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L'Épée de l'hiver

Marta RANDALL

Titre original : The Sword of Winter, 1983

Traduction de Nathalie SERVAL
Illustration de Alain BRION

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 604
Dépôt légal : mai 2018
384 pages, catégorie / prix : 8,30 €
ISBN : 978-2-07-270096-5
Format : 10,8 x 17,8 cm  
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    

Après avoir longtemps régné en tyran sur la puissante et glaciale province de Jentesi, Gambin est sur le point de mourir et prend un malin plaisir à ne pas désigner son successeur parmi ses héritiers. Intrigues et complots vont bon train et des jours sombres menacent le pays de Cherek. Lyeth, la messagère personnelle de Gambin, attend, elle, avec impatience, la mort de son seigneur pour être ainsi délivrée de son serment d’allégeance envers lui. Mais sa rencontre avec Emris, un jeune orphelin, va la plonger, malgré elle, au cœur du danger. 

L’épée de l’hiver est un roman de fantasy subtil, décrivant, par touches légères, un monde original et des personnages d’une grande richesse.

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition OPTA, Club du livre d'anticipation (1987)


     Ce qui reste de l'humanité dans le pays de Dare a trouvé refuge dans l'antique citadelle noire de Renweth, mais leur faut-il abandonner tout espoir de regagner le monde extérieur ? Les Ténébreux sont en effet là, qui guettent la citadelle, tournent autour d'elle la nuit en cherchant à briser les charmes qui protègent ses portes. Ingold Inglorion, sorcier que les bigots de la cour n'apprécient guère et sans lequel pourtant ils seraient déjà morts, Ingold donc, pense trouver des secours à Quo, la ville secrète des siens ; il part donc avec Rudy à travers les plaines glacées, poussé par l'espoir. Pendant ce temps, Gil demeure à la citadelle, et tente d'élucider sur place le mystère même de ce lieu où l'on est à l'abri des Ténébreux, les ennemis de l'humanité.
     Il n'y a plus comme dans le premier tome de grands mouvements de population, des combats terrifiants contre les Ténébreux... On a au contraire affaire ici à un roman essentiellement intimiste, dont toute l'intrigue se resserre autour des trois personnages principaux. Mais si l'intrigue est aussi dépouillée que le décor, c'est au bénéfice de la psychologie, de l'atmosphère et des descriptions de paysages — Hambly a du style et nous le montre. Les lecteurs amateurs d'action trépidante auront certainement l'impression que l'histoire piétine ; il n'en est rien ! Barbara Hambly a simplement choisi ici un traitement plus subtil, vu par le petit bout de la lorgnette. Et qui dit action dépouillée ne dit pas roman mineur : Le mur des ténèbres est passionnant à plus d'un titre. Il est certainement moins aisé de parvenir à un tel dépouillement qu'au fracas des armes et aux grandes déclamations de la fantasy épique.
     Intimiste, l'intrigue de L'épée de l'hiver l'est aussi à sa manière. Le principal de ce sympathique roman de fantasy se déroule en effet en un seul et même lieu, le château de Jentesi, au nord du glacial pays de Cherek. Le vieux roi Gambin, un tyran de la pire espèce, se meurt lentement et s'est cruellement amusé à réunir autour de lui les prétendants au trône (ses deux fils et ses deux filles), ainsi que l'ensemble de sa cour. Pour corser le jeu Gambin s'est bien gardé de désigner son dauphin, et les intrigues mesquines voire criminelles vont bon train dans le château perché sur son rocher au milieu des eaux glacées... Le personnage principal de l'œuvre de Marta Randall (dont c'est la première traduction) est Lyeth, la Cavalière du tyran. Comme tout le monde dans la province elle attend avec impatience la mort de son maître, pour pouvoir enfin être débarrassée de son serment. Car les Cavaliers, traditionnellement les messagers du royaume, n'apprécient guère de s'être vus transformés en chiens de chasse et oiseaux de mauvais augure par leur souverain ! L'épée de l'hiver offre une galerie de portrait très réussie, dont les acteurs ne sont jamais manichéens mais toujours attachants, même ceux (comme Gambin) dont les âmes sont les plus sombres. Le cadre choisi est lui aussi assez original en fantasy : loin de l'usuel pseudo-Moyen-Age, on est ici dans une sorte de XVIIIe siècle, la vapeur en est à ses débuts, comme le télégraphe, et l'on vient de découvrir un continent civilisé dans le sud... La société de Cherek, une fédération de royaumes tendant (sans y parvenir) vers la démocratie, est en pleine évolution, les temps changent, et l'agonie de Gambin, seigneur d'une des provinces les plus proches des glaces, n'est qu'un événement mineur dans cette époque. Marta Randall a fait là œuvre attachante, une sorte de fusion entre ce qui peut faire le charme de la fantasy d'aventure, celui du roman de cape-et-d'épée (on songera au Prisonnier de Zenda) et celui du roman policier classique : une lecture jubilatoire.
     Daniel Walther sait choisir avec discernement parmi ce que la fantasy anglo-saxonne moderne a de plus sympathique, et l'illustratrice désignée dans les deux cas (Florence Magnin) a un talent délicat qui convient parfaitement à ce genre d'œuvres. Dommage seulement que (pour de bêtes raisons d'économie, et ce depuis quelques années) les gardes soient maintenant identiques, et que les cartes ne soient que partiellement traduites.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/3/1987
dans Fiction 384
Mise en ligne le : 29/1/2003




 

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