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Demain matin, au chant du tueur !

Michel PAGEL



Illustration de Tim WHITE

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 1294
Dépôt légal : avril 1984
Roman, 192 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-265-02589-5   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     John Wayne est l'un des meilleurs exécuteurs de l'organisation ; tueur rapide et efficace, il a rempli avec succès tous ses contrats. Pourtant, un jour, il se trouve face à une situation totalement imprévue : il doit abattre la femme qu'il aime...
     Ou mourir !

    Cité dans les listes thématiques des oeuvres suivantes :     
 
    Critiques    
     Dans un Paris du proche futur, des lignes du métro abandonnées à la suite d'un tremblement de terre servent de territoire à des “ troglodytes ” fuyant la société de surface qui a fait de la vie, plus que jamais, une bataille pour la survie. Des exécuteurs professionnels s'y promènent tranquillement en jouant du colt, et ils se nomment John Wayne ou Adolf Hitler. Un poète qui a choisi de se taire et de vivre dans un cloaque voit éclore sur sa poitrine une autre bouche qui récite sa poésie. Et un Préfet de Police désire assainir la capitale tandis que les gangs s'affrontent. Ouf.
     Le roman suit un exécuteur, John Wayne, au long d'une intrigue à tiroirs digne de Chandler — sans, malheureusement, Philip Marlowe et l'amour des chats-Manipulation, coups de théâtre, mort, sang et violence. Oui. Mettons de côté l'aspect “ polar ” du livre, qui devient de nos jours une recette, plusieurs critiques en ayant déjà discouru. Je ne cherche pas une spécificité ” à la SF — encore moins à la SF française, microcosme — car il est fort probable qu'elle en mourrait, la pauvre. Il n'entre donc pas dans mon propos de regretter qu'il ne s'agisse pas ici de “ vraie ” ( ?) science-fiction.
     Le problème central du livre de Pagel convoque une autre vieille lune, que je suis quelque peu gêné d'évoquer, mais qui s'impose inévitablement. Elle a nom originalité ; Gêné, dis-je, car j'ai toujours refusé de condamner en son nom. Et cela paraît un couperet taillé dans la fuite en avant de dénoncer un manque d'originalité. Les grands motifs littéraires (mieux : artistiques) ne sont pas légion, et à tout prendre on aurait dû depuis longtemps cesser d'écrire. J'hésite donc toujours à envisager négativement la matière même dont est fait un livre, tant il est vrai que le traitement apporté aux thèmes différencie les plus rabâchés d'entre eux. (Il y a pourtant une limite, semble-t-il, intuitivement, faute de quoi la SF serait une littérature de variations. Sur le sujet global, lire les nouvelles de Nancy Kress et Spider Robinson dans Univers 1984).
     La véritable question que pose Demain matin, au chant du tueur ! tient donc au traitement que donne Michel Pagel du (ou des) sujet(s) qu'il a choisi(s). On a peine à critiquer un jeune auteur. Et il est vrai, tout jugement esthétique mis à part, que les efforts de renouvellement de Patrick Siry sont patents et que ce livre devait être publié. Seulement, il est également permis de concevoir une grande exigence envers les nouveaux venus, en ce qu'ils sont porteurs de la littérature à venir. Que ce livre soit, subjectivement pour Warfa, un quasi échec car il manque de nécessité et d'Identité ne doit pas empêcher Pagel de continuer sa route et, mais oui, de se perfectionner.
     Les historiens du genre s'accordent plus ou moins à regretter que les idées étincelantes de la SF aient durant tout un temps effacé toute écriture. Ce souci a été relayé au travers des prétendues “ nouvelles vagues ” qui accordèrent la place de choix à cette écriture. Tout ceci fait aujourd'hui partie de l'acquis de celui qui se destine à la SF. Il est donc dommage, pour le moins, d'ouvrir un roman par un cliché tel que : “ Robert Lacordet extirpa en maugréant son grand corps dégingandé du sac de couchage ”... Chez Pagel, les portes de métro “ se referment avec des claquements secs ” et les filles que l'on soulève “ ne pèsent presque rien ”. Ecrire polar ? Quel mépris, alors, pour le polar, sous couvert de le célébrer !


Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/7/1984 dans Fiction 353
Mise en ligne le : 1/11/2005


 
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