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Titan

Stephen BAXTER

Titre original : Titan, 1997

Traduction de Stéphanie RAVEZ

J'AI LU (Paris, France), coll. Millénaires n° (6044)
Dépôt légal : décembre 2000

ISBN : 2-290-30973-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     2004 : les analyses de la sonde Cassini-Huygens sur la composition de la surface de Titan, l'une des lunes satellites de Saturne, révèlent que toutes les conditions atmosphériques et chimiques permettant l'existence d'une vie organique y sont rassemblées.
     Motivée par les spectaculaires découvertes qui pourraient en découler, une équipe de la NASA met au point le projet d'un vol habité vers ce lieu potentiel d'existence extraterrestre. Pendant plusieurs années, ces astronautes, ingénieurs et scientifiques vont se heurter aux volontés contraires de l'armée, s'opposer aux coupes budgétaires stratégiques d'une bureaucratie frileuse et lutter contre le reniement par le gouvernement des ambitions spatiales du passé, pour imposer le lancement d'une mission vers Titan. Mission qui, au-delà des temps et des dimensions, les conduira aux limites du savoir humain...
     Après Voyage, Stephen Baxter poursuit son entreprise de réécriture des grandes aventures spatiales américaines de notre temps. A partir d'un événement concret (l'arrivée — réelle — de la sonde en 2004), il imagine ce que pourraient être aujourd'hui l'élaboration et la mise en application d'un projet spatial de la NASA de grande ampleur et aux formidables enjeux.

     Né à Liverpool en 1957, ingénieur en mathématiques de l'université de Cambridge, docteur en aéronautique de l'université de Southampton, Stephen Baxter renoue avec la tradition de ces grands scientifiques qui, tel Arthur C. Clarke, ont consacré leur savoir à rêver l'homme, mêlant réflexion philosophique et roman d'aventures.
 
    Critiques    
     En 2004, alors que la sonde Cassini-Huygens approche de Saturne, la NASA vit un épisode particulièrement difficile de son histoire avec le crash d'une navette spatiale lors d'un atterrissage. Les données envoyées par Cassini-Huygens laissent entrevoir la possibilité d'une vie primordiale sur l'un des satellites de Saturne, Titan, mais elles passent relativement inaperçues dans ce contexte dramatique. Cependant, pour un groupe de passionnés, Titan devient le nouvel Eldorado et malgré les restrictions budgétaires et la volonté du gouvernement de mettre fin à l'exploration spatiale, ils réussissent à monter un projet complètement fou  : une mission humaine vers Titan, un long voyage de plusieurs années sans certitude de retour. Cinq astronautes s'engagent dans ce projet insensé. Pendant leur long voyage, la Terre va subir bien des bouleversements et le voyage vers Titan va prendre une dimension inattendue.

     Stephen Baxter est l'auteur de Voyage, un roman qui décrit de façon grandiose ce qu'aurait pu être la conquête spatiale si la NASA, après la Lune, s'était tournée vers la planète Mars. De prime abord Titan ressemble beaucoup à Voyage. On assiste aux préparatifs techniques de la mission, aux complexes tractations politiques pour obtenir des fonds, etc. Mais ce n'est la que la première partie du roman et l'intrigue de Titan va bien plus loin que n'allait celle de Voyage. La où ce dernier se contentait de décrire le voyage vers Mars et ses longs préparatifs, Titan suit également l'évolution géopolitique de la Terre en l'absence des astronautes. Cette ambition est aussi la faiblesse du roman. A vouloir trop en dire, Stephen Baxter sacrifie la crédibilité. La préparation de la mission parait bien rapide, de même que l'évolution géopolitique du monde que l'auteur n'arrive pas à rendre vraisemblable. Heureusement, Baxter n'est jamais aussi à l'aise que dans l'espace et c'est là que se situent les morceaux de bravoure du roman.
     Titan est un roman singulièrement sombre, l'avenir de la Terre est bien triste et le long voyage dans l'espace semé d'embûches. Les astronautes sont loin d'être des héros  : leur unique souci est de survivre dans un environnement particulièrement hostile en accomplissant le plus souvent des taches rébarbatives et exténuantes. Pourtant, malgré toute cette noirceur, la magie de l'espace opère toujours ici ou là, lorsqu'un vieillard meurt en revivant les instants qui ont précédé ses premiers pas sur la lune, lorsque les explorateurs gravissent la plus haute montagne de Titan uniquement parce que personne avant eux ne l'a fait, lorsqu'ils marchent sous une pluie de méthane ou lorsqu'apparaissent soudain les anneaux de Saturne habituellement masqués par l'atmosphère du satellite. Autant de moments de pur sense of wonder, ce sentiment d'exaltation que seule peut offrir la science-fiction.

