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I, robot

Isaac ASIMOV & Harlan ELLISON

Titre original : I, robot, 1978/1987/1994

Cycle : Les Robots  vol. 1bis 

Traduction de Valérie GUILBAUD
Illustration de Mark ZUG

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) n° 4403
Dépôt légal : janvier 1997
320 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-290-04403-2   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     2076. Stephen Byerley, le premier président de la Fédération galactique, vient d'être inhumé. Robert Bratenahl, le journaliste qui couvre l'événement pour le magazine Cosmos, remarque Susan Calvin au milieu de la foule recueillie.
     Des bruits ont couru sur une improbable liaison entre ces deux êtres d'exception. Mais depuis vingt ans, la célèbre robopsychologue s'est volontairement coupée du monde et refuse toute interview.
     Bratenahl, bien décidé à faire la lumière sur cette affaire, n'hésitera pas à voyager aux confins de la galaxie pour retrouver toutes les personnes qui ont côtoyé Susan Calvin, celle qui a consacré sa vie entière à l'étude des robots.
     Quelle était la nature des liens qui unissaient Stephen et Susan ? Le journaliste n'aura de cesse de répondre à cette question. Mais, au fil de son enquête, il va flairer un autre mystère, encore plus passionnant : Qui était Stephen Byerley ?

     Harlan Ellison et Isaac Asimov
     Avec ce scénario, on aurait pu réaliser « le premier film de science-fiction achevé, complexe et de qualité », s'exclama Isaac Asimov à la lecture du script d'Harlan Ellison. Le film ne vit jamais le jour. Pourquoi ? Harlan Ellison nous l'explique dans sa préface (à lire absolument, pour ceux qui aiment les pavés dans la mare.) En attendant, voici un document rare : scénario, certes, mais aussi vrai roman, tiré du célèbre ouvrage Les Robots, avec l'aval du Maître...

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Les Robots
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)  pour la série : Les Robots


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
I , Robot , 2004, Alex Proyas
 
    Critiques    
     Alors qu'il couvre en direct les obsèques de Stephen Byerley, le premier président de la Fédération galactique, le journaliste Robert Bratenahl aperçoit dans l'assistance un personnage universellement célèbre qui vit en reclus depuis vingt ans  : Susan Calvin, la plus renommée des roboticiens. Il se lance aussitôt dans une enquête périlleuse  : qui est vraiment Susan Calvin  ? quelle est la nature de ses relations avec Byerley  ? et quel rôle jouent les robots dans l'histoire récente de l'univers  ?
     Comme il l'explique dans sa savoureuse et émouvante préface, Ellison a construit son scénario en hommage à Citizen Kane  : plutôt que de rédiger un film à sketches, il a choisi de lier les nouvelles d'Asimov grâce au fil conducteur d'une enquête journalistique. Le résultat est un récit haletant, extrêment visuel, qui réussit à être fidèle à Asimov tout en enrichissant son propos.
     Sans doute ne verrons-nous jamais le film qu'Asimov et Ellison avaient rêvé ensemble  ; si la SF fait un retour en force sur nos écrans, c'est bien souvent par le biais d'un cinéma d'action souvent primaire quoique distrayant. I, robot est avant tout une oeuvre d'idées, même si le script d'Ellison est riche en images saisissantes (regrettons au passage que l'édition française ne reprenne pas les splendides illustrations de Mark Zug qui ornaient l'édition originale).
     Reste le texte, et il est suffisamment évocateur pour que chaque lecteur se fasse son cinéma intérieur.

Jean-Daniel BRÈQUE
Première parution : 1/3/1997 dans Galaxies 4
Mise en ligne le : 1/2/2001


     « L'image vacille légèrement ; un très vieil homme apparaît, alité et visiblement épuisé. C'est Alfred Lanning, qui, bien qu'à l'agonie, semble décidé à faire quelques confessions avant de mourir. Il parle directement à la caméra. — La première fois que j'ai rencontré Susan Calvin, elle avait six ans. Son père était deuxième directeur adjoint responsable du développement à l'U.S. Robots... »


     Il était une fois des histoires de robots. Mais attention, pas n'importe quels robots, pas du genre en tout cas à massacrer l'homme, son créateur, comme un vulgaire Terminator. Non. Ces robots là obéissent à trois lois, des lois qui, justement, les empêchent d'avoir ce genre d'attitude que la morale réprouve. Bien sûr, on l'aura reconnu, l'inventeur de ce guide de conduite de nos amies les machines n'est autre que le grand Asimov, le même dont les histoires réunies en recueils (Les robots, Un défilé de robots chez J'ai Lu), sont devenues depuis belle lurette d'immenses classiques. Aussi et même s'il y a peu de chance de voir un jour la programmation de sa machine à laver obéir aux Trois Lois de la Robotique d'Asimov, il est incontestable qu'elles ont marqué.

     Il était une autre fois un écrivain, Harlan Ellison, familier des plateaux de séries télé et grand ami d'Asimov. Ensemble, il conçoivent un projet fou : mettre en scène ces histoires de robots et les porter au cinéma. Ellison planche sur le sujet, n'en dort plus, pond un manuscrit prometteur qu'il soumet aux dirigeants de la Warner Bros. Et... et puis c'est tout. Ça se passait en 1978 et depuis, plus rien. Aucun résultat, pas de film. Pour diverses raisons qu'il serait vain de reproduire ici (querelles personnelles, revers de fortunes...), le film I, Robot ne verra jamais le jour, du moins pas sur grand écran. Asimov, mort en 92, n'aura jamais connu la même consécration, en tout cas de son vivant, que d'autres monstres sacrés tel Arthur C. Clarke (2001) ou Philip K. Dick (Blade Runner).

     Au-delà d'un constat d'échec, on a là un texte original qui se démarque des nouvelles d'Asimov et constitue, sans doute, un bel hommage à l'auteur disparu. D'habitude Ellison n'a pas sa plume dans sa poche et a un style plutôt décapant. Suffit pour s'en convaincre de lire le recueil Dangereuses Visions (J'ai Lu) par exemple, une manière qui le distingue nettement d'un Asimov plus posé et détaché. Aussi, sur cette adaptation il s'en est plutôt bien tiré et parvient, à partir de quelques nouvelles, a créer une véritable histoire centrée sur la vie de Susan Calvin robopsychologue. À travers l'enquête de Robert Bratenahl, journaliste intrigué par sa présence lors de l'enterrement d'un président, on verra quel rôle elle aura joué dans l'intégration des robots dans la société du futur, depuis le moment où l'un des premiers robots, craint et rejeté, sauve la vie d'une enfant, jusqu'à la révélation finale.

     Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes ici en présence d'un scénario de film. Le texte a donc une forme un peu déroutante, du moins jusqu'à ce qu'on parvienne à se familiariser au découpage séquentiel (317 scènes au total !), et aux éléments destinés à la mise en scène (cadrage, fondus, description d'ambiance...). Cerise sur le gâteau, le texte est assorti d'illustrations N&B superbes, en dépit du peu de qualité de la reproduction, signées Mark Zug, qui viennent compléter le spectacle. Ne vous étonnez donc pas si, à la lecture, vous vous sentez saisi d'une impression curieuse. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil préféré, prévoyez le sac de pop-corn à portée de main et laissez-vous bercer par les images : vous êtes au cinéma !

Jean-Félix LYON
Première parution : 1/5/1997 dans Bifrost 5
Mise en ligne le : 20/2/2004


 

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