Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
L'Ombre de l'Hégémon

Orson Scott CARD

Titre original : Shadow of the Hegemon, 2000

Cycle : Ender - La Saga des Ombres  vol.

Traduction de Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
Illustration de Emmanuel GORINSTEIN

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2007 - ) n° 8540
Dépôt légal : décembre 2007
448 pages, catégorie / prix : 8,40 €
ISBN : 978-2-290-00714-3   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Après la victoire qui couronne La stratégie Ender comme La stratégie de l'ombre, les petits génies de l'Ecole de guerre sont devenus des héros. Alors qu'Ender a pris la route d'une lointaine planète, Bean et les autres sont renvoyés chez eux, où ils doivent reprendre une existence qu'ils ont quittée dix ans plus tôt. Pourtant, quelqu'un s'inquiète de leur sécurité : Peter Wiggin, le frère d'Ender, a le pressentiment que tous courent un grand danger. Un à un, les compagnons d'Ender disparaissent, tués ou kidnappés. Seul Bean parvient à en réchapper et à identifier la menace surgie de son passé qui pèse, il le sait, sur l'humanité tout entière. Alors même qu'il sort de l'ombre d'Ender, Bean va devoir se plonger dans celle, bien plus dangereuse, de l'Hégémon...

     Orson Scott Card
     est né en 1951. De confession mormone, il s'attache à défendre une science-fiction initiatique et humaniste. La saga des ombres fait suite au Cycle d'Ender, que d'aucuns considèrent comme le chef-d'œuvre de cet auteur contemporain majeur, mais peut se lire indépendamment.

     « Card est immensément populaire... Voici un de ses meilleurs romans. »
Publisher's Weekly
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2002)


     À la stupéfaction quasi-générale, Orson Scott Card avait réussi, voici trois ans, à relever avec bonheur la gageure consistant à réécrire Ender's Game (La Stratégie Ender, J'ai lu) d'un point de vue différent, et à produire avec ce roman “ parallèle ” ce qui reste probablement son chef d'œuvre à ce jour, Ender's Shadow (La Stratégie de l'ombre, L'Atalante). L'Ombre de l'Hégémon (en v.o. Shadow of the Hegemon, publié en 2000) est le second volet de ce qui est désormais appelé à devenir une tétralogie, et poursuit l'histoire de Bean, le génial lieutenant d'Ender.

     Après la victoire contre les Doryphores, la Terre glisse doucement vers une conflagration globale dont l'enjeu n'est autre que la domination de la planète (“ l'hégémonie ” !). C'est sur cette toile de fond que les anciens compagnons d'Ender, armes stratégiques décisives, sont enlevés. Sur ces rapts plane le spectre d'Achille, l'enfant psychopathe radié de la F.I. (et échappé de l'hôpital psychiâtrique où on l'avait enfermé), qui semble de prime abord tirer les ficelles d'une grande puissance (la Russie). Qui pourra l'arrêter ? Petra ? Bean ? Peter Wiggin ? La guerre éclate finalement en Asie du sud-est, mettant en action les premiers rouages d'une énorme machination...

     Card n'a plus besoin de prouver ses talents de conteur, et le lecteur est ici à nouveau entraîné dans une aventure à rebondissements, riche en suspense, menée à un rythme entièrement maîtrisé. Malheureusement, la trame de La Stratégie de l'ombre quitte ici les dimensions les plus cosmiques pour s'installer dans le récit militaire pur et dur, à fortes connotations politiques de surcroît. Et l'auteur accumule en ce sens les prises de position qui pourront gêner — voire franchement révolter — le lecteur soucieux de crédibilité... sans même parler d'éthique ou de vision géopolitique...

     En effet, supposer un arrangement entre l'Inde et le Pakistan sans jamais soulever la question du Cachemire est un exercice de style dont on se passerait volontiers ; disserter sur un conflit international asiatique sans imaginer la moindre réaction du reste du monde a de quoi laisser au minimum sceptique ; orchestrer des manœuvres armées au XXIIIe siècle comme s'ils s'agissait de mouvements des troupes napoléoniennes peut, dans le meilleur des cas, faire sourire ; raconter l'invasion de la Birmanie sans prêter la moindre réaction à ses dirigeants relève de l'ingénuité la plus désarmante. De plus, les portraits des peuples belligérants sont plus souvent que nécessaire brossés au lance-pierres : les Russes sont tous nationalistes, les Thaïs sont tous éclairés, etc. Et que dire du Népal ou de la Malaisie, qui semblent simplement rayés des cartes dans ce futur pourtant pas si lointain ?...

     Le plus gros problème du roman se trouve certainement là : par bien des côtés, le monde semble ne pas avoir évolué du tout, et bien des péripéties qui seraient à la rigueur crédibles au début du XXIe siècle (voire au milieu du XXe, si ce n'est avant) ne tiennent pas la route à l'horizon indiqué. Pire, d'autres éléments, certes plus épars et surtout “ en creux ”, semblent indiquer au contraire des transformations radicales. L'envie nous prend d'exiger de l'auteur une chronologie intermédiaire, qui expliquerait comment on a pu en arriver à tous ces paradoxes (car même en imaginant les détours les plus tortueux, impossible de ne pas se rendre compte des innombrables contradictions de cette abracadabrantesque histoire du futur). On s'en fiche, direz-vous ? Non pas : les ambitions de l'auteur (en remontrer au lecteur en matière de géopolitique actuelle) sont tellement évidentes qu'il est impossible de l'exonérer de telles carences. Card semble jouer avec la carte du monde comme tout un chacun pourrait le faire avec un (mauvais) tableau abstrait, et sa représentation des relations internationales et des pratiques de la diplomatie est pour le moins folklorique...

     On signalera en outre que les convictions religieuses de l'auteur, ici très affichées, s'installent assez mal au milieu d'un récit qui reste en tout point superficiel. Au final, on obtient un roman tenu à bout de bras par la maestria littéraire de Card, bien insuffisante cependant pour en masquer les énormes lacunes. C'est un bon livre, bien écrit, qui devrait intéresser Hollywood, et qui sonne aussi creux que ses ambitions étaient profondes.


Xavier Noÿ & Bruno della Chiesa

Xavier NOY
Première parution : 1/12/2002
dans Galaxies 27
Mise en ligne le : 2/9/2004




 

Dans la nooSFere : 62614 livres, 58821 photos de couvertures, 57103 quatrièmes.
7958 critiques, 34338 intervenant·e·s, 1333 photographies, 3654 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.