     Titan est un roman qui va très loin, un roman qui, à l'image de l'un de ses personnages, n'est jamais satisfait et cherche toujours à obtenir plus de réponses, à savoir pourquoi l'univers est là et pourquoi la vie existe. Stephen Baxter le conclut d'une façon magnifique et surprenante qui fait oublier les petites faiblesses d'une partie de son intrigue. Cela fait de Titan une oeuvre qui, si elle n'est pas la meilleure de son auteur, n'en est pas moins extrêmement passionnante.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 25/3/2001 nooSFere
Mise en ligne le : 25/3/2001


     Titan est un roman de hard science qui se situe dans un futur très proche (il débute en 2004). Dans la lignée de la série des Mars (la Rouge, la Verte, la Bleue) de Kim Stanley Robinson, il propose une histoire hyperréaliste de la colonisation de Titan, l'un des satellites de Saturne.
     En ce début du XXIe siècle, la conquête spatiale a peu évolué depuis les années 60. La Chine mène ses propres essais de mise en orbite tandis que l'Amérique se désintéresse progressivement de l'espace et que le budget de la NASA se réduit chaque année un peu plus. Seuls les plus vieux astronautes, y compris ceux des anciennes missions Apollo, caressent encore le rêve de voler à nouveau. La jeunesse américaine, elle, se replie de plus en plus dans un monde virtuel, et ce malgré le musellement de l'Internet. Avant l'élection imminente d'un nouveau président des États-Unis, où le candidat pressenti est un texan ultra-conservateur qui souhaite démanteler les vieilles fusées et stopper toute recherche scientifique, une poignée d'astronautes entreprennent un ultime projet très ambitieux. Ils souhaitent s'envoler vers Titan, sans espoir de retour, et y établir une base autonome. Le choix de ce satellite a été déterminé par la découverte d'éventuelles traces de vie révélées par la sonde Cassini. Les cinq astronautes, trois femmes et deux hommes, s'apprêtent donc à quitter la Terre et à cohabiter dans un espace confiné pendant de longues années...
     Après le très technique Voyage, Stephen Baxter s'emploie ici à creuser la psychologie de ses personnages sans pour autant délaisser la plausibilité scientifique. Sa description des États-Unis en pleine déliquescence est par ailleurs très poignante. Roman d'une grande envergure, Titan ne contient aucun temps mort, et l'appel de l'espace, que ressent tout astronaute (et tout amateur de science-fiction ?), y est merveilleusement décrit. Le seul bémol est sans doute le chapitre final, L'Été de Titan, qui détonne par rapport au reste du livre. Plus onirique, moins réaliste, il laisse le lecteur sur une fin tout à fait inattendue. Il n'en reste pas moins que Titan est un roman fabuleux, riche et marquant, à ne surtout pas manquer.

Marie-Laure VAUGE
Première parution : 1/3/2001 dans Galaxies 20
Mise en ligne le : 3/6/2002


     Voici, au cœur même du genre, un pavé de pure S-F que l'on pourra comparer, mais que l'on se gardera de confondre, avec l'opus homonyme de John Varley. Un Titan hollywoodien face à un Titan « Kim Robinsonien ».

