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Des Ombres sous la pluie

André-François RUAUD



Illustration de Philippe-Henri TURIN

BÉLIAL' (Saint-Mammès, France), coll. Science-Fiction n° (4)
Dépôt légal : mars 1999, Achevé d'imprimer : mars 1999
144 pages, catégorie / prix : 69 FF
ISBN : 2-84344-022-X
Format : 13,0 x 20,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Co-édité par "Orion Éditions et Communication".


Autres éditions
   in La Cité d'en haut, MNÉMOS, 2006

    Quatrième de couverture    
Une enquête d'Ariel Doulémi et madame Ha     
   Rien ne va plus sur Spica Virginis IV depuis que, dix-sept ans plus tôt, les colons de la planète — qui vivaient en majorité dans le Palais — se sont réveillés dispersés hors du bâtiment. Et ce, la nuit où l'Empereur a disparu.
   Aujourd'hui, la jeunesse ne supporte plus le culte de cet Empereur devenu invisible. Elle revendique le bleu du ciel comme symbole de sa liberté. Ainsi, les Zantis transforment les rues en une fête permanente, ils repeignent d'azur les immeubles officiels, égrènent leurs slogans poétiques au fil des manifestations et réclament des élections démocratiques.
   Alors que gronde cette révolution colorée, madame Ha et son jeune assistant Ariel Doulémi se lancent dans une enquête dangereuse, où il sera questions de visions hallucinées, de tortues bleues au sang empoisonné, de rêves mortels et de la terrible maladie qui transforme un célèbre ambassadeur en guépard-garou.
   Nombreux sont les mystères qui se cachent dans les ombres sous la pluie...
 
     André-François Ruaud, libraire et critique littéraire érudit, est aussi l’éditeur de la plus ancienne revue française de SF encore en activité : Yellow Submarine, 128 numéros parus. Il a publié quelques nouvelles dans Fiction, Destination Crépuscule,  Escales sur l'horizonEtoiles Vives et Invasions 99. Des Ombres sous la pluie est son premier roman. Passionné par les littératures dites “de genre”, il nous invite ici à découvrir un couple d’enquêteurs particulièrement attachant : Ariel Doulémi, le jeune vampire et madame Ha, médecin et spécialiste du crime. Situé quelque part entre les enquêtes policières de L’Homme aux orchidées de Rex Stout et la science-fiction exotique, bariolée, de Jack Vance, ce roman nous propose de découvrir une cité foisonnante de secrets, une société étrangère peuplée entre autres d’humains, de centaures, de vampires et d’hommes-chats.

    Sommaire    
1 - Raphaël COLSON, (Carte), pages 6 à 6, Carte
 
    Critiques    
     Pour le grand public, Des Ombres sous la pluie peut n'apparaître que comme le roman d'un nouvel auteur de plus, ce qui, dans une période relativement faste, n'a rien d'extraordinaire. Si la période n'a pas toujours été faste, André-François Ruaud semble, lui, avoir toujours été là. Quand, en France, la SF était au plus mal, il fut de ceux qui ramèrent le plus dur pour la sortir de là. Son fanzine, Yellow Submarine, avait acquis le statut et la qualité d'une revue où subsistaient autant que faire se peut l'actualité et la vie du genre et où se réfugiait alors la critique. C'est lui qui, à l'hiver 90/91, m'a publié pour la toute première fois... YS le surchargeait de travail et lui prenait tout son temps libre. Pendant qu'il publiait les autres, il n'écrivait pas, ou très peu. Ce court roman reflète tout ceci.
     D'un côté, un univers d'une richesse rare, très original : élaboration longuement mûrie, création inédite. Le personnage principal, Ariel Doulémi, non dénué de profondeur, permet d'entrevoir un potentiel plus qu'intéressant. Le revers de la médaille tient à ce qu'André-François Ruaud paraît, comble du paradoxe, s'être précipité pour écrire. La pâte — le fond — dûment pétrie et trop tôt enfournée... Après avoir cultivé l'univers et nourri les personnages comme des orchidées précieuses des années durant, l'opportunité d'être enfin publié se faisant jour, l'intrigue semble avoir été conçue dans l'urgence. Comme si, après l'avoir si longtemps attendue, l'auteur avait craint de laisser passer sa chance. Ceci dit, l'un dans l'autre, le roman est plutôt bon, et l'univers si curieux que la visite s'impose...
     La déception vient d'une impression de gâchis, la somptueuse toile de fond dilapidée pour une intrigue sans grande envergure. Certes, l'histoire se tient, mais on aurait aimé davantage : l'univers avait la richesse pour prétendre au chef-d'oeuvre et les personnages ce qu'il fallait de profondeur et de finesse. Bref, c'est cette expérience de la construction, de l'organisation et du choix des péripéties, expérience qui ne vient qu'en écrivant, qui a fait défaut.
     Ariel Doulémi est un vampire. Un vampire qui ne suce pas de sang dans les châteaux des Carpates, mais qui peut analyser celui qu'il aspire et afficher les résultats sur sa cornée... Cyberpunk ? Que nenni ! Larbin de madame Ha, il va à vélo ou à pied à travers la ville qui se niche comme un nid d'hirondelles dans un coin du toit d'un palais pour géants. Spica est un monde low-tech plus qu'étrange où rouillent les astronefs hors d'usage depuis la disparition d'un énigmatique empereur des années auparavant. Sans l'illustration de couverture, aussi indispensable que laide — des couleurs hideuses au possible – et le plan en ouverture, il eût été bien difficile de saisir cette vision qui nous est proposée, comme d'un village de soldats de plomb sur un toit !
     Outre des vampires, vivent sur cette planète des humains, des centaures et des hommes-chats. Ariel Doulémi et madame Ha résolvent donc une affaire criminelle liée à un trafic de drogue impliquant les notables locaux. Mais l'on aurait aimé voir résolus les nombreux mystères de ce monde, l'origine du palais, la dispersion à l'extérieur de ses anciens résidents, la disparition de l'empereur, l'impossibilité du vol spatial. Or, tout ce qui structure le monde étrange qu'a créé André-François Ruaud reste inexpliqué. Il faut admettre que c'est assez frustrant. On espère néanmoins retrouver l'occasion de visiter cet univers au charme désuet et provincial pour percer les secrets de sa genèse. Des Ombres sous la pluie laisse l'impression d'un volume d'introduction et de présentation à cet univers qu'il vous faudra découvrir si vous vous sentez l'âme d'un explorateur des mondes les plus bizarres de la création littéraire.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/9/1999 dans Bifrost 15
Mise en ligne le : 1/9/2001


