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Carbone modifié

Richard MORGAN

Titre original : Altered Carbon, 2002

Cycle : Takeshi Kovacs vol.

Traduction de ANGE

BRAGELONNE (Paris, France), coll. Poche
Dépôt légal : février 2018
576 pages, catégorie / prix : 8,20 €
ISBN : 979-10-281-0545-7   
Genre : Science-Fiction

Photographie de couverture : © Dave Wall / Arcangel Images.



    Quatrième de couverture    

PRIX PHILIP K. DICK 2003

Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ? Vous tenez entre vos mains le polar du futur.

Un techno-thriller dopé aux amphétamines, une énigme troublante incendiée de violence, interdite aux cœurs fragiles.


    Prix obtenus    
Philip K. Dick, roman, 2003
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition BRAGELONNE, (2003)


     La quatrième de couverture nous apprend que Carbone modifié fait déjà l'objet d'un projet d'adaptation à Hollywood. On comprend vite pourquoi : ce récit de SF survitaminé s'avère en effet extrêmement visuel, impeccablement rythmé et diablement cinématographique. Un peu trop peut-être... Car à force de jouer avec les codes et la construction type du thriller hollywoodien, Carbone modifié finit par ressembler de près à un caricatural scénario « clé en main », jusqu'à son dénouement grotesque, prétexte sans doute à un déluge d'effets spéciaux dans le film à venir.
     XXVIe siècle. Laurens J. Bancroft, magnat de la finance, s'est fait pulvériser la tête par une arme laser. La police a conclu au suicide, mais Bancroft n'en croit pas un mot. Pourquoi se faire sauter la cervelle en effet, quand vous êtes un math (comme Mathusalem), un presque immortel assez riche pour bénéficier d'une sauvegarde régulière de votre esprit via une liaison satellite ? Bancroft, réincarné dans son propre clone, engage un privé pour enquêter sur sa propre mort — sa dernière sauvegarde étant trop ancienne pour avoir mémorisé l'événement et l'identité du coupable. Takeshi Kovacs entre alors en scène, guerrier endurci originaire d'une planète lointaine, voué à changer d'enveloppe corporelle au hasard de ses missions. Sur cette Terre décadente où l'âme est téléchargée dans une simple pile et où les apparences sont forcément trompeuses, Kovacs va mettre la ville à feu et à sang, prisonnier de son conditionnement de machine à tuer. Au programme : sexe torride, drogues vaudoues et fusillades musclées.
     Dans sa première moitié, Carbone modifié ne connaît pas de temps mort. On pense à un Blade Runner sous amphétamines, les péripéties se succèdent avec un punch inouï dans un décor interlope, bref, on est heureux ! Hélas, l'accumulation de clichés finit par lasser et la tension s'estompe en cours de route, comme si l'auteur avait concentré son capital d'idées fortes dans la première partie. Plus gênantes encore sont cette ultra-violence complaisante et cette désinvolture affichée envers les victimes de la folie meurtrière de Kovacs. Éloge de la vengeance, usage systématique de la force, retour à l'ordre moral : il n'est guère surprenant que les producteurs de Matrix se soient emparés de ce thriller pyrotechnique...
     Son intérêt réside plutôt dans sa déclinaison populaire d'une idée jusqu'ici souvent réservée à la hard science : la copie numérique de l'âme humaine. Richard Morgan a compris qu'un tel postulat de base pouvait se montrer extrêmement fertile en situations rocambolesques, et ouvrir la porte à des considérations plus volontiers philosophiques. Ainsi Kovacs, non-fumeur, doit lutter constamment pour résister à l'appel de la cigarette suscité par le précédent occupant de son enveloppe charnelle, fumeur invétéré ; illustration brillante du débat sur la nature de l'âme : si l'on change de corps, est-on encore le même ?

Olivier NOËL
Première parution : 1/6/2003
dans Galaxies 29
Mise en ligne le : 21/1/2007




 

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