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L'Homme programmé

Robert SILVERBERG

Titre original : The Second Trip, 1972

Traduction de Bruno MARTIN
Traduction révisée par Pierre-Paul DURASTANTI
Illustration de Damien VENZI

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 295
Dépôt légal : décembre 2007
320 pages, catégorie / prix : F8
ISBN : 978-2-07-032112-4   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   BÉLIAL', 2005
   in Voyage au bout de l'esprit, OMNIBUS, 1998
   OPTA, 1976, 1977
   POCKET, 1985

    Quatrième de couverture    
     Paul Macy sort juste du Centre de Réhabilitation. Bien sûr, il est encore un peu perturbé, mais très bientôt sa vie reprendra son cours normal. Un nouvel appartement, un nouveau travail l'attendent, et il ne lui faudra pas longtemps avant de se faire de nouveaux amis. Paul habite l'ancien corps de Nat Hamlin, un sculpteur de génie, mais aussi un violeur en série de la pire espèce. La personnalité, les souvenirs d'Hamlin ont été effacés de manière définitive pour faire place au passé créé de toutes pièces de Macy. La société peut désormais dormir sur ses deux oreilles. Mais quelle est donc cette voix que Paul entend de plus en plus souvent à l'intérieur de son crâne ?

     Roman de science-fiction sombre et violent, L'homme programmé fait écho à L'oreille interne, publié à la même époque. Une nouvelle preuve de l'immense talent de l'auteur.

     Né en 1935, Robert Silverberg a écrit, parmi une œuvre pléthorique, quelques-uns des plus grands chefs-d'œuvre de la science-fiction : Les monades urbaines, L'oreille interne, Les ailes de la nuit ou L'homme dans le labyrinthe appartiennent incontestablement au panthéon du genre.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition BÉLIAL', (2005)


     Monstre sacré de la S-F, Robert Silverberg fait partie de ces rares auteurs à avoir survécu à toutes les époques. Grand professionnel, du bouche-trou au chef-d'œuvre, il a toujours su livrer des textes dont l'intelligence et l'imagination ne sont pas les moindres des qualités. Reste qu'à l'instar d'un certain Philip K. Dick, Silverberg est un novelliste formidable, là où la plupart de ses romans sont souvent un peu longuets.

     Etonnante tentative littéraire de montrer la schizophrénie de l'intérieur, L'Homme programmé est un roman honnête et malin, mais qui n'échappe pas à la règle précédemment citée. Condensé en nouvelle, L'Homme programmé serait un vrai bijou, aussi inquiétant que bien vu. Hélas, Silverberg tire nettement à la ligne, se contentant de livrer un agréable roman de S-F. Mais ne boudons pas notre plaisir, la trame narrative du livre procurant de délicieuses sensations de malaise. Imaginez un monde tellement parfait qu'il en devient totalitaire. Dans cette société futuriste, les criminels ne sont ni exécutés, ni emprisonnés, mais bien réhabilités. De la pire manière qui soit : l'effacement pur et simple de personnalité, la construction totale d'une nouvelle identité et, au final, le retour à la vie normale. Sans vice, sans pulsions morbides, sans problème. La vraie liberté. Pour Paul Macy, une nouvelle vie commence. Anciennement Nat Hamlin, sculpteur de génie condamné à l'effacement pour de nombreuses exactions, le voilà réintégré au monde professionnel et citoyen. Un travail, une nouvelle personnalité, tout s'arrange. Mais quand Paul Macy bute littéralement sur une ex de Nat Hamlin, dépressive et manifestement toujours amoureuse de celui qu'il n'est plus, les choses ne sont plus aussi lisses. Titillé par une petite voix intérieure qui pourrait bien être celle de Nat Hamlin, Paul Macy devient peu à peu schizophrène, seul face à un terrible démon, lui-même. Et comme la médecine ne fait jamais d'erreurs, la sinistre présence de Nat Hamlin est évidemment impossible. Quant à la voix intérieure, elle croît de jour en jour. Il se pourrait même qu'elle réussisse un jour à contrôler Paul Macy...

     Principalement axé autour des excellents dialogues entre Paul Macy et Nat Hamlin, L'Homme programmé part d'une idée formidable et l'habille d'un décorum très seventies aujourd'hui daté. Liberté sexuelle, communautarisme, usage de drogues comme moyens de perceptions extrasensorielles, autant de notions à la mode dans les années 70, mais désuètes en ce début de XXIe siècle. Reste que le roman y gagne un charme certain, malgré le côté parfois ridicule des situations hommes/femmes.

