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Faute de temps

John BRUNNER

Titre original : Some Lapse of Time, 1963
Première parution : Science Fantasy, #57 février 1963

Traduction de George W. BARLOW

LE PASSAGER CLANDESTIN (Paris, France), coll. Dyschroniques
Dépôt légal : 2ème trimestre 2015, Achevé d'imprimer : mars 2015
Nouvelle, 128 pages, catégorie / prix : 7 €
ISBN : 978-2-36935-039-2
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Design de couverture : Xavier Sebillotte.


Autres éditions
   in Le Livre d'Or de la science-fiction : John Brunner, POCKET, 1979

    Quatrième de couverture    
     En 1963, John Brunner imagine un monde hanté par le ressentiment des générations futures.
 
    Critiques    

            La maison d’édition indépendante Le Passager Clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non-fictions, on y trouve la collection « Dyschroniques », qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF. Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces dix-huit textes à ce jour livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. Et si certaines questions semblent moins d’actualité, d’autres, en revanche, sont devenues brûlantes et illustrent, hélas, la pertinence des craintes exprimées par les auteurs de SF.

            On notera que chaque ouvrage a fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de suggestions de lectures ou visionnages connexes. Une bien jolie collection, donc.

            Commençons par la courte nouvelle de Robert Sheckley, La Montagne sans nom. On y voit une équipe de « travaux publics » chargée de remodeler une planète pour la rendre confortable à coloniser – sur Terre, on dirait « viabiliser une parcelle ». Mais les indigènes, dont il est clair qu’ils devront dégager, posent problème. Et pas seulement les indigènes, hélas pour la multi planétaire exploitante. Petit texte très (trop ?) classique dans la forme, abordant autant la question de la colonisation étrangère que celle, interne aux USA, dont les amérindiens firent les frais, il pose aussi de premières interrogations environnementales, et questionne la certitude occidentale d’une Création donnée par Dieu à l’Homme pour en user à sa guise. Le traitement, du fait de la brièveté et de la prévisibilité du texte, est néanmoins anecdotique. J’arrête ici pour ne pas écrire une chronique plus longue que la nouvelle.

            Première publication de La Montagne sans nom aux USA en 1955.

            Faute de temps est une novella de Brunner, qui s’illustrera ensuite en écrivant le sidérant Tous à Zanzibar, point de départ de la « Tétralogie noire ». Faute de temps se passe ici et maintenant. Alors qu’assailli de terrifiants cauchemars récurrents, le docteur Harrow tente de dormir, un coup de sonnette aussi nocturne qu’inopportun fait entrer dans sa vie un SDF bien singulier. Mutique, presque nu, l’homme semble porteur d’une maladie très rare dont, surprenante coïncidence, le fils d’Harrow est mort récemment. Seuls effets personnels, un couteau ébréché et un os de phalange. Transporté à l’hôpital où Harrow exerce, le SDF à l’identité inconnue constitue un mystère qui ne fait que s’épaissir au fur et à mesure des investigations le concernant. Qui est cet homme ? D’où vient-il ? Comment peut-il être atteint d’une maladie très rare qui tue ceux qui en souffrent bien avant l’âge adulte ? Et quelle est cette étrange langue qui semble être la sienne ? Ces questions vont tourner en boucle dans l’esprit fragile d’Harrow, jusqu’à en occuper la totalité. Au fil son enquête, de faits étranges en liens peu cohérents, Harrow comprend et doit admettre l’incroyable vérité ; Holmes ne disait-il pas : « lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité » ? Cette vérité (non, ce n’est pas un alien), si incroyable que personne n’en voudra, poussera Harrow aux portes de la folie, et les lui fera clairement franchir aux yeux de son entourage. Lanceur d’alerte qu’on n’écoute pas, Harrow est, cinq ans avant Les Envahisseurs, un tragique David Vincent. La surdité volontaire de l’humanité est aussi coriace que navrante.

            Vraiment intrigant, assez long pour assurer une montée dramatique, logiquement cohérent, le texte plonge au cœur de l’obsession de Max Harrow et déroute assez le lecteur pour la lui faire partager. Il aurait fait un excellent épisode de The Twilight Zone, il en a le format et la saveur (mais, voir dessous). Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler l’histoire et je conseille vivement à d’éventuels lecteurs d’en apprendre le moins possible sur Faute de temps avant de le commencer.

            Première publication de Faute de temps en 1963, et adaptation télé par la BBC en 1965, série Out of the Unknown S01E10.


Éric JENTILE
Première parution : 1/10/2015 dans Bifrost 80
Mise en ligne le : 19/7/2020


 
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