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Le Monde de la fin

Ofir Touché GAFLA

Titre original : Olam Hasof, 2004

Traduction de Guy ABADIA

ACTES SUD (Arles, France), coll. Exofictions
Dépôt légal : janvier 2015
Première édition
Roman, 480 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-2-330-03977-6
Format : 14,5 x 24,0 cm  
Genre : Fantasy

Traduit par Guy Abadia à partir de la version anglaise "The World of the End", éditée par Tor Books en 2013, approuvée par l'auteur et elle-même traduite de l'hébreu par Mitch Ginsburg.



    Quatrième de couverture    
     Ben Mendelssohn gagne sa vie en imaginant des fins pour les auteurs en mal d'inspiration. C'est donc en connaisseur qu'il apprécie d'ordinaire les ultimes rebondissements et les finales inattendus. Mais, déformation professionnelle ou irréparable chagrin, il ne se résigne pas au décès absurde et prématuré de Marianne, sa femme. Persuadé qu'un autre dénouement est possible, il est prêt à tout pour la retrouver, même si cela signifie rejoindre l'au-delà. Une balle dans la tête plus tard, Ben se retrouve dans l'autre monde, où il découvre des villes étranges dans lesquelles les défunts de tous les temps vivent une seconde existence, et des forêts peuplées d'arbres de vie gardés par des hommes qui n'ont jamais vécu sur Terre. Mais aucune trace de Marianne. Il engage alors un détective privé, sans savoir que sa quête aura d'irréversibles conséquences dans le monde des vivants.
     Tout à la fois roman de fantasy, polar métaphysique et fascinant mélodrame, Le Monde de la fin réinvente avec facétie et profondeur le grand épilogue de nos vies. Publié en 2005 en Israël, où il est rapidement devenu culte, l'ouvrage a remporté le prix Geffen dans la catégorie du meilleur roman fantasy/science-fiction en 2005 et le prix Kugel de littérature hébraïque en 2006.
 
     Ofir Touché Gafla est né et vit en Israël. Il anime un atelier d'écriture à la Sam Spiegel School of TV and Cinema à Jérusalem. Il écrit actuellement un nouveau roman.
 
    Critiques    

            Curieux métier que celui de Ben Mendelsohn : épiloguiste. Auteurs de romans bloqués à quelques pages de la fin et autres réalisateurs en panne d’inspiration pour achever leur film font appel à lui. Hélas, la vie lui propose un écueil bien difficile à accepter : la mort accidentelle et pour le moins grotesque de la femme de sa vie, Marianne. Aussi, quinze mois après ce décès, il invite ses amis à fêter les quarante ans de son épouse et, pendant que tous admirent un feu d’artifice sur la terrasse, se suicide.

            Fin de l’histoire ? Non. Le voilà aussitôt plongé dans l’autre monde, celui où aboutissent les défunts. Ni paradis, ni enfer, juste un autre monde, avec ses règles bien à lui. Mais Ben n’est pas ici pour faire du tourisme ni de l’ethnologie. Seule l’intéresse Marianne… qui n’est pas là à l’attendre, devant la salle blanche, bras ouverts. Déçu par cette absence inexplicable, tant leur amour était fort et fusionnel, perdu dans ce lieu dont il ne maîtrise pas les codes, il finira par engager un détective truculent capable de repérer sans coup férir tous les mensonges, du plus énorme au plus infime. Et partira, malgré lui, à la découverte de cet univers haut en couleurs, dans un récit sans temps… mort.

            Roman polyphonique, ce qui est plutôt courant, Le Monde de la fin présuppose tout de même une bonne dose de confiance de la part du lecteur, tant les histoires débutées au fil des chapitres sont déconnectées les unes des autres. Il convient de garder à l’esprit l’intime conviction qu’on finira par découvrir le lien étroit entre tous ces personnages (ce sera bien le cas, qu’on se rassure) pour entrer dans l’histoire. Passée cette légère mise en garde, il faudrait se montrer bien bégueule pour bouder son plaisir. Car Ofir Touché Gafla est un artisan habile. Une pincée de passion romanesque, voire mélodramatique, une dose d’enquête policière, pas mal de mystère (un monde entier à découvrir !), de bonnes lampées d’humour et un soupçon de célébrités (Marilyn Monroe et Shakespeare en guest-stars). Tous ces ingrédients sont reliés entre eux par un art consommé du rebondissement : chaque fin de chapitre est un tremplin, chaque nouvel élément une graine en germe destinée à éclore tôt ou tard. Quant aux personnages, ils ruissellent de vie ou de désespoir. Mais ils sont entiers, pleins de sentiments : détresse absolue d’une ex’ de Ben qui finira par choisir le sommeil définitif (eh oui ! on peut encore mourir après son décès !), soif de plaisirs sans cesse renouvelés de son oncle. Ils permettent à cette fable parfois cruelle, sans concession, mais aussi, parfois, légère et douce, de prendre corps, nous entrainant page après page sans reprendre souffle. Alors, aucune hésitation ne sera admise. Et puis, prenez cela comme un entraînement pour le grand saut. Qui sait, cela pourrait peut-être s’avérer utile…


Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/7/2015 dans Bifrost 79
Mise en ligne le : 1/6/2020


 
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