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La Planète oubliée

Murray LEINSTER

Titre original : The Forgotten Planet, 1954
Première parution : Gnome Press, 1954
Traduction de Michel AVERLANT
Illustration de Giovanni BENVENUTI

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1985 - 1993, 2ème série - dos violet) n° 1184
Dépôt légal : février 1986
Retirage
Roman, 192 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-277-21184-2
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Murray Leinster
     Alias Will Jenkins (1896-1975), né en Virginie. Il a commencé à écrire dès l'âge de dix-sept ans pour devenir l'un des plus prolifiques auteurs de science-fiction.

     De gigantesques papillons carnivores, des hannetons tueurs, des fourmis semblables à des loups... voici les maîtres de la planète oubliée. Accidentellement, son programme de développement vital s'est arrêté aux Insectes !
     Et c'est sur cette terre maudite que le vaisseau Icare s'est écrasé, il y a des siècles... Au fil des générations, la peur a transformé les survivants en hordes primitives : ils ne savent plus que fuir ou se cacher.
     Jusqu'au jour où, face à la mort, un adolescent ne recule pas, invente une arme et revient, paré des ailes du phalène vaincu.
     Désormais les hommes veulent se battre, traquer, massacrer les Insectes. Tandis qu'ils avancent, la Flore se réveille...
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) (1981)

 
     Voilà un bouquin mythique s'il en fut ! Publié originellement en 1960 dans l'éphémère série SF (sept titres) des éditions Ditis (ancêtres de J'ai Lu), il réapparaît aujourd'hui, dans une traduction révisée et complète (celle de jadis était abominablement tronquée), mais avec la même et ô combien frappante couverture de Benvenuti : cet homme vêtu d'un pagne en ailes de papillon, se protégeant avec un bouclier en carapace de coléoptère, et combattant une mygale géante avec un épieu fait d'une mandibule de lucane...
     Un rêve qui passe. Comme l'auteur du bouquin ! Qui se souvient, aujourd'hui, de Murray Leinster ? Cet honorable écrivain, mort en 1975 à l'âge de 79 ans, est en général considéré comme le doyen de la profession, puisqu'il publia son premier texte du genre en 1918. Et c'est en 1920 et 21 que paraissent, dans la revue Argosy, les deux premiers épisodes de ce qui deviendra, en 1953 seulement et avec l'adjonction d'une troisième partie, le roman intitulé Forgotten planet..
     Le sujet ? Bateau... Une planète est « oubliée » après la troisième phase de sa terraformation et se trouve ainsi ensemencée uniquement d'insectes et de poissons, qui mutent, deviennent gigantesques. Bien plus tard, un vaisseau fait naufrage sur ce monde : les rescapés retournent à la sauvagerie et luttent pour survivre contre les insectes géants.
     Un postulat où sont mises en œuvres plusieurs constantes thématiques et idéologiques de ce qu'on a appelé « l'âge d'or ». La première est bien sûr la lutte omniprésente (dans la SF de l'époque) de l'Homme (avec un grand H) contre l'Autre, l'Anormalité, qui n'est au départ en position de supériorité que pour être vaincu en fin de parcours et démontrer que le vrai patron, c'est bien l'Homme. La deuxième (mais ce discours est contenu dans la constante numéro un), c'est que l'Homme, pour vaincre, doit s'organiser, donc avoir un chef. Et La planète oubliée raconte bel et bien « l'enfance d'un chef », Burl, qui s'impose par sa vaillance au sein d'une tribu de lâches : Il était maintenant dans l'ordre des choses que Burl commande et que les autres obéissent (p. 104). La troisième constante est de prendre, comme monstre, une entité qui doit être d'autant plus effrayante qu'elle est familière : ici, les insectes, grands adversaires de l'homme, qui piquent, transmettent les maladies, bouffent les cultures... et font prospérer les industries chimiques. Leinster, se parant de l'ombre portée de Fabre, n'hésite pas à les agrandir démesurément, oubliant qu'un insecte géant serait écrasé par son propre poids et y allant d'un anthropomorphisme bon teint, qui dote la tarentule d'une patience ignoble, tandis qu'un hanneton fixe l'univers d'un regard soucieux...
     D'où de nombreux morceaux de bravoure, notamment contre les araignées (férocité individuelle) et les fourmis (organisation tentaculaire). Mais au bout du compte, c'est bien vrai que le rêve passe. Si le roman de Leinster ne vous pousse pas à l'admiration euphorique (le style de l'auteur est plus que poussif), on se prend, en le lisant, à rêver à la bande dessinée que cela ferait (même si Lecureux et Poïvet, entre autres, y avaient touché dans Le jardin fantastique), ou au film qu'un Ray Harryhausen (qui avait déjà employé les insectes dans L'île mystérieuse) en tirerait. Et pour les enseignants, n'est-ce pas Messieurs Ferran et Grenier, quelle mine !
     Bref, un livre qui exprime plus par ce qu'il y a autour que par ce qui s'y trouve, et qui donne envie de demander la réédition des meilleurs Leinster, Le dernier astronef (Rayon Fantastique) ou Les voleurs de cerveau (Fleuve Noir) par exemple...

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/9/1981
dans Fiction 321
Mise en ligne le : 13/5/2007

Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes
Le Science-Fictionnaire - 2 - Animaux
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