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Le Congrès de futurologie

Stanislas LEM

Titre original : Kongres futurologiczny ze wspomnien ljona tichego, 1971
Première parution : Wydawnictwo Literackie, 1971
Cycle : Ijon Tichy vol. 1 

Traduction de Anna LABEDZKA & Dominique SILA

ACTES SUD (Arles, France), coll. Babel n° 1779
Date de parution : 6 octobre 2021

Réédition
Roman, 176 pages, catégorie / prix : 6,70 €
ISBN : 978-2-330-15555-1
Format : 11,0 x 17,6 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture

Le matin de l'ouverture du huitième congrès de futurologie à Costaricana, le consul des Etats-Unis est enlevé. A peine la première séance du congrès engagée, une révolution prend vie dans la rue et le gouvernement réplique à grands coups de substances chimiques annihilant toute violence chez ceux qui les inhalent. Réfugié dans les égouts, le Pr Ijon Tichy reprend ses esprits quarante ans plus tard, en 2039, dans une société où la psychimie règne sur le monde...

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) (1985)

     Aux yeux de tout amateur éclairé, un ouvrage de SF qui manie les univers emboîtés et la falsification des apparences se place très « naturellement » (cette illusion du « naturel » au cœur du culturel !) dans la filiation de Philip K. Dick.
     Ijon Tichy était venu à Costaricana, tout simplement, pour assister à un congrès de futurologie. Mal lui en prit : des terroristes choisissent ce moment pour transformer la ville en champ de bataille, et le gouvernement pour répliquer brutalement. Des psychotropes diffusés massivement par l'eau potable font du Hilton et des environs, puis sans doute de la cité ou du pays tout entier, des théâtres d'illusions rudement réalistes. De monde rêvé en monde cauchemardé, Tichy finit par débarquer en 2039 — ou du moins le croit-il — dans un New York utopique à souhait, où règne l'universel bonheur et la paix définitive. Grâce à la psychimie. Mais cette utopie ne résiste pas à l'esprit critique de Tichy, qui découvre bien vite combien les apparences, encore et toujours, ne sont que miroirs trompeurs. Le « réel » New York de 2039 n'a rien à envier à l'Amérique de Dick ni aux para-mondes de Mensonges & Cie. Un restaurant luxueux n'est qu'un sous-sol sordide où les convives s'entassent pour avaler une nourriture infecte. Tichy tente d'échapper à cet avenir et d'entraîner l'un des responsables de cet enfer dans la mort : sautant d'un gratte ciel, il se retrouve... dans les égouts sous le Hilton de Costaricana en proie à l'agitation révolutionnaire. Oui, plus dickien, c'est duraille.
     Mais Le congrès de futurologie, que J'ai Lu réédite, est signé Stanislaw Lem. Et la tradition littéraire du polonais est bien différente : sa satire tient davantage du conte philosophique, et sa mise en scène d'un futur fou est aussi lecture des romans (Dick entre autres) qui tentent de rendre compte de cette tendance folle et autodestructrice de l'espèce humaine. Ce roman sur les perceptions ne cesse de détruire habilement la construction romanesque de son propre récit : Lem remet en cause ce qu'il écrit quelques pages auparavant. On a rarement atteint ce point de finesse et de réussite, laissant pantois tout à la fois les personnages et le lecteur. Épistémologique, Lem, comme l'avança Bozzetto ? Ijon Tichy nous montre que les certitudes sont malsaines, et qu'il ne faut cesser de s'interroger : le long passage dans l'univers de 2039 se résout en une demi-page, et le romancier plante là ceux qui lui ont fait confiance jusqu'alors, vous et moi ! Il ne faut même pas croire la littérature !

Dominique WARFA (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/3/1985
dans Fiction 360
Mise en ligne le : 2/10/2003


Edition CALMANN-LÉVY, Dimensions SF (1976)

 
     A l'occasion d'un congrès de doctes futurologues dans une République imaginaire d'Amérique Latine, un emboîtage d'univers subjectifs qui est aussi la mise en boîte d'une certaine SF à la sauce américaine : passé ce qui parait être une satire très réussie de romans semi-utopiques tels que L'enfant de la science d'Heinlein ou L'âge du plaisir de Pohl, Lem détruit strate par strate les « illusions » qu'il a construites, laissant ses personnages comme ses lecteurs nus jusqu'à l'os. Plus qu'une anti-utopie dont les mécanismes frappent constamment juste (pharmacopée omniprésente maintenant les citoyens dans l'assujettissement le plus total — jusque et y compris en modifiant leur perception de l'environnement), le récit fonctionne comme un anti-roman, une anti-SF, une négation de la création conjecturale rationnelle romanesque chère à Versins. Ces préoccupations fort sérieuses n'ont pas empêché Lem de jouer en maitre avec le vocabulaire de son XXIe siècle (mais ses traducteurs ont été à la hauteur). Citons seulement quelques-unes des innombrables variations sur le terme robot : nécrobot, hydrobot, robustre, homignon, altrinot, cyberlope, autobath, turbinot, etc.) et cette perle : braquemart — qui désigne « un hold-up dans une banque de sperme ». Dans le ton de Mémoires trouvés dans une baignoire, mais infiniment plus réussi.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/10/1976
dans Fiction 273
Mise en ligne le : 11/11/2013

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Le Congrès , 2013, Ari Folman (Moitié prise de vue réelles, moitié animation...)

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