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Nous avons toujours vécu au château

Shirley JACKSON

Titre original : We Have Always Lived in the Castle, 1962

Traduction de Jean-Paul GRATIAS

RIVAGES (Paris, France), coll. Noir n° 880
Dépôt légal : août 2012
240 pages, catégorie / prix : 8,65 €
ISBN : 978-2-7436-2398-2
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Fantastique

Nouvelle traduction intégrale. Couverture : (c) Getty Images.


Autres éditions

Sous le titre Nous avons toujours habité le château   LIBRAIRIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES, 1979
   POCKET, 1999
Sous le titre Nous avons toujours vécu au château
   RIVAGES, 2014
Sous le titre Nous avons toujours habité le château
   UGE (Union Générale d'Éditions) - 10/18, 1990

    Quatrième de couverture    
     « JE M’APPELLE MARY KATHERINE BLACKWOOD. J’AI DIX-HUIT ANS, ET JE VIS AVEC MA SŒUR, CONSTANCE. J’AI SOUVENT PENSÉ QU’AVEC UN PEU DE CHANCE, J’AURAIS PU NAÎTRE LOUP-GAROU, CAR À MA MAIN DROITE COMME À LA GAUCHE, L’INDEX EST AUSSI LONG QUE LE MAJEUR, MAIS J’AI DÛ ME CONTENTER DE CE QUE J’AVAIS. JE N’AIME PAS ME LAVER, JE N’AIME PAS LES CHIENS, ET JE N’AIME PAS LE BRUIT. J’AIME BIEN MA SŒUR CONSTANCE, ET RICHARD PLANTAGENÊT, ET L’AMANITE PHALLOÏDE, LE CHAMPIGNON QU’ON APPELLE LE CALICE DE LA MORT. TOUS LES AUTRES MEMBRES DE MA FAMILLE SONT DÉCÉDÉS. »

     AINSI COMMENCE LE CHEF-D’ŒUVRE DE LA ROMANCIÈRE AMÉRICAINE SHIRLEY JACKSON (1916-1965), ÉGALEMENT AUTEUR DE LA CÉLÈBRE NOUVELLE « LA LOTERIE » ET DU ROMAN MAISON HANTÉE, PORTÉ A L’ÉCRAN PAR ROBERT WISE (LA MAISON DU DIABLE).

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantastique (liste parue en 2002)

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition UGE (Union Générale d'Éditions) - 10/18, 10/18 - Nuits blêmes (2004)


     Dans une petite ville de province américaine se dresse l'imposante propriété des Blackwood, l'une des familles les plus riches — et les plus jalousées — de la région. Mary Katherine, adolescente introvertie, sa sœur aînée Constance et leur vieil oncle Julian sont les uniques survivants de ce clan qui fut victime, voici quelques années, d'une tragédie dont les circonstances exactes sont restées mystérieuses. Depuis, les trois derniers Blackwood vivent en parias, reclus dans leur gigantesque demeure, couvés par les regards malveillants de leurs concitoyens qui rivalisent de cruauté à leur endroit. Mais Mary Katherine (que sa sœur surnomme tendrement Merricat), malgré l'amertume et la mélancolie, a trouvé un certain équilibre dans ce quotidien difficile. Un équilibre qu'une chiquenaude pourrait rompre...

     Nous avons toujours habité le château est probablement le roman le plus célébré de Shirley Jackson, si ce n'est le plus célèbre (elle restera pour beaucoup, avant tout, l'auteur de Maison hantée, le roman qui inspira le film classique de Robert Wise, La Maison du Diable et le plus récent — et très grand public — Hantise de Jan de Bont). Classé à sa sortie parmi les dix meilleurs romans de l'année par la critique américaine, ce texte magnifique et sensible est de ceux qui marquent durablement un lecteur. Dans la profondeur des personnages et la subtilité de la narration, dans l'horreur que l'on devine en sourdine, comme dans l'ambiance élégamment inquiétante qui baigne le récit, Nous avons toujours habité le château est une insolente réussite sur tous les tableaux. La proximité de ce roman avec les chefs-d'œuvre psychologiques de Henry James (Le Tour d'écrou, Ce que savait Maisie), régulièrement évoquée par la critique, pourrait aller sans dire. Mais la touche « jamesienne » a tellement été usurpée, et récemment réduite à des effets d'ambiance mécaniques par des cinéastes à l'imagination limitée ou tarie (Alejandro Amenábar avec Les Autres, et plus récemment Pascal Laugier avec Saint-Ange), qu'il vaut peut-être mieux mettre le doigt sur les filiations les plus réussies, quitte à exaspérer le lecteur averti en lui assénant l'évidence.
     Shirley Jackson est morte quelques années seulement après la parution de ce roman, à l'âge de quarante-cinq ans. Il n'est pas difficile d'imaginer que son œuvre aurait pris une ampleur phénoménale si elle avait eu le loisir de la pousser plus avant. Il est aujourd'hui affreusement facile de laisser les auteurs méconnus et peu prolifiques sombrer doucement dans l'oubli, à plus forte raison lorsque leurs œuvres jouxtent sur les rayonnages de nos libraires celles des superstars contemporaines de l'horreur (King, Koontz...). Il serait infiniment regrettable que Shirley Jackson subisse un tel sort en France. Le chroniqueur ne saurait trop conseiller au lecteur de découvrir, de redécouvrir ses romans, ainsi que ses nouvelles dont certaines (à l'instar des Gens de l'été 1) méritent le statut d'inoxydables classiques.

Notes :

1. Alain Dorémieux sélectionna cette nouvelle hitchcockienne dans le tome 6 de ses Territoires de l'Inquiétude (Présence du Fantastique, Denoël, 1993), signalant au passage qu'elle fut adaptée pour la télévision française par Claude Chabrol, en 1974.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 1/8/2004
nooSFere




 
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