Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Passée la barrière du temps

Damon KNIGHT

Titre original : Beyond the Barrier / The Tree of Time, 1964
Première parution : The Magazine of Fantasy and Science Fiction, décembre 1963. En volume : Doubleday, 1964

Traduction de Pierre BILLON

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain - Classiques n° (20)
Dépôt légal : septembre 1982
Roman, 216 pages, catégorie / prix : 59 FF
ISBN : 2-221-00938-X
Format : 13,5 x 21,5 cm  
Genre : Science-Fiction

Une version abrégée est parue sous le titre "L'Arbre du temps" dans les numéros 155 et 156 de la revue Fiction.



    Quatrième de couverture    
     Dix ans plus tôt, Naismith avait surgi de nulle part, amnésique. Et voilà qu'une de ses étudiantes, à l'université où il enseigne la physique, lui demande à brûle-pourpoint : « Qu'est-ce qu'un Zug ? » Sous son fard, la peau de Miss Lall est plutôt verdâtre et, à bien y regarder, elle ressemble un peu à une grenouille.
     Lorsque Naismith commence à voir des monstres autour de lui et qu'il est sommé par Miss Lall et son acolyte Churan de regagner l'avenir, histoire d'y sauver une espèce (rnais laquelle ?), le lecteur sait où il en est. Il va plonger dans les affres et les délices d'une épopée spatio-temporelle comme on n'en fait plus, aussi trépidante que si elle était sortie de l'imagination d'A.E. Van Vogt.
     Et de qui est cette épopée ? De Damon Knight, le critique qui, justement, a osé, dans un essai resté fameux, pourfendre l'immortel Van Vogt...
     Et qui, pour faire bon poids, le défie sur son propre terrain.
 
    Critiques    
     Damon Knight est l'auteur d'excellentes nouvelles persifleuses, telles que Sans éclat ou Comment servir l'homme, que Fiction et Galaxie publièrent en leur jeune temps et qui furent reprises en 1975 dans un mince recueil à diffusion plus que restreinte (Keselring éd.) : Et toi donc !, que Versins parraina. On aimerait les retrouver, avec d'autres, dans un Livre d'Or — qui est peut-être en chantier dans les laboratoires de Presses Pocket. Beyond the barrier, qui date des années 63/64, est le gonflage en roman de The tree of time (il y a eu une déperdition de titre au lavage), dont la traduction parut dans Fiction en 1966, en deux livraisons (n°s 155 et 156 de la revue).
     Dans le chapeau de présentation du roman, Dorémieux évoquait la fameuse diatribe de Knight contre van Vogt (qu'il avait fait figurer au sommaire du n° 102 de la revue : A.E. van Vogt, gâcheur cosmique). Il continuait par ces lignes : « Il peut être amusant d'évoquer aujourd'hui ce réquisitoire, puisque L'arbre du temps (...) est un roman dans la tradition... van vogtienne. L'auteur a-t-il voulu tenter un essai de pastiche en guise de démonstration ? Si tel est le cas, il s'est pris à son propre piège, car L'arbre du temps, avec la rigueur de construction et d'écriture propre à Knight est un récit haletant d'aventures temporelles où des races sont engagées dans de vertigineux conflits se déroulant sur des siècles. »
     Ouais. Quel que soit l'enthousiasme réel ou feint par lequel le récit de Damon Knight ait pu être accueilli en 1966, il faut bien avouer qu'aujourd'hui la soupe paraît singulièrement fade. Soupe ? oui, c'en est une, indéniablement composée avec des ingrédients van vogtiens : un héros contemporain amnésique, Naismith, pilote de bombardier, qui est en réalité un surhomme ; des envoyés du futur qui vont le capturer ; un monstre à combattre au bout de ce futur qui est aussi la clé du passé ; et le triomphe sans nuance, aux relents nietzschéens : « Ici, dans ce monde fermé de la Cité, il savourait son triomphe — il tenait le pouvoir suprême. »
     Pastiche qu'un « intellectuel » (de gauche ?) aurait fait d'un instinctif de droite ? Rien ne permet de l'affirmer, surtout pas l'humour qui, du premier ou du quinzième degré, est ici rigoureusement absent. Plutôt un « à la manière de », qu'un auteur incertain a laissé couler de sa plume, la haine pour l'adversaire à pourfendre étant devenue admiration pour un modèle envié. Récit haletant d'aventures temporelles, alors ? Rien d'autre qu'un enfilage de situations employées comme des recettes tournant à vide. Rigueur de construction et d'écriture ? Rien d'autre qu'un exercice plat de bon élève, où nulle folie ne perce, où nul génie ne brille.
     Un « Classique », enfin ? Passée la barrière du temps (disons, une bonne décennie), toute œuvre peut, à la faveur d'une réédition, être étiquetée ainsi. Mais qu'alors cette estampille ne soit pas garante de qualité, seulement de temporalité. Car Beyond the barrier, pour reprendre le titre d'un autre roman de l'auteur, ce n'est rien d'autre que Tout et n'importe quoi.


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/3/1983 dans Fiction 338
Mise en ligne le : 8/5/2006


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 68117 livres, 71441 photos de couvertures, 63079 quatrièmes.
8160 critiques, 36300 intervenant·e·s, 1472 photographies, 3700 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.