     Au final, L'Homme programmé est l'incarnation idéale d'une angoisse très répandue en S-F : l'invasion psychologique et la perte de contrôle qui s'ensuit. De l'extraterrestre à l'affreux communiste, de nombreux romans se sont penchés sur la question. Robert Silverberg pousse le principe plus loin en plaçant son personnage face à lui-même. Diaboliquement simple et terriblement efficace. On l'a dit, L'Homme programmé n'est pas exempt de longueurs, mais les idées qui y sont développées valent largement le détour. A lire.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/10/2005
dans Bifrost 40
Mise en ligne le : 18/11/2006


 

Edition BÉLIAL', (2005)


     Au début des seventies, la carrière de Silverberg s'infléchit brutalement. Il rompt avec les postulats SF de ses prédécesseurs et donne à ses récits des teintes nettement introspectives. Remise en cause personnelle, période de doute intense, c'est aussi pour lui l'occasion de livrer la meilleure part de son œuvre d'écrivain. L'Homme programmé marque une série de romans qui se traduisent tous par un schème récurrent : la quête intérieure. Au cas particulier, la quête de soi passe d'abord par une crise, une dislocation de la psyché. Car si le héros semble effroyablement normal, il n'en demeure pas moins une fiction sociale, fabriquée pour occuper l'esprit oblitéré d'un autre. Dans une Amérique policée à l'extrême, le crime n'est plus une tendance à réprimer, mais une inclinaison pathologique qu'on se doit de soigner (PO-SI-TI-VEZ). Quand le crime dépasse la mesure et que la guérison s'avère impossible, on formate la personnalité du criminel, ne laissant de son esprit qu'un disque vierge, qu'il va falloir remplir de nouveau.

     C'est ce qui est arrivé à Nat Hamlin, artiste génial et violeur compulsif. Ainsi, patiemment, fut inventé Paul Macy. Son enfance, ses premiers boutons d'acné, ses premières branlettes, joies, douleurs, hontes et secrets. Toute l'illusion d'une vie. Pour le monde, Nat Hamlin n'existe plus. Ne reste que Paul, à la banalité effroyable. Paul, le citoyen modèle. Qui bosse à la TV. Qui est heureux. Il sera heureux jusqu'à la fin. Le lifting ne craquera pas, c'est du garanti à vie. Et puis... Une rencontre malheureuse fait réapparaître en lui une voix enfouie qui se met à lui parler, qui tente de reprendre le contrôle d'un corps dont on l'a dépossédé. Le monde de Paul vole doucement en éclats. Parfaite métaphore de l'écrivain, homme qui voit double, qui détruit pour mieux reconstruire.

     Comme dans Dr Jekyll et Mr Hyde, dont il s'inspire évidemment, toute l'intrigue tient sur les joutes (ici verbales) que se livrent deux personnalités attachées au même être. Cette fois, le héros est un artiste, un homme d'exception. Un génie lumineux, qui se nourrit de sa part d'ombre. Le propos du roman n'est donc ni la schizophrénie ni le dédoublement de personnalité, mais la division au cœur de l'être, la dualité. L'homme ne peut s'accomplir que s'il est divisé. Le pire doit cohabiter avec le meilleur, toute tentative pour faire oublier au monde cette part d'ombre, et, du même coup, l'oublier soi-même, ne peut être que vain. Et destructeur.

     L'Homme programmé est une violente psychanalyse d'un auteur en route vers les sommets. On en ressort épuisé, fasciné, vaguement inquiet, c'est le propre des confessions intimes. Silverberg ne fait rien pour rendre Hamlin sympathique. À aucun moment il ne craint d'exposer ses excès. Il assène son propos au marteau-piqueur : brutalement, sans fard, de manière provocante. Cette noirceur délibérée, conjuguée avec la maladie mentale du protagoniste, accentue la dureté du roman. Mais le Silverberg de l'époque semble encore avancer à tâtons. L'introspection manque de tripes. La réflexion sur la place du criminel dans la société laisse un goût d'inachevé. L'écriture se cherche (les scènes de joutes mentales ne sont pas toujours bien rendues), le lecteur cherche les personnages, il y a parfois entre eux un abîme de distance. De fait, au regard des « martyrs » et des méchants d'aujourd'hui, Macy et Hamlin paraissent bien falots... Est-ce un défaut ? Enfin, quelques détails savoureux (décors, traitement des relations entre les sexes) achèvent de replacer le texte dans le contexte des années 70. Un roman daté donc, mais pas désuet. Et en tout cas annonciateur du meilleur.

