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La Main tendue

Poul ANDERSON

Titre original : The Helping Hand, 1950
Première parution : Astounding, mai 1950

Traduction de Maxime BARRIÈRE

LE PASSAGER CLANDESTIN , coll. Dyschroniques
Dépôt légal : 1er trimestre 2014
Nouvelle, 80 pages, catégorie / prix : 6 €
ISBN : 978-2-36935-004-0
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Design de couverture : Xavier Sebillotte.

[texte de présentation du livre sur le site de l'éditeur]

     Dans un futur très lointain, l’humanité a essaimé à travers d’innombrables galaxies et est parvenue, tant bien que mal, à pacifier des univers entiers et à imposer son modèle de civilisation. Mais la tâche est loin d’être achevée. La hache de guerre vient d’être enterrée entre les habitants de Cundaloa et ceux de Skontar, dont les mondes sont cependant ravagés. Les Terriens se proposent d’« aider » ces deux peuples à se reconstruire, mais sous certaines conditions : qu’ils renoncent à leur culture, à leurs mœurs et à leur technologie pour embrasser les bienfaits de la civilisation humaine. Les Cundaloiens acceptent l’offre humaine, les Skontariens refusent. Quelle sera pour chacun de ses peuples l’issue de sa décision ? Que se passe-t-il lorsqu’une nation riche et puissante, au nom du développement et de ses valeurs prétendument universelles, exige d’une nation « en développement » qu’elle adopte sa culture, ses traditions, son identité ? Telle est la question que Poul Anderson pose dans cette nouvelle... et à laquelle il apporte une réponse sans ambiguïté.



Autres éditions
   in Les Pièges de l'espace, LIBRAIRIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES / ÉDITIONS DU MASQUE, 1977
   in Histoires de la fin des temps, LIVRE DE POCHE, 1983
   in Histoires de la fin des temps, 1984
   in Histoires de la fin des temps, 1986
   in Science-Fiction 1950-1970 : Quand les futurs d'hier rencontrent notre présent, PASSAGER CLANDESTIN (LE), 2017

    Quatrième de couverture    
     En 1950, Poul Anderson imagine l'anéantissement de la diversité culturelle par un impérialisme intergalactique.
 
    Critiques    

            Entre février et mars 2014, la collection « Dyschroniques » du Passager clandestin nous a proposé pas moins de quatre titres signés par de grands noms de la SF américaine. Comme il se doit, ces titres sont d’une qualité et d’un intérêt très divers.

            Le plus faible (en qualité, mais pas en intérêt) est sans doute celui de Poul Anderson. Il met en scène de façon molle et terriblement démonstrative une idée bien tranchante qui, en 1950, relevait de la formidable intuition. Anderson avait pressenti un des effets pervers de la mondialisation : qu’au XXIe siècle il y aurait (au moins) un Starbuck’s café et un McDonald’s dans chaque grande ville de la planète. Évidemment, il décrit ici le phénomène à l’échelle de la galaxie.

            « Le Royaume de Dieu » de Damon Knight est bâti lui aussi sur une idée formidable : un extraterrestre à trois jambes débarque aux USA et provoque un choc empathique à l’origine de décès et de diverses catastrophes. Le plus saisissant dans ce texte longuet, qui manque terriblement de crédibilité sur la fin, c’est d’y (re)trouver en concentré quasiment toute l’œuvre de Roland C. Wagner. On côtoie dans ce « Royaume de Dieu » l’humour particulier de Damon Knight et sa faiblesse assez coutumière en matière de narration. Malheureusement, la traduction française, infecte, n’a pas été purgée de ses plus grosses erreurs.

            « Le Pense-bête » de Fritz Leiber, dans lequel on côtoie, non sans déplaisir, certains des tics d’écriture de l’auteur, son humour parfois voisin de celui de Fredric Brown, son personnage masculin principal typique, très proche de celui de Notre-Dame des ténèbres, ne restera pas dans les annales pour son originalité ou sa maîtrise narrative (sans parler de la traduction française : à dégueuler). Leiber prend son temps, se perd un peu dans cette histoire d’invention qui tourne mal et d’humanité qui vit sous terre. Pas désagréable, parfois surprenant, « Le Pense-bête » a surtout un intérêt historique – il ravira ceux qui se passionnent pour l’histoire de l’informatique vue à travers la SF et ses jalons, tels que « Un logique nommé Joe », Neuromancien ou Les Mailles du réseau.

            « Vent d’est, vent d’ouest » de Frank M. Robinson est une histoire de terre polluée où il est interdit de fumer, de se promener en voiture (équipée d’un moteur à combustion interne), où les climatiseurs ne se contentent pas de climatiser l’air, ils le filtrent. Le texte est construit autour d’une petite enquête policière (qui ne tient pas vraiment la route, mais peu importe), enquête qui nous permet de découvrir cette horrifiante Californie asphyxiée façon Pékin aux heures de pointe. Le meilleur des quatre volumes critiqués ici (et aussi le plus récent de la sélection : 1972).

            Voilà une collection qui continue d’être très intéressante, notamment en proposant des perspectives culturelles et historiques à chaque fin de volume, chouette idée, mais il faudrait que les traductions soient mieux relues, corrigées avec plus de vigueur, voire refaites pour les plus calamiteuses.


Thomas DAY
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 3/4/2020


 
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