Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Un éclat de givre

Estelle FAYE


Cycle : Un éclat de givre vol. 1 


Illustration de Aurélien POLICE

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES , coll. La Bibliothèque voltaïque n° (43)
Dépôt légal : juin 2014
Première édition
Roman, 256 pages, catégorie / prix : 21 €
ISBN : 978-2-36183-167-7
Format : 17,8 x 21,5 cm  
Genre : Fantasy

Existe aussi en numérique (ISBN 978-2-36183-179-0).



    Quatrième de couverture    
Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un
désert stérile, où seules quelques capitales ont
survécu. Dont Paris.

Paris devenue ville-monstre, surpeuplée,
foisonnante, étouffante, étrange et
fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de
nouvelles Cours des Miracles côtoient les
immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège
où des hybrides sirènes nagent dans la piscine
Molitor, où les jardins dénaturés dévorent
parfois le promeneur imprudent et où, par les
étés de canicule, résonne le chant des grillons
morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante
du jazz dans les caves, enquille les histoires
d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins
légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.

Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves
lui propose une mission bien payée, il accepte
sans trop de difficultés. Sans se douter que cette
quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais
allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus
qu’il ne l’aurait cru.

Estelle Faye
Après Porcelaine, premier roman dont la
réception fut excellente et qui a reçu le prix
Elbakin.net 2013, Estelle Faye revient avec un
roman à la fois tendre et âpre, lumineux et
enlevé, drôle et sensuel, qui apporte à la science-
fiction post-apocalyptique le panache du cape-
et-d’épée et le suspense du roman feuilleton.
 
    Critiques    

            Avec Porcelaine, son premier ouvrage, Estelle Faye avait frappé fort, rien moins que le prix Elbakin. Elle revient ici dans un registre très différent : une fantasy urbaine post-apocalyptique.

            XXIIIe siècle… L’Apocalypse et la guerre civile ont profondément modifié la géographie et la politique du monde que nous connaissons ; Paris, tel un phénix, renaît de ses cendres, s’adapte comme elle peut à cette nouvelle civilisation. Une ville que Chet, chanteur de jazz, arpente le jour pour accomplir des boulots peu recommandables, et hante la nuit dans des bars louches.

            À la lecture d’Un éclat de Givre, force est d’avouer que la maîtrise stylistique d’Estelle Faye saute aux yeux. Sa gestion des descriptions, que ce soit concernant la ville, les personnages et leurs sentiments, s’avère imparable ; l’immersion dans l’univers créé s’en trouve grandement facilitée et on s’attache vite aux différents protagonistes. À ce titre, la faune humaine dépeinte est extraordinaire : des gitans ayant investi Notre-Dame, en passant par les enfants-psy, les hybrides ou les freaks show de l’Enfer, l’auteure fait preuve d’un véritable talent pour la genèse des personnages. Chet, le héros, sort de la norme. Dans un monde où la vie en communauté est l’habitude, il vagabonde, solitaire et sans attache, ne se livre jamais et manipule les autres. Naturellement, derrière la façade, c’est une âme perdue en recherche d’amour…

            Bien. Sauf qu’on ne peut occulter le fait que le bât blesse du côté du rythme d’une intrigue cousue de fil blanc – rares sont les éléments qui surprendront le lecteur. D’autant que l’auteur s’oublie d’abondance dans des digressions visant à élargir la perception de ce nouveau Paris et éclairer les causes de la fin du monde tel qu’on le connaît (à ce titre, le chapitre 9 est une charge sans équivoque à l’encontre de notre actuelle société). Le livre est court, par bonheur ; si ces méandres ralentissent l’histoire, les temps morts passent somme toute relativement bien.

            Cet ouvrage est aussi une déclaration d’amour à Paris et au jazz. Estelle Faye distille au travers de son récit et des descriptions qui l’émaillent nombre de détails trahissant une véritable admiration pour la Ville Lumière. Idem pour les morceaux interprétés par Chet, dont les choix, tout sauf innocents, attestent d’une sérieuse connaissance du genre et dévoilent l’importance que ce dernier revêt aux yeux de l’auteure.

            Un éclat de givre confirme de fait le talent d’Estelle Faye. Une fois gommés quelques défauts agaçants, n’en doutons pas, elle sera capable d’écrire une grande œuvre. Restent pour l’heure un livre à lire et une romancière à suivre.


Manuel BEER
Première parution : 1/10/2014 dans Bifrost 76
Mise en ligne le : 20/4/2020


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 70938 livres, 81349 photos de couvertures, 66133 quatrièmes.
8470 critiques, 38104 intervenant·e·s, 1487 photographies, 3724 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.