Sam LERMITE
Première parution : 1/10/2005
dans Galaxies 38
Mise en ligne le : 30/1/2009


 

Edition BÉLIAL', (2008)


     Paul Macy est fier de sa banalité retrouvée. Il sort tout juste de traitement, et tout va bien. Tout va mieux en fait. Sa normalité va le réinsérer dans le flot de la société. Certainement pas par la grande porte, mais qu'importe. Parce qu'on le lui a dit, il sait qu'il a fait quelque chose de mal, qu'il a payé et gagné son retour parmi les hommes, et cela suffit à Paul Macy.

     Sauf que Paul Macy n'existe pas. Il est une fiction. Une punition. Naguère, ce corps abritait l'esprit de Nat Hamlin, artiste surdoué — génial en fait — , mais aussi violeur récidiviste à la cruauté malsaine. Crimes au-delà de toute rédemption dans cette société policée et progressiste où l'on ne guérit plus le mal par le mal. Nat Hamlin s'est vu condamné à l'oblitération. Son esprit a été décapé, passé à la chaux pour ne plus être qu'une toile vierge sur laquelle, patiemment, on a inscrit la personnalité artificielle de Paul Macy On lui a inventé un passé, une enfance, des peines de cœur et des envies d'avenir. Dispositif radical, mais qui a fait ses preuves. En tirant la chasse sur Nat Hamlin, on a englouti ses perversions et ses pulsions. Adieu donc Nat Hamlin, et bienvenue à toi Paul Macy Une longue vie t'attend.

     Sauf que le lifting va craquer, et que très vite, Hamlin va refaire surface et faire valoir ses droits sur ce corps dont on l'a exproprié. Insuffisamment armé pour résister à cette lame de fond, le falot Macy va peu à peu sombrer dans la schizophrénie. C'est un thème cher à Silverberg, qui y voit la quintessence du conflit dans la narration, condensé sur un seul personnage. On le retrouve sous des traitements variés dans nombre de ses nouvelles, comme les excellentes « Maison des doubles esprits », « Multiples » ou l'incontournable « Passagers ». Et il va jouer ici de ce conflit de la manière la plus littérale qui soit. Hamlin et Macy vont s'affronter dans ce corps qu'ils partagent, le premier tentant de réémerger des abysses et le second cherchant à s'incarner au-delà d'une vie qu'il sait fictive. Une série de dialogues souvent réussis qui font beaucoup pour le charme de ce roman souvent considéré comme mineur, mais dont le principal intérêt ne réside pas là.

     Ecrit en 1971, L'Homme programmé ouvre la série de romans largement introspectifs (suivront Le Livre des crânes, Le Temps des changements, L'Oreille interne et, dans une moindre mesure, Le Maître du hasard), qui constitue sans doute la partie la plus intéressante de l'œuvre de Robert Silverberg. La lecture du paratexte de ses Nouvelles au fil du temps nous renseigne assez bien sur son état d'esprit à cette époque. Alors qu'il aspire à une écriture plus ambitieuse, il s'aperçoit que le prix à payer est la perte de son invraisemblable facilité d'écriture, corollaire de cette innocence relative qui lui avait permis de vivre confortablement de sa plume. Un constat qui l'amène à s'interroger profondément sur sa condition d'auteur et d'artiste. Une partie de ses questionnements se retrouve projetée sur le personnage ambigu de Nat Hamlin, génie lumineux, mais homme profondément mauvais.

     Silverberg, par le biais du candide Macy cherche à comprendre comment la beauté, dans laquelle il précipite l'essence même de l'art, peut surgir de la noirceur. Comment l'homme, si imparfait, si facilement victime de ses plus basses pulsions, peut-il dans son art tendre vers la perfection ? Dilemme moral très juif au fond, pour un auteur qui a toujours pris soin de se distancier de sa judéité. Position d'autant plus paradoxale que la réponse qu'il y apporte est d'un fatalisme que n'aurait pas renié un rabbin. La beauté porte en elle sa part d'ombre, et tout créateur doit assumer la sienne, s'il veut espérer la toucher du doigt. Il est intéressant aussi de constater que c'est alors même qu'il est à l'apogée de son talent, que Silverberg se remet le plus violemment en question.

     Ce qui en fait clairement un écrivain du doute. Une attitude qui n'est certes pas inédite, et nombre de ses prédécesseurs ont dû en passer par là, mais c'est en tout cas la première fois qu'un auteur de S-F l'intègre si étroitement à son récit. Il le refera d'ailleurs, mais rarement avec autant de noirceur et de crudité.

