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Alice Automatique

Jeff NOON

Titre original : Automated Alice, 1996
Traduction de Marie SURGERS
Illustration de Corinne BILLON

La VOLTE
Dépôt légal : mars 2017
Réédition
Roman, 160 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 978-2-37049-036-0
Format : 15,5 x 21,0 cm
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre Alice Automate   FLAMMARION, 1998

Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
À la poursuite de son perroquet
dans les entrailles d’une horloge,
Alice atterrit à Menchester,
en 1998.
Boarocrates,
ordinatermites,
anagrammes,
un anti-boucher,
un certain monsieur Dodgson
et Celia,
la poupée devenue petite fille automatique.

Les puzzlomeurtres
se multiplient.
Alice doit retrouver
les pièces manquantes
et regagner 1860
à temps pour sa leçon d'anglais
de quatorze heures.

Le troisième tome
d'Alice au pays des merveilles ?
Pas si simple, c’est du Jeff Noon.
Les champignons de Lewis Carroll
rencontrent les plumes de l’univers de Vurt
dans un conte de fées futuriste.
Critiques

    Déjà paru en France en 1998, le troisième roman de Jeff Noon reparaît aujourd’hui à la Volte, éditeur emblématique de l’auteur, dans une nouvelle traduction de Marie Surgers (qui n’en est pas à son premier fait d’armes en la matière – voyez l’extraordinaire Intrabasses, dûment récompensé).

    L’auteur était alors en plein « Vurt », un « cycle » hors-normes, où l’influence séminale de Lewis Carroll se mêlait à une sorte de cyberpunk déjanté. Avec Alice automatique, Noon rendait à César ce qui appartenait à César, mais sans oublier son univers propre. Ainsi, tout en livrant une « troisième aventure » de la petite Alice, il prolongeait en même temps Vurt et Pollen – plumes aux effets psychédéliques et chimères entre l’homme et l’animal sont donc de la partie, et ont peut-être même quelque chose d’une genèse.

    Or le pays qui se trouve au-delà de l’horloge où se précipite Alice, à la poursuite du perroquet Whippoorwill, n’a rien à envier au Pays des Merveilles ou à celui qui se trouvait de l’autre côté du miroir… Car elle se retrouve à Manchester en 1998 – 138 ans de retard pour sa leçon d’anglais de quatorze heures, la grand-tante Ermintrude sera furieuse… Il lui faut donc rentrer chez elle, et à temps pour cette leçon – car la petite fille bénéficie d’une certaine force de caractère, même si elle doit beaucoup à sa candeur.

    Mais c’est un bien curieux univers que cette Manchester légèrement futuriste – le lecteur en est probablement plus décontenancé que l’héroïne… C’est que la néomonie y règne, qui a créé des hybrides fantasques fusionnant hommes, animaux et objets. Un blairhomme ici, un arachnogosse là, des boarocrates partout…

    Et des puzzlomeurtres. Car c’est dans une enquête policière que se lance Alice : les crimes s’enchaînent, démantibulant des victimes déjà chimériques, et sur chaque cadavre on retrouve une pièce de puzzle… Ce qui tombe bien : en 1860, Alice faisait un puzzle du zoo de Londres, mais il lui manquait très exactement douze pièces – il lui suffit de les retrouver, et elle pourra rentrer chez elle…

    D’autant qu’elle a des alliés : le capitaine Fracaboum, spécialiste en aléatoirologie, ou la chrownotransductionologue Chrowdingler – sans parler de Celia, l’Alice Automatique, à la fois réelle et imaginaire. Il faut bien ça pour vaincre les points de suspension…

    Sur cette base, Noon livre un roman nonsensique, où la matière et les procédés de Lewis Carroll, bien intégrés et superbement pastichés (tâche ô combien périlleuse, pourtant), s’insèrent dans l’univers virtuel  ; s’instaure une complicité savoureuse entre l’auteur et le lecteur qui s’avère bien plus complexe (et singulière) que ce que l’on pourrait croire de prime abord, et merveilleusement ludique.

    À l’évidence, Alice automatique a dû représenter un vrai casse-tête pour la traductrice – tant les mots-valises et autres anagrammes abondent à chaque paragraphe. Ainsi que l’on pouvait s’y attendre, Marie Surgers s’en sort au mieux, et le court roman n’en est que plus jubilatoire, car ces divers jeux de mots sont ici à leur place, et n’ont pas la lourde gratuité caractéristique d’un autre auteur de la Volte, celui qui (hordeducontre)vend bien…

    Hommage passionné et réjouissant, Alice automatique constitue le plus ludique des livres de Noon  ; le projet avait quelque chose d’arrogant, mais le résultat est à la hauteur du talent de cet excellent auteur, dont on ne remerciera jamais assez l’éditeur pour ces belles éditions françaises.

Bertrand BONNET
Première parution : 1/7/2017 dans Bifrost 87
Mise en ligne le : 8/1/2023

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition FLAMMARION, (1998)

[Chronique de l'édition anglaise parue chez Doubleday en 1996]

     Réjouissons-nous car il semble que Flammarion soit décidé à nous faire découvrir l'intégrale de Jeff Noon. Automated Alice, le troisième roman de ce jeune auteur, nous entraîne à la poursuite d'une petite fille bien connue qui, après avoir voyagé au Pays des merveilles et être passée À travers le miroir se retrouve projetée dans le futur, à Manchester en 1998.

     La petite Alice, de visite chez sa tante Ermintrude, s'ennuie. Elle a pour seuls compagnons de jeu sa poupée Celia, un puzzle du zoo de Londres auquel il manque des pièces et Whippoorwill, un perroquet facétieux et désobéissant.

     Lorsque Whippoorwill s'enfuit, Alice part à sa recherche, comme jadis à la poursuite d'un curieux lapin. Elle est une fois encore projetée dans un monde étrange et plein de surprises. Les habitants de Manchester sont mi-hommes mi-animaux et ils se déplacent sur des chevaux mécaniques. Une horde de serpents fait régner la terreur sur la ville et Alice ne peut compter que sur l'aide d'une, jumelle mécanique : sa poupée Celia devenue une petite fille de porcelaine.

     Alice va-t-elle pouvoir récupérer Whippoorwill et retrouver son époque et la maison de sa tante à temps pour sa leçon de grammaire ? Va-t-elle découvrir à quoi sert une ellipse et comment expliquer à sa tante la disparition de Celia qui choisit de rester en 1998 ?

     Automated Alice est l'hommage le plus flagrant rendu par Jeff Noon à un auteur, Lewis Carroll, qui inspire toute son oeuvre. C'est une transcription des préoccupations de Noon dans le monde onirique et le style parsemé de jeux de mots et de non-sens de Carroll. C'est le reflet joyeux des ambiances sombres du reste de l'oeuvre de Noon. Les animaux doués de parole d'Automated Alice sont une traduction dans le langage de l'enfance des hommes-animaux de Pollen. La recherche du rêve est ici un parcours poétique.

     L'auteur profite également de sa visite dans l'univers de Lewis Carroll pour y apporter sa contribution. Il ajoute à la double nature d'Alice (Alice Liddell, la vraie Alice, et Alice au pays des merveilles, l'Alice imaginaire) une troisième personnalité, Celia Hobart, l'Alice noonesque dont le prénom est l'anagramme de son modèle et qui n'est ni réelle ni imaginaire, mais entre les deux.

     Jeff Noon poursuit sa quête du rêve en version conte de fée et Automated Alice est une bouffée d'air frais, une gourmandise.

Sophie GOZLAN
Première parution : 1/1/1998
dans Bifrost 7
Mise en ligne le : 3/11/2003

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