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La Sagesse des Morts

Rodolfo MARTINEZ


Traduction de Jacques FUENTEALBA
Illustration de Benjamin CARRÉ

MNÉMOS , coll. Dédales n° (3)
Dépôt légal : janvier 2010
Recueil de nouvelles, 288 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-35408-062-4   
Genre : Fantastique

En page de titre, ce roman porte le titre "Sherlock Holmes et la Sagesse des Morts".



    Quatrième de couverture    
« Je l'ai souvent dit, Watson,
quand I'impossible a été éliminé, ce qui reste,
aussi improbable que cela soit, est pourtant Ia vérité.
Mais qu'arrive-t-il quand vous ne
pouvez pas éliminer l'impossible ? »

     Et si toutes les histoires de Sherlock Holmes ne vous avaient pas été révélées ? Rodolfo Martinez a-t-il retrouvé les manuscrits perdus du bon docteur Watson, où l'on découvre le monde fantastique — celui de Lovecraft, celui de Van Helsing — bousculant à plaisir l'esprit cartésien du 221 B Baker Street ?
     Quand le plus célèbre des détectives britanniques se met en chasse du fameux Al Azif, le Necronomicon de toutes les peurs cachées, pour épargner au monde les sombres dessins d'une secte américaine, il nous entraîne à le suivre jusqu'aux portes de l'enfer.
     La Sagesse des Morts est un de ces bonheurs qui mêlent hommage et aventure, où l'humour affleure sous les sombres menaces et où le respect dû à l'œuvre originelle n'empêche pas l'auteur de nous perdre à plaisir sur des chemins de traverse.

     RODOLFO MARTINEZ
     Né en 1965, Rodolfo Martinez est Asturien. Membre du Club des Mendiants Amateurs, son œuvre mêlant fantastique, science-fiction et littérature générale a été récompensée par de nombreux prix en Espagne, où il est considéré comme l'un des chefs de file de la nouvelle vague des écrivains de l'imaginaire. Après plusieurs nouvelles publiées en revues et en anthologies, voici enfin son plus célèbre roman traduit en français.

    Sommaire    
1 - La Sagesse des Morts (La sabiduria de los muertos), pages 5 à 177, Roman, trad. Jacques FUENTEALBA
2 - Depuis la terre au-delà de la forêt, pages 179 à 241, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
3 - L'Aventure du faux assassin, pages 243 à 270, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
4 - Quelques notes sur la traduction hispanique du texte original, pages 271 à 274, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
5 - Chronologies et référents, pages 275 à 278, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
6 - L'Aventure de la date erronée, pages 279 à 284, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
7 - Deux versions et une réparation, pages 285 à 287, Nouvelle, trad. Jacques FUENTEALBA
 
    Critiques    
     Rodolfo Martinez est un des auteurs les plus importants de science-fiction et de fantastique espagnols (il suffit pour s’en convaincre de consulter les récompenses glanées au fil des ans), mais il n’avait été jusqu’à présent traduit que parcimonieusement : quelques nouvelles ici et là en revue ou en anthologie. La sagesse des morts, prix Asturias 1995 vient donc combler ce manque ; le roman est ici complété de deux nouvelles.
     Tout part d’un postulat de fan : et si Sherlock Holmes rencontrait Lovecraft ? Le détective de Baker Street croise un jour la route de Sigerson, un explorateur norvégien, venu tenir une conférence à Londres. Or, Siverson n’est autre que la couverture endossée par Holmes durant 3 ans, entre sa disparition dans les chutes du Reichenbach en 1891 et sa réapparition en 1894 ! On comprend que cela titille sa curiosité, tout comme la présence aux côtés de Siverson d’occultistes renommés. Il ne se doute pas encore que cela va l’emmener vers des révélations encore plus étonnantes, où il sera question de Lovecraft, de livre maudit, de la Golden Dawn d’Aleister Crowley et d’autres choses encore...
     Fan de la plus pure espèce, Rodolfo Martinez parvient ici à retrouver le ton des aventures de Holmes et Watson. Il connaît très clairement ses classiques, a décortiqué les aventures du détective pour voir comment elles fonctionnaient. Il s’essaye au pastiche avec un plaisir communicatif pour le lecteur, parsemant son roman de prolongations de l’œuvre de Conan Doyle (sur la vie sentimentale de Watson, par exemple) et références à des aventures – certaines déjà narrées par Doyle, d’autres inédites – dans la plus pure tradition holmésienne. Et, lorsque Lovecraft entre en scène, on se dit que Martinez a aussi bien assimilé la thématique de l’auteur de Providence. Mais surtout, l’intelligence de l’auteur tient dans la manière avec laquelle il a su marier les deux univers et les rendre cohérents en évitant toute juxtaposition gratuite. L’ancrage dans le monde réel (avec l’utilisation de personnages ayant existé, comme Doyle ou Crowley) vient parfaire cet assemblage. Le rythme enlevé, les facultés de raisonnement d’Holmes à leur sommet d’efficacité, les clins d’œil référentiels de l’auteur, tout cela concourt à faire de « La sagesse des morts » une lecture très agréable, sans doute pas inoubliable, mais diantrement sympathique.
     On n’en dira pas autant du deuxième texte, « Depuis la terre au-delà de la forêt », où Holmes est confronté à une autre figure du fantastique, à savoir Dracula. Ce que l’auteur avait réussi auparavant, il le rate ici : les deux univers ne semblent à aucun moment s’entremêler de manière homogène (c’est sans doute en partie lié au mode d’écriture de la nouvelle, mélange de narration de Watson et d’extraits du journal intime du docteur Seward), rythme défaillant, et surtout aucune énigme un tant soit peu digne de ce nom à soumettre à la sagacité du détective. Au final, un récit qui ne dépasse jamais son postulat de base.
     Le dernier texte, « L’aventure du faux assassin », est quant à lui plus satisfaisant, et s’inscrit parfaitement dans les canons holmésiens. Il ne s’agit toutefois pas d’un récit fantastique, et reste au stade de simple pastiche comme il doit y en avoir des tonnes.
     Un dernier mot sur la traduction, semble-t-il faite dans l’urgence : malgré une réelle volonté de coller au style des précédentes aventures de Holmes en Français, elle s’égare régulièrement dans des accords de temps douteux et des phrases mal équilibrées, et souffre d’un important nombre de coquilles (ce qui est malheureusement régulièrement le cas chez Mnémos).
     Malgré ces réserves, on conseillera ce livre – essentiellement pour le seul roman éponyme – aux amateurs de Sherlock Holmes, à ceux de Lovecraft, et à tous ceux qui ont envie de découvrir une voix sympathique de la SF espagnole. En espérant la relire dans un cadre un peu plus original qu’un pastiche holmésien, aussi réussi soit-il...

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 8/3/2010 nooSFere


 
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