     Crudité qui va jusqu'à un abus de scènes sexuelles qui font beaucoup pour la mauvaise réputation du roman. Cruellement datées, elles sonnent par ailleurs étrangement faux. Bien loin des perforations authentiquement dérangeantes d'un Ballard, Silverberg reste même dans ce domaine (surtout dans ce domaine), un auteur bourgeois. Le parfum gentiment transgressif de ses scènes de sexe ressemble à une partouze giscardienne de 1974 filmée en super-8. Sans le ténébreux personnage de Nath Hamlin, le roman aurait, il est vrai, bien peu d'intérêt. Fascinant, dangereux et hanté, Silverberg nous l'offre sans compassion comme parangon du génie artistique. Etre dual, son nom nous renvoie sans équivoque au conte du Joueur de flûte de Hamelin, tout d'abord sauveur de la ville, puis bourreau de tous ses enfants. Robert Silverberg résume ainsi la condition d'artiste : celle d'un salaud magnifique. Magnifique par sa création, salaud parce qu'il a dû regarder au fin fond de lui-même avec assez d'honnêteté pour transcender sa part d'ombre.

     L'Homme programmé mérite l'effort de passer au-delà de ses aspects les plus anodins. Il demeure l'un des romans les plus lucides sur la création artistique, un regard fort et dénué d'autocomplaisance.

Éric HOLSTEIN
Première parution : 1/1/2008
dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 20/7/2009


 

Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1985)


     L'homme Programmé, initialement paru aux éditions Opta (coll. Nebula, n°13) pose d'emblée une grave question : méritait-il d'être réédité ? Pas vraiment, à vrai dire, contrairement à la plupart des rééditions intelligentes offertes par Presses Pocket. Voici en effet un roman mineur, d'une lenteur insupportable, d'un ennui prodigieux et d'une longueur que rien ne justifie. Une berceuse, quoi !
     La lutte entre Nat Hamelin (psychosculpteur et psychopate notoires condamné à être effacé de son corps) et Paul Macy (personnalité reconstruite dans l'enveloppe corporelle de Hamlin, dotée de faux souvenirs mais d'un avenir réel) traîne sur près de deux cent cinquante pages sans jamais révéler la moindre pépite d'or. Les discussions diverses qui opposent ces deux personnages sont stériles ; rien n'en jaillit. En outre, les effets « spéciaux »-et « cérébraux » ne sont guère crédibles.
     Pour essayer de colorer un peu ce barbouillage en noir et blanc, Silverberg fait appel au sexe. Alors, c'est le martèlement des gros testicules. Une bite apparaît toutes les dix pages, gare !, souvent dressée presque jamais molle. Et causons de viols, mes enfants, rentré-dedans-dehors des familles, par devant et par derrière. Enfin, la lassitude ne tarde pas à s'imposer. Oh, la belle bleue...
     Quant à l'évaluation des qualités de la femme dans le roman, elle est bourrée de méchancetés et pleine de dégâts. De quoi ulcérer une féministe, ou peut-être la faire vomir. Car ici, une femme est un con. Non, pas une conne, un con.
     Il est vraiment dommage que le seul véritable intérêt du roman, la psychosculpture, soit à peine effleuré au profit d'un savant diluage et d'une intrigue qui s'éternise.
     Il faut oublier bien vite ce livre qui copule dans la choucroute et cette écriture phalluscinante...

Éric SANVOISIN
Première parution : 1/7/1985
dans Fiction 364
Mise en ligne le : 2/5/2005


 

Edition OPTA, Nebula (1977)


 
     Treizième et provisoirement dernier-né de Nebula qui parait devoir redémarrer à la fin du premier semestre 77, L'homme programmé, disons-le tout net, n'est pas un chef-d'œuvre. Le thème, d'abord, n'est pas nouveau : c'est celui du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde à peine rehaussé par une sauce spéculative. Le premier tiers du livre, nerveux, incisif (ce qui n'exclut pas, hélas ! les tics d'écriture), peut encore laisser place au doute, mais l'illusion ne tient guère plus : enfermé, probablement par paresse, dans le catalogue des stéréotypes d'une sf déjà surannée (celle des sixties). Silverberg ne nous livre aucune de ces digressions poético-philosophico-psychologiques qui ont, pour une bonne part, assis sa célébrité et se contente de tirer à la ligne, nous amenant sans surprise vers un happy end dégoulinant de bons sentiments. La seule chose qui étonnera peut-être le lecteur sera de trouver dans ce roman un plaidoyer implicite en faveur de la peine de mort...

Dominique DOUAY
Première parution : 1/3/1977
dans Fiction 278
Mise en ligne le : 10/12/2017




 

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