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La Grande explosion / Le Sanctuaire terrifiant

Eric Frank RUSSELL

Titre original : The Great Explosion / Dreadful Sanctuary

Traduction de C. et L. MEISTERMANN
Illustration de Jean-Louis FLOCH

OPTA (Paris, France), coll. Club du livre d'anticipation n° 69
Dépôt légal : 3ème trimestre 1978, Achevé d'imprimer : 28 août 1978
Recueil de romans, 644 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7201-0104-4
Format : 13,5 x 20,1 cm  
Genre : Science-Fiction

Le Sanctuaire terrifiant a été traduit à partir de l'édition anglaise de 1967 qui est une version révisée de l'originale (Astounding Science Fiction, de juin à août 1948, publiée en volume en 1951).
Tirage limité à 3000 exemplaires numérotés de 1 à 3000 et à 100 exemplaires hors-commerce de collaborateurs marqués H.C.



    Quatrième de couverture    
Quand les transmetteurs Blieder furent inventés il n'y eut plus aucune planète, plus aucun système solaire qui ne fut à la portée de main. Était-ce cela la Grande Explosion ? Toutes les fusées à destination de Mars explosent avant d'atteindre leur destination. Armstrong, 1,90 m, 90 kilos, petit fabricant d'appareils scientifiques et le génial détective Hansen se jettent à corps perdus dans cette épuisante enquête.
Épique et tragicomique Le Sanctuaire Terrifiant. Rigolo La Grande Explosion : deux romans qui ridiculisent avec talent les bureaucraties.

    Sommaire    
1 - La Grande explosion (The Great Explosion), pages 9 à 266, roman, trad. C. et L. MEISTERMANN
2 - Le Sanctuaire terrifiant (Dreadful Sanctuary), pages 269 à 640, roman, trad. C. et L. MEISTERMANN
 
    Critiques    
 
     CROISADES CONTRE LA CONNERIE

     Un peu d'histoire : (résumé inspiré en particulier par l'excellente étude de Marcel Thaon parue dans le CLA n° 53 en préface à Guêpe et Plus X).
     1952 : Guerre aux Invisibles parait au Rayon Fantastique-Gallimard.
     1958 : Sentinelle de l'Espace est publié en 3 épisodes dans la revue Satellite (N° 3 à 5).
     1971 : Guerre aux Invisibles est réédité en Présence du Futur, Denoël.
     1974 : Sentinelle de l'Espace ressort au Masque.
     Guêpe et Plus X émergent au CLA des éditions Opta (Demuth en soit loué).
     1978 : La grande explosion et le Sanctuaire terrifiant viennent à point au CLA (toujours lui) pour rappeler la mort de l'écrivain cette même année (E.F. Russell — 1905-1978).

     A ce palmarès un peu étriqué, il faut ajouter onze nouvelles parues ou rééditées dans Galaxie (1re et 2e série), Fiction (surtout les numéros spéciaux), L'Aube enclavée, l'anthologie Derrière le Néant chez Marabout et la Grande Encyclopédie de la Science Fiction du Livre de Poche. Point final.
     Parce que, expliquait Marcel Thaon, Russell a eu la malchance d'être essentiellement publié dans Astounding, la seule des trois grandes revues américaines à n'avoir pas eu d'édition française.
     Et cela situe bien l'énorme talent de l'auteur parvenu, en France, à la notoriété avec si peu de références. Ainsi, un des grands de l'AGE D'OR de la science-fiction reste encore à découvrir. Notons en passant que les éditions Opta (anciennes ou nouvelles) sont tout de même à l'origine de près de 80 % de ce palmarès. Que font donc les autres éditeurs hors les Asimov, Brunner, Clarke, Dick, Simak, Sturgeon, Van Vogt et quelques autres ?

     Et quelques mots à propos de ces deux romans : La Grande Explosion pour commencer. Longue nouvelle plutôt que. roman qui se focalise sur la planète Gand (hi) après un passage vers Hygéia moins spectaculaire. Sous-titrage possible : comment saper le moral des troupes ?
     Marcel Thaon évoquait la non-violence en parlant de E.F. Russell. Ce récit va tout à fait dans le sens d'un refus de la discipline autoritaire, de la domination militaire, mais surtout, il évoque comment les actions les plus réfléchies peuvent apparaître absurdes re-situées dans un climat social de libre coopération. A ce jeu-là, le champ sémantique subit des fluctuations comparables à l'aiguille d'un compas aux prises avec des influences magnétiques contradictoires. C'est que l'auteur est habile dans la satire et ses personnages hauts en couleur communiquent au lecteur l'ivresse de la destruction des normes établies. Individualiste, utopiste, anarchiste peut-être, Russel nous livre en tout cas sa foi en un homme devenu intelligent et pacifique parce que débarrassé de maîtres à penser inutiles. Pour cela : pour son langage coloré et alerte, pour les grands espaces qu'il ménage hors les murs d'un lourd vaisseau terrien, ce récit doit prendre place parmi les joyaux de la science-fiction anglaise. Anglaise ? Gandhi m'en soit loué !

     Le Sanctuaire Terrifiant pour finir. Davantage dans la tradition « Charles Fort » de l'auteur, autrement dit un roman moins déroutant pour ceux qui ne connaîtraient que Guerre aux Invisibles. On y trouve en effet des maîtres occultes qui veulent/qui ne veulent pas que les astronautes débarquent enfin sur Mars. Pourquoi ? Parce que sur Terre il n'y a que des fous, des fous martiens, vénusiens, mercuriens ou... terriens. Des Hu-Mains, quoi ! Ce qui n'est pas du goût d'Armstrong et de Hansen. Plus on est de fous et moins on rigole, les guerres mondiales nous en soient témoins.
     Dans ce monde de fous, donc, où les sectes de dingues ne sont pas prêt de disparaître (voyez les récents événements de Guyana qui délivrent au roman de Russel un curieux accent de vérité !), le combat contre la connerie commence pour un héros sorti tout droit des brouillons de Chandler (pas Bertram, mais Raymond bien sûr) et qui a tout d'un Don Quichotte dont les moulins à vent seraient néanmoins les adversaires à abattre. Vrais martiens nor-mans, faux nor-mans hu-mains : dans ce sac d'embrouilles digne des loufoques des meilleurs Groucho, Harpo et divers Marx autre que Karl (question : s'agit-il d'un récit macartiste ?), le lecteur pourrait y perdre le sens de la désorientation si Russel n'était là sans cesse à propulser l'éléphant-Armstrong dans le jeu de quilles de la société américaine des années 50, FBI inclus, puis des sociétés voisines ou lointaines qui s'apprêtent pour un nouveau chambardement. Apôtre de la non-violence, oui, mais quelques coups de poing permettent bien souvent d'accélérer la paix. Et Russel ne s'en prive pas.
     En définitive, la connerie en prend sérieusement pour son grade, la connerie hu-maine cela va sans dire, car dans ce récit comme dans le précédent, l'homme ne tient pas précisément le meilleur rôle. Un chouette bouquin en tous cas à mettre dans sa bibliothèque.

Jean-Pierre FONTANA
Première parution : 1/2/1979 dans Fiction 298
Mise en ligne le : 21/2/2010


 
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