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La Ligne verte

Stephen KING

Titre original : The Green Mile, 1996

Traduction de Philippe ROUARD
Illustration de Pierre MORNET

J'AI LU (Paris, France), coll. Littérature générale n° 5157
Dépôt légal : février 1999
Roman, 512 pages, catégorie / prix : M
ISBN : 2-290-05157-8   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey — ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes — qui défraya la chronique en 1932.
     La ligne verte est le reflet d'un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore avec sa matraque et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.
     Aux frontières du roman noir et du fantastique, ce récit est avant tout une brillante réflexion sur l'exécution capitale. Un livre de Stephen King très différent de ses habituelles incursions dans l'horreur, terriblement efficace et dérangeant.

     Stephen King. Il est aujourd'hui l'un des écrivains les plus lus au monde. En 1996, il crée un événement en renouant avec la grande tradition populaire du roman-feuilleton, à l'instar d'illustres prédécesseurs du XIXe siècle, tels que Dickens ou Alexandre Dumas. Les six épisodes écrits à un mois d'intervalle sont parus simultanément dans plusieurs pays.

    Prix obtenus    
Bram Stoker, roman, 1997

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
La Ligne verte , 1999, Frank Darabont
 
    Critiques    
     Avec une certaine sobriété, King démontre une fois de plus l'aisance avec laquelle il peut développer une intrigue, somme toute assez mince, en peignant notamment les multiples incidents qui font la vie quotidienne de la ligne verte, le couloir de la mort. Dans ce cadre monotone, l'arrivée d'une souris suffit ainsi à révéler les personnalités, à cristalliser les émotions...

     Si le talent de conteur de l'auteur ne fait aucun doute, il se montre peut-être trop bavard, désamorçant ainsi la tension qui devrait monter, rendant presque pittoresque et attendrissant ce microcosme carcéral.
     Certes le fait que le narrateur soit un des geôliers offre un point de vue initialement intéressant... Certes le personnage de John Caffey, cet immense noir couvert de cicatrices, à la mémoire défaillante, est un étrange "étranger", un coupable probable que rien ne semble atteindre... Certes le quotidien de ces hommes, comme par exemple les répétitions des exécutions, est souvent sinistre... Certes le récit fantastique qui se dessine autour des dons de John Caffey est une jolie histoire qui se lit d'une traite... Cependant, nous avons l'impression que King est passé à côté de son sujet.

     En effet, le roman aurait gagné à être plus incisif, davantage centré sur l'essentiel. De plus, il ne suffit pas de montrer l'horreur d'une exécution (volontairement) manquée, ni même de mettre en avant le risque d'erreur judiciaire, pour réfléchir sur la peine de mort. C'est bien dans le cas d'un crime inexcusable et d'une justice irréprochable que la question prend tout son sens : est-il juste de tuer ? Omettant d'aborder de front cette question, ce roman cesse d'être dérangeant, et demeure moins percutant que d'autres oeuvres traitant du même sujet, comme par exemple De sang-froid de Truman Capote.

     Malgré ces défauts, La ligne verte est pourtant l'un des romans les plus intéressants de l'auteur. La préface nous apprend que cet ouvrage a été conçu comme un roman-feuilleton, à la manière de Dickens, et qu'il est paru en six parties... En dehors de quelques répétitions lors des transitions entre ces parties, il est difficile de voir ici un roman populaire tant le thème central est grave et tant l'action y est réduite. Mais King a voulu mettre tout son talent au service d'une réflexion sérieuse qu'il savait destinée à un grand public, et c'est peut-être là le mérite principal de cet ouvrage par ailleurs fort agréable à lire.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere


 
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