     En effet, si Baxter a récemment co-signé au Rocher Lumière des jours enfuis avec Arthur C. Clarke (cf. critique in Bifrost 21), >c'est qu'il est bien l'authentique successeur du vieux maître. Si la S-F de Baxter ne renvoie pas à celle de Varley — rien dans leurs déclinaisons respectives de l'exploration de Titan n'ayant quoi que ce soit à voir avec l'autre — , elle se tourne d'une part vers la « Trilogie Martienne » de Robinson et, de l'autre, évoque 2001, l'odyssée de l'espace, le chef-d'œuvre de Clarke et Kubrick dont Titan partage la thématique. À savoir, un vol habité vers Saturne à la recherche des prémices de la vie, avec la panspermie en toile de fond.

     Au point de départ, un fait réel : l'arrivée sur Titan de la sonde Huygens en septembre 2004. De là, spéculation sur la découverte espérée de molécules prébiotiques — molécules chimiques complexes qui président à la vie.

     Point de mystique clarkienne ici. Ni de HAL. Simplement, si Huygens donnait en 2004 un espoir sérieux de trouver de la vie sur Titan, que ferait-on ? Point de « Roue Spatiale » tournoyant sur champ d'étoiles et fond de valse ironique. Point de Freedom. Mir qui barre en rouille... Les fonds de pensions qui ne supportent aucune idée d'investissements à long terme... La conquête de l'espace, c'est du passé. L'Étoffe des héros et Apollo 13 sont des œuvres historiques. La Terre est peuplée — ou le sera bientôt, à fortiori en 2004 — d'une majorité de gens qui n'ont pas pu assister à une marche lunaire depuis leur naissance. Alors ?

     Les conservateurs qui gèrent et profitent des fonds de pensions ainsi que leurs alliés écolos veulent mettre fin à la gabegie spatiale. Jake Hadamard est un de ces cadres, spécialisés dans le démantèlement d'entreprises qui permettent à la spéculation de flamber au nom d'une rationalisation de la production, très prisés des administrations libérales où l'on aspire à l'arrêt total de l'activité. Il a été placé à la tête de la NASA pour en finir. Le projet de Paula Benacerraf et Rosenberg d'un vol habité vers Titan va lui permettre de brûler tous ses vaisseaux et de tuer le rêve une fois pour toute.

     Toutes les navettes, et des Saturn V restaurées pour l'occasion, sont utilisées pour lancer un équipage vers Saturne. Six années de voyages et de drames avant de toucher Titan...

     Il est clair que nous sommes en présence de 700 pages de hard science, d'une écriture froide et technique. Destiné à ceux qui ont apprécié son précédent ouvrage, Voyage (même éditeur), Titan vise un public ciblé qui va adorer. Les autres ne le finiront probablement pas. Quoi de plus lent, monotone et routinier, qu'une trajectoire orbitale de six années dans un engin pas plus grand qu'un Airbus ? Et pourtant, Baxter s'en tire haut la main.

     Roman de genre moderne, Titan est remarquable de précision. Trop, diront ses détracteurs. Peut-être. C'est un roman de spécialiste selon la mode ; un ouvrage qui est à l'ingénieur en aéronautique (l'autre métier de Baxter) ce que le legal thriller est à l'avocat. L'imaginaire tient ici peut de place, à l'inverse du souci de restitution du réel. Ce qui n'empêche pas le sense of wonder d'être au rendez-vous. Et puis, à défaut de suspense, il y a le drame, la tension de l'inéluctable et l'apothéose des héros... Surtout, Titan est un roman intelligent qui ouvre nombre de débats sur la place de la technique et de la science et leurs rôles dans l'avenir de l'Homme. La place fait ici cruellement défaut pour débattre, mais on en redemande.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/2001 dans Bifrost 22
Mise en ligne le : 1/10/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (2001 - 2007) (2005)


