Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Montagne morte de la vie

Michel BERNANOS

Cycle : La Montagne morte de la vie  vol. 3



L'ARBRE VENGEUR (Bordeaux, France), coll. L'Arbuste véhément
Date de parution : 8 septembre 2022

Réédition
Roman, 126 pages, catégorie / prix : 9,00 €
ISBN : 978-2-37941-200-4
Format : 10,5 x 15,5 cm
Genre : Fantastique


Autres éditions
   L'ARBRE VENGEUR, 2017
   in Le Cycle de la Montagne morte de la vie - Romans fantastiques, FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 1996
   LIVRE DE POCHE, 1977
   PAUVERT, 1967
   LA TABLE RONDE, 1984, 2008

Quatrième de couverture
Ce roman mythique de Michel Bernanos, suicidé avant de l’avoir vu édité, est une sidérante synthèse de plusieurs genres littéraires qu’il transcende. On commence par un roman de mer, une histoire de pirates au bateau encalminé en pleine mer et du mousse embarqué dans un cauchemar quand l’équipage ravagé par la faim et le mauvais alcool s’entredévore. On continue par une tempête formidable, un cyclone effrayant qui engloutit les derniers survivants comme si les enfers les accueillaient. Deux naufragés ressortiront de la gorge infernale, le matelot, qui nous raconte son aventure, et un vieux briscard qui l’a protégé. Les voilà vite échoués sur une rivage sans pareil, peuplé d’hommes statufiés au pied d’une montagne écrasante. Portés par un seul et maigre espoir, ils entreprennent de gravir cette masse rocheuse qui semble animée d’une vie propre. Cette ascension constituera l’acmé de ce livre qui sort du réel pour nous projeter dans un autre monde.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, SF (1ère série, 1977-1981) (2001)

     Au terme d'une nuit de beuverie, le narrateur, un jeune homme de dix-huit ans, signe un engagement d'un an comme mousse sur un galion à destination du Pérou. Cruellement chahuté par l'équipage, il est défendu par Toine, le cuisinier du bord, qui le prend finalement sous son aile. Le voyage se poursuit tranquillement jusqu'au drame  : alors que le galion atteint l'équateur, les vents tombent soudain, immobilisant complètement le vaisseau loin de toute terre. C'est alors l'angoissante attente qui commence  : les jours et les semaines s'écoulent dans une inaction forcée qui plonge l'équipage dans le désarroi le plus total, au fur et à mesure que les vivres et les réserves d'eau douce s'épuisent. Le scorbut se propage, et bientôt une mutinerie éclate pour la mise en perce des tonneaux de rhum que transporte le bateau. Rendus fous par la faim et l'alcool, les marins se comportent bientôt comme des bêtes, tandis que Toine tente de préserver le narrateur des épouvantables scènes de violence qui se succèdent à bord. Le cuisinier au grand cœur par la ruse à se faire remettre le commandement du galion au moment où, enfin, les vents se lèvent et gonflent les voiles. Mais le soulagement sera de courte durée  : un cyclone s'abat sur le bateau dont le naufrage jette Toine et le narrateur, seuls rescapés, sur une île à la végétation étrange, dominée par une haute et sombre montagne...
     Très court récit de moins de 150 pages, La Montagne morte de la vie se compose de deux parties bien distinctes  : la première, qui tient du roman maritime, n'est pas sans rappeler Jean Ray par sa description du monde des matelots et des dangers de la vie à bord  ; cependant, là où l'auteur belge affiche une certaine tendresse, Michel Bernanos (fils de Georges) dépeint la cruauté de cet univers avec une totale absence de complaisance. La deuxième partie, le vrai cœur du récit, relate l'aventure de Toine et du narrateur sur l'île où ils se sont échoués, théâtre de phénomènes bien étranges. Jean Ray et Lovecraft apparaissent également ici en filigrane, entre paysages oniriques, horreurs indicibles et dimensions parallèles... Difficile d'être plus précis sans gâcher le plaisir du lecteur. En une poignée de pages, jouant avec maestria sur le non-dit, Michel Bernanos réussit la gageure de créer une atmosphère étrange et prenante, une angoisse quasi-physique là où nombre d'auteurs fantastiques peinent à provoquer un timide frisson à coup de centaines de pages indigestes et d'hectolitres d'hémoglobine. On se prend à trembler lorsque Toine, figure paternelle et rassurante, s'éloigne du narrateur, livré comme le lecteur à un monde inconnu et irréel.
     Ce roman possède l'originalité, la poésie envoûtante, le style, et le petit ingrédient secret, mais indispensable, qui fait que le lecteur est empoigné sans même songer à résister. Un véritable chef-d'œuvre de la littérature fantastique, qu'il faut de toute urgence découvrir. Seul point noir du volume  : Un court appareil critique ou une notice bio-bibliographique détaillée auraient été bienvenus en lieu et place de la postface de l'édition Livre de Poche, signée par Dominique de Roux, où la platitude le dispute à l'hermétisme.
     La Montagne morte de la vie fait partie de ces rares livres qui vous laissent partagé entre le désir de les faire connaître à tous et la tentation de garder pour votre seul plaisir égoïste une pépite méconnue. En écrivant ces quelques lignes, j'ai fait mon choix, mais ce ne fut pas sans peine.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 8/9/2001
nooSFere

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 77977 livres, 89486 photos de couvertures, 73926 quatrièmes.
8689 critiques, 42392 intervenant·e·s, 1628 photographies, 3751 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2022. Tous droits réservés.