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Mozart en verres miroirs

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Bruce STERLING

Titre original : Mirrorshades : the Cyberpunk Anthology, 1986

Traduction de Michèle ALBARET
Illustration de Tim WHITE

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 451
Dépôt légal : décembre 1987
320 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-207-30451-5
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Neuromantiques, Néo-classiques, Vague des années 80, Technopunks, Cyberpunks : ils ont eu droit à presque autant d'étiquettes qu'ils comptent de représentants.
     Forment-ils école ? Chacun prétend creuser son sillon personnel tout en contribuant à l'émergent de quelques dénominateurs communs : actualisation de la référence scientifique, intérêt fasciné pour la rencontre des technologies de pointe et de la culture populaire, tableau d'un futur qui est à la fois projection et extrapolation d'une décennie marquée par la révolution informatique.
     Font-ils bouger la SF ? Telle est leur intention, mais par le biais d'un retour aux sources vives du genre.
     Pour y voir clair, voici, dressée par Bruce Sterling, la carte du territoire « cyberpunk » : douze nouvelles signées Greg Bear, Pat Cadigan, Paul Di Filippo, William Gibson, James Patrick Kelly, Marc Laidlaw, Tom Maddox, Rudy Rucker, Lewis Shiner, John Shirley et Bruce Sterling lui-même.

    Sommaire    
1 - Bruce STERLING, Préface (Preface), pages 7 à 15, Préface, trad. Michèle ALBARET
2 - William GIBSON, Le Continuum Gernsback (The Gernsback Continuum), pages 19 à 31, trad. Michèle ALBARET
3 - Tom MADDOX, Des yeux de serpent (Snake Eyes), pages 35 à 58, trad. Michèle ALBARET
4 - Pat CADIGAN, Rock toujours (Rock on), pages 61 à 70, trad. Michèle ALBARET
5 - Rudy RUCKER, Les Mésaventures de Houdini (Tales of Houdini), pages 73 à 79, trad. Michèle ALBARET
6 - Marc LAIDLAW, Les 400 (400 boys), pages 82 à 100, trad. Michèle ALBARET
7 - James Patrick KELLY, Solstice (Solstice), pages 103 à 145, trad. Michèle ALBARET
8 - Greg BEAR, Petra (Petra), pages 149 à 170, trad. Michèle ALBARET
9 - Lewis SHINER, Le Jour où des voix humaines nous éveilleront (Till Human voices wake us), pages 173 à 186, trad. Michèle ALBARET
10 - John SHIRLEY, Freezone (Freezone), pages 189 à 233, trad. Michèle ALBARET
11 - Paul DI FILIPPO, Pierre vit (Stone lives), pages 237 à 263, trad. Michèle ALBARET
12 - William GIBSON & Bruce STERLING, Étoile rouge, orbite gelée (Red Star, Winter Orbit), pages 267 à 289, trad. Michèle ALBARET
13 - Lewis SHINER & Bruce STERLING, Mozart en verres miroirs (Mozart in mirrorshades), pages 293 à 311, trad. Michèle ALBARET

    Prix obtenus    
Petra : Science Fiction Chronicle, nouvelle / Short story, 1983

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes :     

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Tomorrow Calling , 1993, Tim Leandro (d'après le texte : Le Continuum Gernsback), (Téléfilm)
 
    Critiques    
     Note : Critique rédigée pour le coffret « Les Cybernautes »


