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Le Royaume de Dieu

Damon KNIGHT

Titre original : Rule Golden, 1954
Première parution : Science Fiction Adventures, mai 1954

Traduction de Nathalie DUDON

LE PASSAGER CLANDESTIN , coll. Dyschroniques
Dépôt légal : 1er trimestre 2014
Nouvelle, 160 pages, catégorie / prix : 8 €
ISBN : 978-2-36935-003-3   

Design de couverture : Xavier Sebillotte.

[texte de présentation du livre sur le site de l'éditeur]

     « À Kansas City, un jeune homme armé d’un 22 long rifle tua un de ses camarades de classe d’un coup de feu tiré en pleine poitrine, et tomba aussitôt, mort. Arrêt du cœur. [...] À Saint Louis, un policier abattit un braqueur de banque et s’effondra aussitôt. Le voleur mourut ; l’état du policier fut déclaré critique ». Du simple fait divers à l’épidémie mondiale d’auto-extermination, il n’y a qu’un pas que le journaliste M. Dahl va franchir en compagnie d’Aza-Kra, indescriptible créature extraterrestre venue sur Terre pour nous guider sur le chemin de l’empathie. Mais à quel prix !

     Cette cruelle utopie apocalyptique signée Damon Knight, mêlant récit de fin du monde, conte initiatique et rencontre du troisième type est certes un écho des tensions de la « Guerre froide », mais elle est surtout une subtile réflexion sur les ressorts de la violence et de la peur, et sur la résistance qu’elles offrent au sursaut des consciences dont notre monde a pourtant plus que jamais besoin.



Autres éditions
   in Science-Fiction 1950-1980 : Quand les futurs d'hier rencontrent notre présent, PASSAGER CLANDESTIN (LE), 2018
   in Le Livre d'Or de la science-fiction : La 3e guerre mondiale n'aura pas lieu, POCKET, 1980

    Quatrième de couverture    
     En 1954, Damon Knight imagine un monde de violence et de peur délivré par l’empathie.
 
    Critiques    

            Entre février et mars 2014, la collection « Dyschroniques » du Passager clandestin nous a proposé pas moins de quatre titres signés par de grands noms de la SF américaine. Comme il se doit, ces titres sont d’une qualité et d’un intérêt très divers.

            Le plus faible (en qualité, mais pas en intérêt) est sans doute celui de Poul Anderson. Il met en scène de façon molle et terriblement démonstrative une idée bien tranchante qui, en 1950, relevait de la formidable intuition. Anderson avait pressenti un des effets pervers de la mondialisation : qu’au XXIe siècle il y aurait (au moins) un Starbuck’s café et un McDonald’s dans chaque grande ville de la planète. Évidemment, il décrit ici le phénomène à l’échelle de la galaxie.

            « Le Royaume de Dieu » de Damon Knight est bâti lui aussi sur une idée formidable : un extraterrestre à trois jambes débarque aux USA et provoque un choc empathique à l’origine de décès et de diverses catastrophes. Le plus saisissant dans ce texte longuet, qui manque terriblement de crédibilité sur la fin, c’est d’y (re)trouver en concentré quasiment toute l’œuvre de Roland C. Wagner. On côtoie dans ce « Royaume de Dieu » l’humour particulier de Damon Knight et sa faiblesse assez coutumière en matière de narration. Malheureusement, la traduction française, infecte, n’a pas été purgée de ses plus grosses erreurs.

            « Le Pense-bête » de Fritz Leiber, dans lequel on côtoie, non sans déplaisir, certains des tics d’écriture de l’auteur, son humour parfois voisin de celui de Fredric Brown, son personnage masculin principal typique, très proche de celui de Notre-Dame des ténèbres, ne restera pas dans les annales pour son originalité ou sa maîtrise narrative (sans parler de la traduction française : à dégueuler). Leiber prend son temps, se perd un peu dans cette histoire d’invention qui tourne mal et d’humanité qui vit sous terre. Pas désagréable, parfois surprenant, « Le Pense-bête » a surtout un intérêt historique – il ravira ceux qui se passionnent pour l’histoire de l’informatique vue à travers la SF et ses jalons, tels que « Un logique nommé Joe », Neuromancien ou Les Mailles du réseau.

            « Vent d’est, vent d’ouest » de Frank M. Robinson est une histoire de terre polluée où il est interdit de fumer, de se promener en voiture (équipée d’un moteur à combustion interne), où les climatiseurs ne se contentent pas de climatiser l’air, ils le filtrent. Le texte est construit autour d’une petite enquête policière (qui ne tient pas vraiment la route, mais peu importe), enquête qui nous permet de découvrir cette horrifiante Californie asphyxiée façon Pékin aux heures de pointe. Le meilleur des quatre volumes critiqués ici (et aussi le plus récent de la sélection : 1972).

            Voilà une collection qui continue d’être très intéressante, notamment en proposant des perspectives culturelles et historiques à chaque fin de volume, chouette idée, mais il faudrait que les traductions soient mieux relues, corrigées avec plus de vigueur, voire refaites pour les plus calamiteuses.


Thomas DAY
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 3/4/2020


 
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