     Ancrer son récit dans le futur proche comporte une certaine prise de risque : depuis la première édition de ce roman, la sonde Huygens de la mission Cassini s'est posée sur Titan ; elle a fonctionné bien plus de six minutes à la surface, qui n'était pas exactement celle de « crème brûlée » prévue par les scientifiques. Déjà, dans sa postface de janvier 1997, Stephen Baxter reconnaissait avoir été rattrapé par l'actualité avec la mort prématurée de Carl Sagan. Il n'empêche : raconter la catastrophe de la navette Columbia, même si les circonstances diffèrent, montre que Baxter maîtrise son sujet avec brio. Depuis la rédaction du roman, les Chinois sont bien allés dans l'espace. Mais alors que l'actuel président projette une reconquête de la Lune et celle de Mars, le texan ultra-conservateur qui préfigure George Bush met fin aux ambitions spatiales des USA. Ces menues obsolescences n'obèrent donc en rien les qualités du roman, pathétique récit d'une dernière mission héroïque sur un satellite éloigné, Titan, tant son souci de réalisme apparaît dans chaque détail, ni ne retire rien à son analyse d'un monde trop soucieux de sécurité et de rentabilité pour conserver la moindre fibre aventureuse.

     L'analyse économique du système de la NASA, avec son refus de concevoir des modèles économiques, l'éviction de McDonnell Douglas et de son lanceur bon marché, les surcoûts induits par les menues améliorations augmentant la dangerosité des appareils, est d'une rare pertinence et pourrait être exportée vers d'autres domaines. Devançant le démantèlement de la NASA, Hadamard confie à l'astronaute Paula Benacerraf le soin de monter une mission vers Titan, en récupérant les vieilles fusées du programme Apollo mises au rebut alors qu'elles sont encore fonctionnelles ou réparables. C'est dans ce contexte de restrictions budgétaires et d'instabilité politique que s'envolent cinq aventuriers pour un voyage sans retour, davantage justifié par la possibilité de retraiter les composants de Titan en éléments nutritifs et en matériaux exportables vers la Terre que par la recherche de précurseurs de la vie dans la soupe chimique du satellite de Saturne.

     Le récit, où le moindre incident se transforme en catastrophe, maintient un suspense constant. Les efforts des astronautes livrés à eux-mêmes suscitent d'autant plus l'admiration qu'ils paraissent pathétiques et voués à l'échec. La fragilité de la vie terrestre n'en devient que plus évidente et si ce roman-catastrophe bien dans la veine anglo-saxonne s'achève par une surprenante partie laissant entrevoir un espoir, il ne conclut pas moins sur un pessimiste bilan des capacités de l'humanité à se débarrasser de ses démons et à aller de l'avant. Titan est, par bien des aspects, un roman de hard science d'une force rare.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/10/2005
dans Galaxies 38
Mise en ligne le : 31/1/2009


 

Edition J'AI LU, Science-Fiction (2001 - 2007) (2013)


