensive qui ne risque guère de déranger.
     Enfin, si les « gentils » personnages sont traités avec talent, les « méchants » — à commencer par le psychiatre fou répondant au doux nom de Rölf Most — n'ont pas suffisamment de présence pour être vraiment inquiétants.

     Reste l' « idée encore jamais exploitée dans la science-fiction » annoncée. Les glyphes sont des dessins qui, associés à une drogue, provoquent des émotions ou peuvent « griller » l'esprit au point de vous transformer en low man, en quasi zombie. Bref, ils agissent comme une drogue, ce qui n'a finalement rien de bien nouveau ni de très palpitant, d'autant que McAuley ne pousse pas son idée et n'explore aucune des conséquences possibles de cette (re)découverte.

     Bref, Glyphes est un roman mineur, construit autour d'une seule idée également mineure. La lecture n'en est pas désagréable grâce aux grandes qualités d'écriture de McAuley, mais ce roman n'a rien qui puisse, à l'image des glyphes, « électriser » nos neurones.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 7/10/2007 nooSFere


     Alfie Flowers, photographe de seconde zone, ne sera jamais grand reporter comme son célèbre géniteur, blessé au Cambodge puis mort au Liban, Reflex au poing. Sans doute est-il plus falot. Mais surtout, depuis une étrange expérience dans le bureau de son grand-père, qui venait juste de mourir, il souffre d'une forme atypique d'épilepsie. Que s'est-il passé dans ce bureau ? Il semblerait qu'il y ait vu un dessin auquel il n'aurait jamais dû être exposé — la reproduction d'un glyphe découvert en Irak — et son cerveau a fait un terrible court-jus qui l'handicape encore des années plus tard.

     Alors qu'il se promène dans Londres, Alfie repère un nouveau glyphe, fait une crise d'épilepsie et se lance à la poursuite de l'auteur du dessin, un jeune graffiteur surdoué qui se fait appeler Morph et dont la famille serait originaire du Kurdistan irakien. Le problème, c'est que beaucoup de gens veulent retrouver Morph, notamment Harriet Crowley, liée au Nomad's club, sans oublier une bande de savants fous et de mercenaires ultra violents qui ont trempé dans une terrible tragédie à Lagos : le projet MindEye. Et qui ne sont pas à un ou dix meurtres près.

     C'est en Irak, évidemment, au cœur du territoire kurde, que tout ce petit monde finira par régler ses comptes.

     Paul J. McAuley est l'auteur de nombreuses nouvelles épatantes et d'une bonne quinzaine de romans. Citons Les Conjurés de Florence (critiqué dans Bifrost n°8), excellent ; Féerie (critiqué dans Bifrost n°12), brouillon pour certains, brûlot biopunk pyrotechnique pour d'autres ; Sable rouge, peu ou prou les sept mercenaires sur Mars, pas mal ; et enfin Les Diables blancs (critiqués dans Bifrost n°41), un must. Glyphes, son dernier roman traduit, et dont le fond est passionnant de bout en bout, souffre à mon humble avis d'une forme bâtarde, d'un déséquilibre patent : la première partie, londonienne (pp 11 à 288) est longuette, bavarde, pleine de redondances et de scènes d'exposition mollassonnes ; la seconde partie, turco-irakienne (pp 289 à 458) n'est pas assez développée alors qu'elle contient tout ce qu'on veut savoir, tout ce qu'on voulait voir, toute la tension nécessaire. Au-delà de cette réserve, nous avons là un bon thriller qui mêle espionnage à la John Le Carré (on n'est jamais très loin de La Constance du jardinier), archéologie (le Robert Holdstock des « Mythagos » se rappelle souvent à notre bon souvenir) et sciences de la vie (médecine, biologie, biochimie). Glyphes est aussi le livre d'un auteur engagé (à gauche toute !), qui affronte le « bourbier » irakien sans condescendance ni pathos mal placé, et qui se permet une fin apaisée qui contraste complètement avec l'épilepsie dont souffre le personnage principal, haut-mal moderne qui symbolise sans doute les dommages collatéraux d'un monde d'information continue où plus personne ne peut synthétiser le flot de nouvelles qui le bombarde matin, midi et soir.

     On conclura cette critique avec quelques mots choisis au sujet de l'épatante couverture de Jackie Paternoster, qui arrive à engendrer les effets secondaires des glyphes tels qu'ils sont décrits dans le livre : dix secondes d'exposition provoquent une certaine nausée et, passée la minute, c'est le mal de crâne assuré. Je me suis laissé dire qu'une exposition prolongée (deux ou trois jours, les paupières agrafées au front) pouvait transformer n'importe quel être de bon goût en low man (sorte de zombie obéissant, dont il est beaucoup question dans Glyphes) ; alors, surtout, ne tentez pas l'expérience chez vous, la vie est trop courte et ce nouveau roman de McAuley est certes trop long, mais pas à ce point.

Thomas DAY
Première parution : 1/7/2007 dans Bifrost 47
Mise en ligne le : 4/11/2008


 
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