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La Porte perdue

Orson Scott CARD

Titre original : The Lost Gate, 2011
Première parution : Tor, 2011

Cycle : Les Mages de Westil vol. 1 

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de GESS

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (290)
Dépôt légal : octobre 2011
Roman, 416 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 978-2-84172-560-1   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Cet adolescent peut ouvrir la
porte du royaume des dieux,
mais les dieux veulent sa mort.

     Les dieux sont parmi nous : venus autrefois d’un monde nommé Westil, ils ont modelé l'histoire des hommes. Mais en l’an 632 Loki a fermé toutes les portes magiques vers Westil, les privant en grande partie de leurs pouvoirs. Aujourd’hui, les North – la Famille des dieux norrois – vivent cachés dans la campagne américaine.
     Or voici que Danny North, treize ans, que l’on croyait dénué de pouvoirs, découvre qu'il est un portemage, un créateur de portes. Problème : toutes les Familles ont fait serment d’éliminer ses pareils afin de préserver un fragile équilibre. Danny n’a d’autre choix que de fuir sur les routes américaines. Obligé d’apprendre seul à maîtriser son pouvoir, il va se découvrir des alliés inattendus.
     Et pendant ce temps, sur Westil, apparaît un garçon énigmatique, lui aussi doué du talent d’ouvrir des portes.
     La Porte perdue inaugure le nouveau cycle des « Mages de Westil ».
 
    Critiques    
 
     Danny North, jeune américain de treize ans, est élevée dans un village dont chaque habitant possède un pouvoir magique : certains commandent aux plantes, d’autres au vent, d’autres encore à la pierre... Mais Danny est inquiet : il semble être sans pouvoir. Car le clan North, comme les autres clans de magiciens, doit normalement se débarrasser de ses membres impuissants. Jusqu’au jour où, lors de la visite d’un clan grec, il découvre qu’il peut ouvrir des portes permettant de se téléporter instantanément. Et les ouvreurs de portes, suite aux malversations de Loki, un ancêtre North qui a abusé de ses talents, doivent être systématiquement éliminés. Danny quitte donc son village précipitamment et se retrouve seul et sans argent au milieu des gens normaux, dans les États-Unis d’aujourd’hui.

     Voila donc le retour d’Orson Scott Card à la fantasy avec une nouvelle série. Ses dernières parutions francaises usaient jusqu’à la corde d’anciennes œuvres (Bean spin off d’Ender, un sixième tome d’Alvin peu convaincant ou Trahison, réécriture d’un vieux roman) et il fallait remonter d’une dizaine d’années et à Enchantement pour trouver une histoire vraiment originale. Autant dire que c’est avec une curiosité mêlée de crainte que j’ai ouvert ce livre. Rassurons tout de suite les fans de l’auteur : il s’en tire honorablement.

     Démarrant sur une base ultra-classique de Card : récit d’apprentissage avec un adolescent découvrant ses talents cachés, la porte perdue montre que l’écrivain est toujours aussi à l’aise pour dépeindre un enfant. De même pour la mise en place d’un univers original : aussi bien l’histoire de Westil et de sa fermeture par Loki que le système de magie portent la marque d’un véritable créateur. En revanche, l’auteur peine plus avec ses personnages adultes qui tombent facilement dans la caricature (sa « tante » VV) voire l’exécrable (la scène avec la copine nymphomane n’a rien à faire dans le roman). Enfin, premier tome d’une trilogie, les quatre-cents pages ne sont pas de trop pour mettre en forme l’univers et l’intrigue centrale démarre juste à la fin de ce premier tome. Malgré ces quelques défauts, La Porte perdue prouve que Card a conservé son talent de conteur. Un bon roman de fantasy, donc, loin des chefs-d’œuvre de l’auteur, mais suffisamment plaisant pour qu’on ait envie de connaître la suite.

René-Marc DOLHEN
Première parution : 11/12/2011 nooSFere


     Nouvelle série pour Orson Scott Card, qui retourne à la fantasy avec Les Mages de Westil, renouant pour l'occasion avec ce qui a fait son succès et reste sa force : sa capacité à évoquer et faire vivre des personnages d'enfant.

     Danny est un fils de dieu. Enfin, pas comme nous l'entendons. Il appartient à une communauté qui vit en autarcie, loin du reste des hommes. Une communauté de mages qui ont encore des pouvoirs, mais rien au regard de ceux qu'ils possédaient auparavant. Les dieux des panthéons humains, c'était eux : les Thor, Odin et autres Jupiter. Mais depuis que ce farceur de Loki a refermé, en 632, la porte qui les reliait à leur monde, Westil, ils perdent d'une génération à l'autre de leur puissance. Ils déclinent, aigris, refermés sur eux-mêmes. Attendant l'arrivée d'un porte-mage — un créateur de portes — suffisamment puissant pour ouvrir une nouvelle liaison avec leur univers. La craignant aussi, car les différentes familles continuent à se détester et aucune ne souhaite voir les autres posséder un atout si puissant.

     Apparemment, Danny n'est pas concerné par ces luttes. Enfant de mages puissants, il n'est cependant qu'un simple drekka : un être sans pouvoir. Tout juste bon à servir d'objet de moqueries. Jusqu'au jour où, en danger, il s'aperçoit qu'il sait créer des portes. Petites, certes, mais réelles. Aussitôt, il comprend que sa vie est menacée. A treize ans, il part donc seul dans le monde des somnifrères, le monde des humains ordinaires. Pendant ce temps, à Westil, un être étrange, jusqu'alors piégé dans le tronc d'un arbre, revient à la vie. Recueilli au château sous le nom de Boulette, il observe la vie des rois comme celle des serviteurs, sans prendre parti. Mais lui aussi découvre rapidement qu'il est capable de se déplacer par magie d'un endroit à un autre. Et, d'observateur, il va devenir acteur et faire des choix aux conséquences terribles.

     Si depuis plusieurs romans, les déceptions se succèdent au fil des nouveautés d'Orson Scott Card, chaque nouvelle parution génère malgré tout une certaine impatience, tant on s'obstine à espérer que l'auteur parvienne à renouer avec le souffle de ses débuts. Las, le cycle ici entamé n'a pas la force lyrique d'« Ender », mais il inaugure néanmoins une série qui devrait s'avérer agréable à suivre. Les personnages font preuve d'une force réelle, une grande intensité. Ils prennent vie devant nous et on se laisse entrainer sans effort. Le jeune Danny se révèle criant de vérité, avec ses doutes et ses désirs. De même que les adultes l'entourant.

     Le ton, par contre, est fluctuant, et par là même déstabilisant. L'auteur mêle des moments enfantins (tellement proches de Danny et de ses envies, de sa façon de parler, qu'on réserverait volontiers la lecture de La Porte perdue aux adolescents) à des passages plus ardus, surtout quand le jeune héros s'essaie au maniement des portes et s'interroge sur leur fonctionnement ; une oscillation qui s'avère souvent lassante. A l'instar d'ailleurs de cette impression de déjà-vu face à certaines situations : difficulté à se renouveler, à sortir de clichés rebattus. Le cadre choisi par Orson Scott Card, ses familles de divinités (à rapprocher du très bon Vegas Mytho de Christophe Lambert — cf. critique in Bifrost n°59), auraient permis de créer une saga grandiose. L'auteur en tire pour l'heure une histoire honnête, agréable à lire et sans prétention. En somme de quoi avoir envie de découvrir le prochain tome, bien que sans enthousiasme excessif...

Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/4/2012 dans Bifrost 66
Mise en ligne le : 25/5/2013


 
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