 
     Deuxième tome de la « trilogie de la NASA », Titan poursuit le questionnement de la conquête de l'espace, et notamment des vols habités, entrepris dans Voyage. Mais pas d'uchronie, cette fois : Stephen Baxter se livre ici à une anticipation à très court terme (à tel point que c'est déjà en partie du passé pour nous), et si le résultat est à nouveau vertigineux (plus encore, dans un sens), l'optique est cependant bien différente. Autant le dire d'emblée : tout ceci n'est pas très joyeux, et, à bien des égards, Titan sonne comme un requiem...
     Tout commence en 2004, par deux événements concomitants et fondamentaux. D'une part, la sonde Cassini-Huygens fournit des renseignements sur Titan, l'un des satellites de Saturne, et d'aucuns en déduisent que la lune en question pourrait bien abriter une forme de vie, quoique fort différente de ce que nous connaissons. D'autre part, la navette Columbia se crashe en rentrant d'une mission, tuant deux des astronautes à son bord ; accident qui ne manque pas de rappeler le drame de Challenger, témoigne de l'état de délabrement du programme spatial américain, et pourrait bien en sonner le glas...
     Paula Benacerraf, une des survivantes de Columbia, se voit en effet confier la dure charge de la gestion des dernières navettes spatiales de la NASA, l'idée sous-jacente étant le démantèlement à court terme. Mais elle fait une rencontre déterminante en la personne de Rosenberg, un jeune chercheur passablement autiste, de toute évidence gros lecteur de science-fiction, qui lui suggère une idée hautement farfelue, un ultime défi en forme de tour d'honneur ; il s'agit d'utiliser les dernières ressources dont dispose la NASA (menacée à brève échéance par l'élection attendue/redoutée d'un républicain de tendance dure et fondamentaliste chrétien à la présidence des Etats-Unis) pour lancer un dernier vol, du genre à renouveler, et même dépasser, l'alunissage historique d'Apollo 11 : un aller simple à destination de Titan, à bord de la navette Discovery légèrement modifiée. Parce que Titan, donc — il en est persuadé — , est susceptible d'abriter la vie ; mais aussi parce que la lune de Saturne, bien plus que notre satellite ou que Mars, est à ses yeux la clef de la conquête du Système solaire (pour tout un tas de raisons scientifiques passablement complexes qu'il serait vain de vouloir résumer ici).
     Un projet complètement fou : un voyage de six ans en microgravité, et aucune chance de retour... Mais Benacerraf finit par être convaincue, et réunit une petite équipe pour préparer cette nouvelle odyssée de l'espace. Et, à la date prévue, c'est-à-dire 2008, Discovery quitte l'orbite terrestre à destination de la géante gazeuse aux célèbres anneaux, avec à son bord Benacerraf, Rosenberg et trois autres astronautes.
     Une fois cette date fatidique franchie, le roman développe deux lignes narratives : d'une part, nous suivons nos héroïques aventuriers de l'espace dans leur long périple semé d'embûches ; d'autre part, nous jetons régulièrement un coup d'œil à ce qui se passe sur Terre.
     Or, le tableau n'est guère réjouissant : le cow-boy texan intégriste est élu président, et s'empresse de mettre en place une politique populiste, isolationniste et réactionnaire à même de faire passer son compatriote George W. Bush pour un libéral ultra-progressiste. L'Air Force prend enfin sa revanche sur la NASA, qui ne sert plus désormais que les projets de militaires paranoïaques tout droit sortis de Docteur Folamour (là, pour le coup, c'est assez franchement ridicule...). Et la situation internationale n'est pas plus enthousiasmante : l'Occident, les Etats-Unis en tête, flippant comme c'est pas permis devant la puissance chinoise (qui s'est elle aussi autorisée un programme spatial, tardif et risqué, et aux terribles conséquences)...
     On peut légitimement trouver que notre auteur britannique en fait « un peu trop ». Mais cela sert le propos d'ensemble qui, dans les deux trames, est à se pendre... Le message, ici, prend en quelque sorte le pas sur la crédibilité de Voyage. Si Titan, aussi dingue semble-t-il à première vue, relève bien de la hard science, et constitue à nouveau un roman très technique s'appuyant sur une documentation parfaitement sérieuse, on est cependant en droit d'y voir avant tout un constat désabusé sur un programme spatial moribond et une planète qui ne l'est pas moins, constat et avertissement aux allures de fable, pour ne pas dire de parabole.
     Aussi Titan, plus ou moins pertinent, plus ou moins lucide, n'a probablement pas le brio de Voyage. Les vagues regrets qui teintaient ce précédent roman se muent ici en franche dépression ; malgré le caractère fou de l'odyssée vers Titan, on ne peut pas dire que l'enthousiasme débridé soit caractéristique de ce deuxième tome de la « trilogie de la NASA », peinture avant tout de lendemains qui déchantent. Mais il reste vertigineux — Baxter était décidément d'ores et déjà un maître en matière de sense of wonder — , et tout à fait recommandable ; simplement, le rêve plus ou moins régressif prend ici des couleurs de cauchemar....

Bertrand BONNET
Première parution : 1/4/2013
Bifrost 70
Mise en ligne le : 1/3/2018




 

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