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Le Jour où les zombies ont dévoré le Père Noël

S.G. BROWNE

Titre original : I Saw Zombies Eating Santa Claus, 2012
Première parution : États-Unis, New York : Gallery Books (Simon & Schuster), 30 octobre 2012

Cycle : Andy Warner  vol. 2

Traduction de Laura DERAJINSKI

MIROBOLE (Bordeaux, France), coll. Horizons pourpres
Date de parution : 18 septembre 2014
Dépôt légal : septembre 2014, Achevé d'imprimer : juillet 2014
Première édition
Roman, 224 pages, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 979-10-92145-29-8
Format : 14,5 x 20,0 cm  
Genre : Fantastique

Photo de couverture © Vitality



    Quatrième de couverture    
« Je ne me suis pas préparé à jouer le rôle du Père Noël. Je cherchais juste à m’habiller vite fait, pas à devenir une icône festive. »

Pauvre Andy Warner. L’ex-star contestataire des morts-vivants a passé une année entière soumis à des tests expérimentaux dans un laboratoire de recherches sur les zombies dans l’Oregon. Heureusement, un miracle se produit : à quelques jours de Noël, il parvient à s’échapper et fausse compagnie à ses poursuivants en enfilant un costume de Santa Claus. Le déguisement parfait… À deux réserves près : des collègues de décomposition le reconnaissent et exigent de lui qu’il soit leur chef ; et une adorable fillette solitaire le suit partout, convaincue qu’il est vraiment le père Noël… Une comédie horriblement délicieuse à lire sous le sapin.
« Au cinéma ça pourrait être du Tarantino. C’est très drôle et très touchant, on oscille entre horreur et humour à chaque page. » Le Parisien

S. G. Browne, diplômé de l’Université du Pacifique à Stockton, Californie, a travaillé plusieurs années à Hollywood. Il vit actuellement à San Francisco. Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour est traduit en allemand, italien, japonais, russe et polonais ; les droits cinématographiques ont été vendus à la Fox.
 
"Lun des meilleurs romanciers satiriques américains." Kirkus reviews
 
    Critiques    

            FOCUS S.G. BROWNE

            Avant de renouveler quelque peu le genre zombiesque avec Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour, récemment réédité en « Folio-SF », c’est du côté du polar que S.G. Browne a fait ses premiers pas littéraires, avec un roman dans lequel on retrouve à peu près tous les stéréotypes du roman noir traditionnel : un détective privé en guise de héros et narrateur, quelques beautés aussi séduisantes que dangereuses, un patron de la pègre locale dont il vaut mieux ne pas croiser le chemin, des représentants de l’autorité toujours là pour vous mettre des bâtons dans les roues mais aux abonnés absents en cas de besoin, sans oublier un assistant plus motivé que compétent. Du classique, donc, hormis le talent particulier que possède Nick Monday : c’est un braconneur de chance. D’une simple poignée de main, il a la capacité de s’emparer de la chance d’autrui, généralement pour la revendre au plus offrant. Car dans l’univers d’Heureux veinard, la chance est un produit de consommation presque comme un autre, qui a donné naissance à un marché parallèle, tout comme la malchance, d’ailleurs, laquelle peut constituer une arme redoutable. L’ironie du sort veut que la fille de l’une des victimes de Nick l’engage pour enquêter sur un vol dont il est responsable. Et tout va très vite se compliquer lorsqu’interviennent une agence gouvernementale aux méthodes très discutables, une jeune femme qui semble posséder le même don que lui, le patron de la pègre asiatique locale et quelques autres individus peu recommandables.

            Tout au long du roman, S.G. Browne jongle avec ces différents éléments de manière spectaculaire. L’essentiel de l’action est compacté en une journée totalement folle, au cours de laquelle Nick Monday va subir plusieurs kidnappings, tentatives de meurtre et chantages. Le récit est mené avec un tel allant qu’on ne s’ennuie pas un instant à la lecture de ce livre, d’autant plus que les commentaires ironiques du narrateur sur les événements qu’il vit et les personnages qu’il rencontre font d’Heureux veinard une lecture particulièrement réjouissante.

            Même si S.G. Browne y aborde un genre très différent, on retrouve le même ton goguenard dans Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour. Pourtant, il n’y a pas de quoi rire lorsque l’on songe au destin d’Andy Warner, mort dans un accident de voiture avec sa femme, laissant derrière eux une orpheline de sept ans. Sauf qu’Andy est brusquement revenu à la vie, ou peu s’en faut. Un phénomène rare, même s’il est loin d’être le seul dans ce cas. D’ailleurs, lorsqu’il ne passe pas ses journées dans la cave de ses parents, il rencontre d’autres zombies au sein d’un groupe de discussion où ils échangent conseils et expérience. Car la vie d’un mort-vivant n’a rien d’une sinécure, dans un monde où ils ne disposent d’aucun droit et où rien n’interdit au premier crétin alcoolisé venu de vous arracher les membres ou la tête, histoire d’égayer sa soirée.

            Dans ce roman, S.G. Browne met en scène une belle galerie de personnages en décomposition auxquels on s’attache très vite, éveillant chez le lecteur un mélange de compassion et de complicité. À l’inverse, la plupart des vivants que l’on croise – les respirants, pour reprendre le sobriquet dont les ont affublés les zombies – sont décrits comme des êtres méprisables et lâches. De manière efficace sinon subtile, l’auteur s’amuse ainsi à inverser les rôles entre monstres et humains. L’ensemble fonctionne à merveille, hormis dans la dernière partie, lorsque Browne tente de faire de son héros une sorte de Rosa Parks de la cause zombie. Le parallèle manque vraiment de finesse, et le retournement de l’opinion publique semble trop artificiel pour convaincre. À cette réserve près, le roman constitue un divertissement de premier choix.

            Il en va de même avec sa suite, Le Jour où les zombies ont dévoré le Père Noël. Si le précédent roman se présentait comme une comédie sarcastique, celui-ci a davantage des allures de conte horrifique. Un an plus tard, on retrouve Andy Warner enfermé dans un centre hospitalier où des respirants en blouse blanche lui font subir les pires sévices. À l’approche de Noël, il parvient à s’échapper en compagnie de quelques camarades d’infortune, et croise le chemin d’une gamine qui a le même prénom et le même âge que sa propre fille. Comme elle a en outre perdu son père et que sa mère ne s’occupe guère d’elle, ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Avec une habileté admirable, l’écrivain passe d’une scène de cannibalisme rigolote à une autre d’une douceur exquise, de passages saignants à souhait à de jolis moments d’humanité. Tout est dans l’équilibre de ces différentes ambiances, et après trois romans, S.G. Browne est passé maître en la matière.


Philippe BOULIER
Première parution : 1/1/2015 dans Bifrost 77
Mise en ligne le : 3/5/2020


 
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