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L'Interdépendance
The Interdependency
 
John SCALZI
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   Volumes de la série   
1 /   L'Effondrement de l'empire
2 /   Les Flammes de l'empire
3 /   La Dernière Emperox
Critiques

La trilogie de « L’Effondrement de l’empire » est un space opera ambitieux de construction très classique. John Scalzi y développe tout ce talent de conteur que l’on a découvert dans « Le Vieil homme et la guerre ». L’univers où il nous plonge est un monde humain sans planètes habitables en surface sauf une. La population vit dans des habitats spatiaux ou enterrés. La liaison entre les mondes se fait en profitant des propriétés physiques d’un mystérieux flux sur lequel des vaisseaux traversent en quelques semaines des distances colossales. Il y a des dizaines de milliards d’humains dans « l’Interdépendance ». L’économie est basée sur la production par des familles nobles ayant des monopoles. Chaque famille produit un bien spécifique exclusif : des agrumes, des vaisseaux, des services bancaires, etc. Chacun dépend des autres et du flux pour les échanges commerciaux d’où l’appellation « Interdépendance ». Une famille contrôle le pouvoir central et la religion. À sa tête se trouve l’Emperox. Politiquement, on est donc dans une oligarchie menée par la noblesse. Une crise politique va survenir après l’accession inattendue au pouvoir suprême d’une jeune fille, la nouvelle Emperox. À cette crise politique, s’en ajoute une autre qui menace la survie de l’humanité. Les scientifiques viennent de découvrir que le flux va disparaître. Il y a un nombre important de personnages, tous avec des personnalités marquantes. Plusieurs intrigues et rebondissements émaillent les trois tomes, rendant la lecture captivante. On trouve là un mélange de thriller, de policier, de space opera classique, avec une base scientifique crédible. Cette parcelle d’histoire d’une humanité dispersée dans des habitats en milieux hostiles avec une économie globalisée et complètement dépendante des transports n’est pas sans rappeler notre propre économie globale. La comparaison ne s’arrête pas là, « l’Interdépendance » est clairement contrôlée par l’équivalent de nos multinationales et les luttes féroces qui opposent les différents clans sont inspirées de notre société mondialisée. Magouilles, trahisons, alliances, corruptions, assassinats... sont omniprésents et maintiennent le lecteur en haleine bien que parfois ce soit un peu téléphoné. Si on avait des doutes sur les positions politiques et sociales de Scalzi, ils sont levés et confirmés dans ses remerciements. Le problème majeur de cette humanité est l’effondrement du flux et la comparaison avec la crise climatique et environnementale qui nous affecte s’impose. Certains ont cette attitude qui consiste à croire que leur richesse les mettra à l’abri de la catastrophe. L’humour est toujours présent dans les écrits de John Scalzi et cette trilogie n’y échappe pas. Cependant, la vulgarité un peu excessive et le manichéisme de certains personnages m’ont parfois agacé, car cela affecte l’écriture proprement dite. De même, mais c’est une impression personnelle, le style adopté par le traducteur est parfois assez lourd. Est-ce pour s’adapter aux personnages ? Je ne sais pas, mais cela gâche un peu le plaisir. En résumé, c’est une œuvre à lire sans hésiter.


Patrice HILDGEN
Première parution : 25/4/2021
nooSFere

 
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