Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Troisième lame

AYERDHAL



Illustration de Gilles FRANCESCANO

ActuSF , coll. Les Trois Souhaits n° (47)
Dépôt légal : mars 2013
196 pages, catégorie / prix : 12 €
ISBN : 978-2-917689-47-9   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     L’Homéocratie fédère près de trois cents mondes et gère de nombreuses colonies.

     Après la mort d’un haut fonctionnaire homéocrate sur Melig, protectorat colonial, Anthelm Lax est chargé de faire la lumière sur son assassinat et d’étouffer toute velléité indépendantiste. Pourtant, sur place, s’il découvre des dysfonctionnements, il ne détecte aucun signe de rébellion.

     Pour rester sur Maricya, Natifa épouse Yoon, le dernier naturalisé en date du protectorat. À son contact, elle découvre que les Maricyans sont farouchement indépendants, d’une incroyable nonchalance, sans aucun attrait pour le pouvoir ni l’argent et indifférents aux exactions homéocrates. Leur inertie n’est pourtant pas si naïve qu’elle en a l’air.

     Ayerdhal est l’un des grands auteurs de science fiction. Il a signé plusieurs chefs d’œuvres comme Demain une oasis, Chroniques d'un rêve enclavé ou Transparences. Avec La Troisième Lame et Pollinisation, il continue à explorer l’univers de l’Homéocratie dans lequel se déroulait La Bohême et l'Ivraie. Deux aventures dans lesquelles la science fiction interpelle le présent sur des questions aussi essentielles que la colonisation, le pouvoir et la recherche de la société idéale.

    Sommaire    
 
    Critiques    

La réédition de ces deux novellas, revues et corrigées par l’auteur pour l’occasion, nous permet de revenir aux sources de l’œuvre d’Ayerdhal, dans l’univers de l’Homéocratie qui servait de toile de fond à ses premiers romans — La Bohème et l’Ivraie, Le Chant du Drille ou encore Mytale, autant d’œuvres dans lesquelles space-opera et discours politique vindicatif faisaient très bon ménage.

L’Homéocratie est un gouvernement fédéral dont l’influence s’étend sur quelques centaines de mondes, une démocratie où chacun a voix mais où certains ont davantage de difficultés à se faire entendre que d’autres, un système politique s’interdisant d’avoir recours à l’arbitraire tout en essayant de ne pas sombrer dans l’anarchie, bref : un joyeux et permanent bordel à l’échelle galactique.

Anthelm Lax, le héros de « La Troisième lame », est un Médiateur, un personnage théoriquement neutre, envoyé en mission sur Melig, petite colonie en apparence sans histoires où l’agent local de l’Homéocratie vient pourtant d’être assassiné. On craint une rébellion, et Lax est chargé d’apaiser les tensions. Pourtant, sur place, rien ne vient confirmer cette thèse, bien au contraire… Tout au long de ce récit, Ayerdhal œuvre au sein d’un registre ou il excelle, celui du thriller d’espionnage mâtiné de science-fiction, dans lequel différentes factions s’affrontent hors-champ, avancent leurs pions méthodiquement, manipulent, sont à leur tour manipulées. En façade rien ne transparait, mais dans les coulisses tout le monde s’active, et les conséquences apparaissent bientôt au grand jour. Dans ce contexte, entre idéalisme sincère et pragmatisme résigné, Anthelm Lax finit par se trouver dans une situation impossible, contraint à prendre des décisions qu’il abhorre. Jusqu’au bout, l’auteur tire les ficelles de son récit avec maestria, qu’il conclut sur un ultime retournement de situation inattendu.

Plus apaisé, « Pollinisation » se présente comme un voyage au cœur d’un monde dont les habitants vivent en communion avec leur environnement, un voyage qui va rapidement prendre des allures de parcours initiatique. Comme dans le texte précédent, il s’agit avant tout pour les habitants de cette planète de défendre les spécificités de leur mode de vie et de faire appel à tous leurs moyens, aussi dérisoires semblent-ils en apparence, face à la toute-puissance de l’Homéocratie et aux dérives dont certaines de ses composantes s’avèrent capables. Ici encore, Ayerdhal déroule un scénario habile qui ne révèle ses véritables enjeux que dans les pages ultimes du récit.

On est donc content de relire ces deux nouvelles, parmi les meilleures de son auteur, et on serait plus heureux encore de le voir revenir à ce registre, qu’il n’a plus abordé depuis trop longtemps.


Philippe BOULIER
Première parution : 1/10/2013 dans Bifrost 72
Mise en ligne le : 3/2/2019


 
retour en haut de page
Dans la nooSFere : 65759 livres, 65134 photos de couvertures, 60520 quatrièmes.
8089 critiques, 36055 intervenant·e·s, 1453 photographies, 3688 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2019. Tous droits réservés.