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Oméga

Robert SHECKLEY

Titre original : The Status Civilization / Omega!, 1960
Première parution : Amazing Science Fiction Stories, août et septembre 1960 (sous le titre "Omega!"). En volume : Signet, 1960 (sous le titre "The Status Civilization")
Traduction de Frank STRASCHITZ
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5001
Dépôt légal : 1er trimestre 1977, Achevé d'imprimer : 14 mars 1977
Réédition
Roman, 192 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-266-00328-3
Format : 10,8 x 17,8 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
Oméga, le bagne spatial. Une société de hors-la-loi qui admet le crime, l'admire et le récompense. Un enfer où les damnés ont subi un lavage de cerveau et ne savent même plus pourquoi ils sont là  ; où il faut devenir toxicomane sous peine de mort  ; où les tueurs tiennent le haut du pavé, comme les kapos dans les camps de concentration.
Le héros de cette histoire doit s'adapter à ce monde impitoyable. Il apprend à se défendre. Œil pour œil, dent pour dent.
Jusqu'au jour où il revient sur terre. Il croit ses malheurs terminés. C'est alors qu'il apprend la vérité sur son crime et sa condamnation. Et tout à coup, Oméga lui apparaît comme une sorte de paradis.
 
Robert SHECKLEY : Un des très grands écrivains — et certainement le plus corrosif — de la science-fiction américaine. Né en 1928. Débuts en 1952. Ses idées fulgurantes, ses sous-entendus ironiques, font de lui l'un des maîtres de la nouvelle. Il est également l'auteur de romans remarquables comme Le temps meurtrier, où son humour noir, son goût du sarcasme et sons sens de la terreur composent un climat tout à fait personnel.
Critiques
     Écrivain connu et reconnu dans le milieu de la science-fiction pour ses satires et son humour grinçant, très prolifique au cours des années cinquante (notamment dans la revue Galaxy), Robert Sheckley est resté dans les mémoires grâce à un thème qui lui est cher : celui du jeu télévisé futuriste où un homme se retrouve pourchassé par ses semblables. Ce sujet a été traité de nombreuses fois par l'auteur, notamment dans une courte nouvelle (The Price of Peril) adaptée au cinéma par Yves Boisset sous le titre Le Prix du Danger. Oméga (The Status Civilization), un de ses premiers romans, ne déroge pas à la règle en opposant son « héros » à un ordre totalitaire et à la cruauté naturelle de l'Homme, tout en affichant une ironie de tous les instants afin de nous inciter à réfléchir sur le bien-fondé de nos valeurs morales.

     Sur la forme, l'œuvre emprunte un schéma simple, linéaire, mais à l'efficacité prouvée : un personnage central, par les yeux duquel nous sera contée l'histoire, se réveille dans une cellule. Totalement amnésique, il va devoir recouvrer sa mémoire et son identité tout en explorant le monde dans lequel il se retrouve projeté. Nous découvrons alors, avec lui, un environnement digne de l'« off-world » d'Alice à Travers le Miroir : une planète pénitentiaire où toutes les valeurs sont inversées et la criminalité récompensée. Le procédé narratif est connu et toujours efficace (Dumas l'a utilisé dans Les Trois Mousquetaires, l'amnésie en moins, et dans le domaine de la SF Maurice Dantec l'a récemment exploité avec Cosmos Incorporated) et le décor du « lieu-où-vous-n'avez-vraiment-pas-envie-de-vous-rendre », quant à lui, est également un classique du genre (on pensera sans peine à des « films carcéraux » comme New York 1997 ou Absolom 2022). C'est à l'aide de ce parti pris narratif et de ce cadre que Sheckley va s'amuser à mettre en pratique les thèses nietzschéennes relatives à la survie du plus fort, au surhomme et, bien sûr, à l'inversion des valeurs morales.

     Robert Sheckley n'étant pas homme à s'attarder éternellement sur un paysage, son histoire avance vite. Très vite. Dès les premiers pages, les péripéties se multiplient en poussant le lecteur à faire tourner son cerveau à plein régime afin d'assimiler tous les messages que Sheckley essaye de nous faire comprendre : le cruel système hiérarchique de la planète-prison où les plus impitoyables détenus élèvent leur condition sociale, sa religion maléfique obligatoire, l'ironie par laquelle le « héros » se retrouve à gérer un magasin d'antidotes... On se prend toutefois à regretter qu'il ne prenne pas la peine d'installer plus posément son univers, de s'attarder sur les décors, l'ambiance ou les personnages car l'auteur semble tellement pressé d'en venir aux concepts qui l'intéressent qu'il en oublie les élémentaires, en oubliant au passage son cahier des charges d'écrivain. Cette volonté de faire avancer le récit sans temps morts présente toutefois un avantage : les rebondissements s'enchaînent à un rythme effréné, et le lecteur ne s'ennuie pas une seconde. En outre, aucune des révélations brutales fournies ne paraît gratuite ou artificielle ; chacune d'entre elles apporte sa pierre à l'édifice et nous aide à mieux comprendre le propos final (la déshumanisation des individus au profit d'une civilisation homogène et lisse bien trop parfaite pour être honnête).

     Ainsi, après avoir accumulé de nombreuses scènes généralement assez téléphonées dans sa première partie située sur la planète-prison, et où il trouve une nouvelle fois l'occasion de nous faire part de sa fascination pour les intrigues où un homme se retrouve traqué par ses pairs (le héros tue pour ne pas être tué, recherche son identité, cherche à rejoindre la Terre...), Sheckley emprunte ensuite une tournure surprenante et totalement imprévisible digne de la série Twilight Zone. Cette audacieuse façon de terminer son récit rattrape, à elle seule, toutes les maladresses accumulées précédemment tant il semble difficile d'abandonner la lecture avant d'avoir compris où l'auteur souhaite en venir... Son intrigue, jusque là assez classique, prend alors une nouvelle ampleur qui nous incite à remettre en perspective tous les thèmes abordés dans le livre, et à mettre dos à dos deux sociétés fondées sur la moralité et l'immoralité sans que l'une ou l'autre ne paraisse privilégiée aux yeux de l'auteur. On regrettera d'autant plus que la forme ne soit pas plus soignée.

Florent M. (lui écrire)
Première parution : 4/10/2008 nooSFere

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