     Spica est une ville étrange et en pleine effervescence. Étrange, car elle est nichée dans le coin supérieur du gigantesque palais de l'Empereur, sur une lointaine planète, et forme une sorte d'arène géante dont les gradins en supportent les bâtiments. Survolée par des baleines-ciels, elle est peuplée d'humains, de centaures, d'hommes-chats et de vampires. Et en pleine effervescence, car voilà qu'un ambassadeur atteint d'une maladie est devenu un guépard-garou, et des agents enquêtant sur un trafic de tortues bleues (dont le sang est une drogue et un poison) sont retrouvés assassinés. Tout cela alors que des révolutionnaires réclament plus de liberté et des élections depuis l'épisode de la Disparition, lorsque que, plusieurs années auparavant, l'Empereur et des colons ont disparu une belle nuit et que tous les vaisseaux se sont retrouvés cloués au sol.
     La célèbre madame Ha, une vieille dame asiatique médecin et détective privée, mène l'enquête avec son jeune assistant, Ariel Doulemi, un vampire dont les dons s'avèrent fort utiles lorsqu'il s'agit par exemple d'analyser le sang de la victime ou bien une substance inconnue.

     Cette brève description vous donnera une idée de l'inventivité dont fait preuve le premier roman de André-François Ruaud, un roman qui se situe à la croisée des genres. Le décor tient du space opera exotique et de la fantasy, et le lecteur en prend plein les yeux, plein l'imagination. L'intrigue appartient au roman policier classique, avec ces crimes mystérieux, élucidés lors d'une scène finale théâtrale où tous les suspects sont réunis ; sans oublier, bien entendu, le couple d'enquêteurs qui à bien des points de vue rappelle Holmes et Watson...

     Un tel mélange est réjouissif (réjouissant et jouissif...) : Des ombres sous la pluie procure un plaisir qui n'est pas sans évoquer d'autres fameux polars SF déjantés, je veux parler de la série Les futurs mystères de Paris de Roland Wagner. On ne peut alors que regretter, devant toutes ces qualités, le manque d'ampleur de l'enjeu : on fait intervenir de si prestigieux détectives dans un décor aussi original pour une banale enquête relevant du petit banditisme... Le thème de la Disparition laissait espérer un dénouement plus grandiose.

     Dommage également, et ce reproche est finalement un compliment, que le roman soit si court. On aimerait mieux connaître madame Ha et Doulemi, en savoir plus sur la ville, découvrir ce qui se cache derrière le mystère de la Disparition. Mais il est évident, j'en mets un tentacule à couper, que Des ombres sous la pluie aura plusieurs suites, et que nous aurons le plaisir de suivre madame Ha et Ariel Doulemi dans de nouvelles aventures 1.

Notes :

1. Cette chronique est également parue dans le no 18 (sept. 2000) de Dragon & Microchips.


Philippe HEURTEL
Première parution : 1/8/2000 Slash Papivore 5
Mise en ligne le : 21/10/2003


 
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