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Le Passage

Justin CRONIN

Titre original : The Passage, 2010

Cycle : Le Passage vol. 1 

Traduction de Dominique HAAS

Robert LAFFONT (Paris, France)
Dépôt légal : mars 2011
Roman, 976 pages, catégorie / prix : 22,90 €
ISBN : 978-2-221-11113-0   
Genre : Science-Fiction

Couverture : design de Belina Huey, illustration de Tom Hallman, d'après photo (c) Ben Stockley / Gallery Stock.



    Quatrième de couverture    
Avant de devenir la Fille de Nulle Part -
celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule,
et qui vécut mille ans -, ce n'était qu'une petite fille appelée Amy ;
Amy Harper Bellafonte, née dans l'Iowa.

     Années 2010. Dans la jungle bolivienne, un commando de l'armée américaine traque les membres d'une expédition atteints d'un mystérieux virus... Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de participer, en compagnie de onze autres prisonniers, à une expérience scientifique ultrasecrète.
     Près d'un siècle plus tard. Une communauté a réchappé à l'apocalypse causée par l'invasion dévastatrice de mutants qui ont plongé le monde dans le chaos. Un jour, une jeune fille silencieuse et énigmatique se présente à la porte de la Colonie. Elle paraît à peine quatorze ans, mais elle en a plus de cent...

     Justin Cronin livre ici le premier volume d'une trilogie monumentale. Sur fond d'Amérique en ruines envahie par des monstres à glacer le sang, Le Passage est à la fois un conte épique, un thriller métaphysique et un roman fantastique à couper le souffle, salué par la critique et le public dès sa parution.

« Lisez les quinze premières pages et vous serez accro.
Lisez les trente suivantes et vous vous retrouverez au beau milieu
de la nuit, plongé dans votre lecture.
Lisez ce livre et le monde réel disparaîtra. »
Stephen King

     Né en 1962, Justin Cronin a fait ses études à l'université de Harvard. Il est notamment l'auteur de Huit saisons (Mercure de France, 2003), couronné par le prestigieux prix Pen-Hemingway. Un jour qu'il lui demandait quel livre elle aimerait lire, la jeune Iris Cronin répondit à son père : « L'histoire d'une fille qui sauve le monde. » Ainsi naquit l'intrigue du Passage.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
The Passage , 2019, Liz Heldens (Série)
 
    Critiques    
     Dans un futur très proche, l'armée américaine entreprend une expérience visant à créer des super-soldats à partir de condamnés à mort. Malheureusement, la manipulation tourne mal et transforme les hommes en créatures ultra-puissantes qui finissent par s'échapper pour semer la terreur... Un siècle plus tard, alors que l'Amérique est envahie par ces monstres, une communauté a réussi à survivre tant bien que mal en se repliant sur une zone protégée où la lumière, qui repousse les jets — ainsi nommés parce qu'ils se jettent sur vous — , ne s'arrête jamais. Pourtant, certains des membres de la communauté sentent que quelque chose est en train de se passer, et que les événements à venir sont intimement liés à l'arrivée d'une adolescente, une jeune fille qui est bien plus que ce qu'elle paraît...

     Même s'il est très largement coutumier du fait, ce n'est pas un hasard que Stephen King se soit fendu d'un commentaire sur ce livre en quatrième de couverture. En effet, Justin Cronin, écrivain américain né en 1962 et déjà remarqué pour ses deux précédents romans, chasse ici ouvertement sur les terres de l'écrivain de Bangor. Certes, l'histoire ressemble beaucoup à l'intrigue du Fléau : un mal implacable qui s'abat sur les Etats-Unis, initié par l'armée, une communauté qui tente de résister à son essor imparable, des pouvoirs surnaturels... Mais, plus encore, c'est le traitement qui reprend des caractéristiques évidentes de l'œuvre de King : on parlera bien sûr de l'ampleur du livre, près de 1000 pages (et encore, ce n'est que le premier tome d'une trilogie !), mais aussi et surtout du professionnalisme de Cronin, ce que les Américains appellent l'art du storytelling. Ce livre est en effet conçu comme un page turner, un roman qui vous happe instantanément par son rythme, ses personnages, sa fluidité... Malgré sa taille, il se lit en effet très vite et très bien — vous ne mettrez pas nécessairement beaucoup plus de temps que pour lire un volume deux à trois fois moins épais. Cet aspect hautement immersif est du reste également intéressant pour l'auteur, parce qu'il lui permet de ne pas avoir à s'attarder sur certains points faibles de l'intrigue, comme par exemple la prolifération, un siècle plus tard, des mutants, dont on se demande bien comment ils ont fait pour survivre vu la raréfaction des « ressources »... Reste toutefois que l'auteur, fort d'un professionnalisme à toute épreuve, gère globalement très bien la cohérence dans la trajectoire particulière des protagonistes. On en vient là à l'autre point fort du roman, et à une nouvelle similitude avec King : la characterization, ou l'art de camper des personnages vraiment crédibles, humains, avec leurs failles, leurs actes de bravoure, leurs peurs et leurs espoirs... Il faut reconnaître à Cronin un talent évident pour nous faire sentir le moindre des sentiments, les doutes et les certitudes de très nombreux intervenants, qu'ils soient soldats, nonnes, électricien, gardien, mère ou même mutant. Impossible de ne pas ressentir de l'empathie pour l'un ou l'autre, voire de s'identifier avec eux. Et ce même si parfois cette characterization montre ses limites : quand elle est trop poussée, quand le background du personnage est trop étoffé et ne contient plus la part d'ombre suffisante, le lecteur commence à discerner les ficelles (les câbles ?) psychologiques qui soutiennent l'architecture de l'ensemble.

     Le Passage se révèle ainsi un ouvrage archétypal d'une certaine conception de la littérature en tant que modèle d'efficacité, modèle que King, et avec lui nombre d'auteurs américains, a déjà révélé à maintes reprises. Même si l'on sent poindre épisodiquement le métier de l'écrivain, et de fait ça et là un peu moins son cœur et sa sincérité, nul doute que ce fort volume, ainsi que le film hollywoodien qui en sera très vraisemblablement tiré, saura conquérir un large public avide de lecture prenante. Qui s'en plaindra ?

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/7/2011 dans Bifrost 63
Mise en ligne le : 8/2/2013


 
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