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Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes

Serge BRUSSOLO


Illustration de Georges RAIMONDO

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 447
Dépôt légal : octobre 1987
Première édition
Roman, 288 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-207-30447-7
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Dans un Paris en partie vitrifié par un récent conflit nucléaire, la crise énergétique fait rage. Pour remédier à la pénurie, un groupe de savants a imaginé de convertir l'âme des morts en électricité. Désormais, les kilowatts sortent tout droit des cimetières !
     L'énergie-fantôme, c'est la mort mise au service de l'électroménager, c'est l'au-delà commandé par un interrupteur, le fleuve des morts qui court sur le filament d'une ampoule électrique, le carburant d'outre-tombe grâce auquel vous pourrez, demain, mettre un fantôme dans votre moteur !
     Mais comme l'apprendra Georges, le médium-dépanneur qui guérit les téléviseurs par simple imposition des mains, l'énergie-fantôme, c'est aussi... l'enfer !

     Romancier et scénariste, Serge Brussolo a écrit à ce jour une quarantaine de livres dans des genres aussi divers que la science-fiction, le fantastique, le roman policier ou le récit d'aventures. L'originalité et la puissance de son imagination lui ont valu (entre autres) le prix Apollo 1984.
Critiques
     « ... Le charbon était épuisé, les gisements de pétrole vitrifiés par les bouffées thermonucléaires des explosions souterraines » : la guerre est passé par là. Où trouver alors de l'énergie ? C'est là qu'entre en scène le DESTROY : Département d'Etudes Stratégiques de Téurgie Récupératoire des Ondes Y. Et qu'est-ce que c'est, une onde Y ? Tout simplement la « mémoire des objets », le fait qu'une « cafetière se souvienne de la morsure des flammes sur son cul », cette mana mécanique, qui peut être captée, et mise en cassette. Une énergie fantôme, en quelque sorte, qui peut se retourner contre ses utilisateurs, devenir sauvage, incontrôlable. Ainsi ce mur des fusillés, où les balles sortent d'elles-mêmes du béton au passage d'humains, pour servir une seconde fois. Mais quand on manque d'énergie, il faut faire feu de tout bois, si l'on peut dire. Même les objets d'art ont une mémoire utilisable : « II ne faut pas hésiter à détruire la Joconde si l'énergie ainsi récupérée permet d'éclairer Paris pendant dix ans ! ». Les objets, les œuvres d'art... et les hommes, donc ? « J'ai un tuyau qui plonge jusqu'à vingt-cinq mètres sous terre, dans l'ancien charnier du quartier, vous saviez ? Là où on a balancé au bulldozer des milliers de macchabés ! Je récupère le gaz de putréfaction qui s'est formé dans la poche, et ça marche ! » Les corps, oui, bon, d'accord. Mais les esprits, les âmes ? Les âmes aussi ! « Les gens du Ministère ont fait des analyses... ils ont découvert que les molécules des ectoplasmes pouvaient être polymérisées. »
     Ouf. Vous en voulez encore ? Lisez Brussolo. Brussolo, c'est une machine en marche, à qui il ne faut qu'un déclic, un mot, une expression, une image, pour foncer en aveugle, mais avec cette logique d'enfer qui le caractérise, droit vers l'accumulation la plus démentielle. Un système, si parfaitement au point que c'en est cruel pour la critique. Que dire du dernier Brussolo qu'on ait pas déjà dit de l'avant-dernier, et d'autres bouquins avant eux ? Ce qui ne veut pas dire que l'auteur est routinier, qu'il se répète, qu'il bégaye... Un même système, oui, mais dont le combustible est chaque fois renouvelé, œ qui nous vaut à chaque fois de surprenantes assiettées d'hénaurmités toujours aussi réjouissantes. Ce Brussolo-là marque son retour en « Présence du futur » après une longue absence due à une Fleuve Noirite accélérée. Un retour dû à l'insistance de Jacques Chambon, il faut le souligner. Doit-on noter un changement de cap, de facture ? Non. Procédure d'évacuation fait simplement 600.000 signes là où les Fleuve en comptent 300. Peut-on penser alors que l'auteur a réuni en un seul volume ce qui aurait pu être matière à deux romans à suivre chez son autre éditeur ? Une certaine baisse de tension, des redites dans la deuxième moitié pourrait le faire penser. Mais peu importe, puisque la soupe est bonne.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/12/1987 dans Fiction 392
Mise en ligne le : 19/11/2002

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