     L'idée en soi n'était pas mauvaise, et si l'édition fonctionne désormais sur le mode du paquet cadeau, pourquoi pas un coffret cyberpunk  ? Et pourquoi ne pas le ficeler sous l'appellation de « cybernautes  »  ? Il est vrai que si Denoël a raté William Gibson, la collection a publié quelques titres qui ne déparent pas l'histoire du « mouvement ».
     Néanmoins, l'esthète désabusé, à supposer qu'il ait la moindre affinité envers la cyberlittérature, pourra à bon droit s'étonner de l'assemblage dudit coffret. Il y reconnaîtra deux incontournables, dont l'éditeur peut se montrer fier  : les deux anthologies. Celle de Bruce Sterling, Mozart en verres miroirs, a fait office de manifeste. Si sa préface contient quelques traces d'autosatisfaction, le choix des textes offre quelques pépites, même si je me demande toujours ce que Petra de Greg Bear fait là-dedans. Quant au Demain les puces de Patrice Duvic, ce fut quand même le recueil qui permit, historiquement, au lecteur francophone de se rendre compte que la SF n'était pas totalement passée au large de l'informatique. Mais attention  : il ne s'agit pas d'une réédition à l'identique ! Johnny Mnemonic, à la descendance désormais hollywoodienne, est passé aux pertes et profits, mais figure dans le recueil Gravé sur chrome (J'ai lu). Je regrette davantage la disparition de Mémoire vive, mémoire morte de Gérard Klein, qui marquait alors le retour à l'écriture de l'écrivain, même si une autre vie est offerte par ailleurs au texte (voir nos Galaxies infos). En revanche, l'insertion du Bumpie™ de Francis Valéry permet de revenir sur ce beau texte couvert de lauriers.
     Venons-en aux deux romans. J'avais aimé naguère Le Temps du twist de Joël Houssin, bien que je ne sois toujours pas certain de ma motivation  : la nostalgie de Led Zep devait y être pour quelque chose. Mais c'est un roman de qualité, et j'aime bien cette vision de l'effacement de trames temporelles perçue comme la réécriture de secteurs d'un disque dur. Voilà une métaphore réellement « cyber  »... N'empêche  : inclure Houssin dans un coffret cyberpunk, n'est-ce pas aussi un peu recto-politique (protection des minorités  ?), ou respect strict de l'exception culturelle ?
     Le cas de Walter Jon Williams et de Câblé est encore plus tangent. À fouiller dans le catalogue de la collection, on peut se demander pourquoi lui et non, au hasard, Bruce Sterling (le très beau recueil Crystal express), ou Michael Swanwick, ou même Gwyneth Jones (passons sur Richard Kadrey). Sept jour pour expier, qui n'a rien de cyberpunk, est quand même d'une autre tenue que ce Hardwired un peu lourdingue. Mystère des sélections...
     Au total, soyons positif, un coffret plus qu'intéressant pour le néophyte, surtout les deux anthologies, mais qui ne représente certainement pas la quintessence du « mouvement ». Ah ! Si certains titres présents au catalogue de la concurrence avaient dès le départ été retenus par Denoël...

Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/3/1997 dans Galaxies 4
Mise en ligne le : 3/12/2001


     Que veut dire « cyberpunk » ? Un personnage de roman, féru à la fois de horions et d'informatique, qui se meut dans un monde technologique et néanmoins cruel ; l'auteur qui l'écrit (exemple canonique : William Gibson) ; l'ensemble d'un courant de la SF américaine des années 80. Le cyberpunk est une mode ; Bruce Sterling s'emploie à en faire un « Mouvement » par des préfaces et présentations plus excitées les unes que les autres. Comme maint auteur qui se font critique, comme Emmanuel Jouanne qui applique à la SF française une dichotomie parallèle quoique d'inspiration différente (Le Monde, 12 février 1988), il nous en apprend plus sur lui-même que sur ses collègues. C'est que le « Mouvement » n'est guère que médiatique — à supposer qu'un mouvement littéraire constitué puisse, ou veuille, être autre chose qu'un instrument de promotion de ses membres.
     Opportuniste, Rudy Rucker l'a bien compris, lui qui n'a guère en commun avec les cyberpunks que le ton irrévérencieux de ses œuvres. Quant à Greg Bear et James Patrick Kelly, ils ne se sont jamais considérés comme membres du courant. Si Kelly, avec l'histoire compliquée d'un concepteur de drogue, nous plonge dans une ambiance qui convient au recueil, Bear et Rucker se livrent à des fantaisies qui sont bienvenues pour en briser la monotonie. Car le mouvement compte aussi ses suiveurs ou ses vétérans fatigués, Shiner, Maddox, Shirley. La violence de leurs textes ne suffit pas à leur conférer l'énergie.
     On trouvera enfin dans ce recueil des témoignages — trop peu nombreux — des talents de Gibson et Sterling ; mais les nouvelles de Gibson sont déjà toutes parues dans Gravé sur Chrome. Si elle représente un bon choix de science fiction américaine contemporaine, si elle montre qu'au détour de la fascination technologique, les jeunes auteurs américains ont repris goût à une vue politique du monde abandonnée par bien des auteurs français, cette anthologie ne suffit pas à convaincre de la fécondité du cyberpunk — au-delà de quelques individualités marquantes. Lisez Neuromancien (Gibson), lisez Schismatrice (Sterling), lisez Software (Rucker), ou relisez La Ballade de City (où Shirley réussissait en 1979 ce qu'il copie si mal de nos jours).


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/3/1988 dans Fiction 395
Mise en ligne le : 16/4/2003


 

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