Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Littérature Choisir un autre habillage   
    Critiques    
    Littérature    
    Identification    
    Fiche livre    

Coeur moite et autres maladies modernes

Daniel WALTHER

Fantastique  - Illustration de Jean-Michel NICOLLET
NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO), coll. Fantastique / SF / Aventure n° 125, dépôt légal : novembre 1984
178 pages, ISBN : 2-7304-0290-X
Couverture

    Quatrième de couverture    
     « Le fantastique, son irruption plutôt, c'est comme le travail d'une goutte d'acide que l'on poserait à la surface du quotidien et qui, lentement mais obstinément, se frayerait son chemin à travers des couches superposées de petites angoisses et d'inquiétudes mesquines, de grandes convictions et d'inébranlables certitudes. Au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans la chair vive de notre existence, cette goutte d'abord minuscule ne cesse de grossir et de prendre du poids. Et quand elle touche enfin au coeur mième de notre vie, elle nous enferme inextricablement, nous étouffe, nous broie.
     Dans les treize contes et nouvelles qui composent ce recueil, j'ai cherché à susciter les démons de l'époque autant qu'à les conjurer : une jonglerie dangereuse qui va plus loin que le simple jeu avec la peur. Le fantastique, contrairement à ce que certains ont pu prétendre, n'est pas mort avec l'avènement de l'ordinateur — bien au contraire, les puissances des ténèbres ont su dévoyer à leur profit et subvertir à leur avantage tous les ''jujus'' de la technologie avancée. Jusqu'à l'âme des villes, qu'elles ont damnée pour toujours... »
Daniel Walther

     Né en 1940 à Munster (Alsace), Daniel Walther est journaliste dans un grand quotidien de l'Est. Il dirige, chez Opta, le Club du Livre d'Anticipation (CLA) et Galixis-Bis. Grand Prix de la Science-Fiction Française, Prix Europa S-F SpéciaI, il a publié dix romans et quatre recueils de nouvelles. Chez Denoel : Krysnak ou le complot, Happy End ; dans « J'ai Lu » : L'épouvante ; au Fleuve Noir : Mais l'espace... mais le temps, Le livre de Swa, Le destin de Swa, La légende de Swa, Embuscade sur Ornella, Apollo 25, La pugnace Révolution de Phagor ; dans la présente collection : Les quatre saisons de la nuit, L'hôpital et autres fables cliniques, Requiem pour demain, Nocturne sur fond d'épées, la saga de Synge et de Brennan. Reconnu aujourd hui comme l'un des tout premiers écrivains français de science-fiction et de fantastique, Daniel Walther peut, en outre, être considéré comme le seul grand poête français du genre.

    Sommaire    
1 - Denis GUIOT, Comme un poisson captif de quelque filet..., pages 5 à 9, Préface
2 - Adramelech, pages 13 à 28
3 - Intra muros, pages 29 à 36
4 - Carnaval à Rio, pages 37 à 43
5 - Le Dernier étage des ténèbres, pages 44 à 64
6 - La Mer de glace, pages 65 à 83
7 - Deux allers simples pour Samarcande, pages 84 à 90
8 - Coeur moite, pages 91 à 95
9 - Sertao des serres tièdes, pages 96 à 115
10 - Fête rouge... Fête noire..., pages 116 à 134
11 - Sinfonietta à temps perdu, pages 135 à 140
12 - Les Singes, pages 141 à 147
13 - Les Chambres transparentes, un paysage..., pages 148 à 161
14 - L'Éternité du vent éphémère, pages 162 à 177
15 - Index bibliographie, pages 179 à 179, Bibliographie
 
    Critiques    
     Un « écrivain vieillissant » a comme voisins d'immeuble une famille de compositeurs bien étranges qui ne rendent pas hommage qu'à Euterpe mais aussi à un cousin de Chronos (ou un neveu de Baal au choix) ; heureusement, la famille compte une nymphe... (Le dernier étage des ténèbres). Un écrivain qui piétine sur un livre improbable (La chute de Ninive on vous demande un peu !) erre dans la réalité de ses songes (ou inversement) à travers les serres moites du jardin d acclimatation : il y rencontre une « femme en rouge »... (Sertao des Serres tlèdes). Un écrivain qui s'intéresse au versant ténébreux de la nature humaine est captivé par un LIVRE écrit par un homme peut-être mort, et qui habite une mystérieuse Maison Bleue (en réalité d une « teinte pisseuse ») où il sera irrésistiblement attiré : en compagnie d Anya, sa maîtresse, qui y subira un sort épouvantable (Fête rouge... fête noire). Un narrateur très esthète se retrouve en compagnie de quelques autres reflets de lui-même dans une villégiature « à demi cachée dans une végétation pourrissante » sur laquelle s'abat malédictions et fantasmes heureusement, il y a Candy avec « son fantastique Mont de Vénus »... (La Mer de Glace).
     On pourrait continuer longtemps cette énumération : autant que le dernier recueil de Daniel Walther contient de textes : 13 au total comme il se doit. Car tous illustrent de manière frappante LE paysage unique et pourtant très diversifié dans lequel se meut (non : s'englue) I'auteur Un paysage de sexe et de mort (Eros et Thanatos, inséparables vieux compagnons) que ses personnages, qui sont autant de doubles de lui-même (fantasmes écartelés, moqués... et parfois quelque peu « égo-centriqués » : J'aime les écrivains vieillissants, car parmi tous les hommes vieillissants, ce sont eux qui baisent le plus manifestement avec l'énergie du désespoir ! — p.51) traversent en faisant du sur-place. Tous les contes de Cœur moite (pour ce recueil, je préfère le terme de « conte » à « nouvelle », car — et c'est là, peut-être, le seul reproche qu'on pourrait faire à Walther, ses chutes tournent parfois un peu court, et l'impact des textes vient du récit lui-même, pas de son dévoilement) sont ainsi axés sur des voyages, mais des voyages qui tournent en rond, qui n'aboutissent nulle part — à moins qu'il ne s'agisse que de voyages immobiles, des voyages à l'intérieur du crâne (Deux allers simples pour Samarcande en est l'archétype). Voilà donc un recueil qui est pour l'auteur un lieu de recentrage (il est typique que alors que ses précédents recueils étaient pour leur plus grande part composé d'inédits, celui-ci n'en comporte qu'un seul — même si beaucoup n'ont paru que dans des publications marginales ; mais il n'est pas question d'accuser Walther de paresse : c'est un approfondissement qu'il a tenté ici...). Recentrage sur lui-même, sur ses phantasmes, comme il l'écrit très souvent (avec ph), dont la nature est plutôt sombre.
     Comme le note Denis Guiot dans son amusante préface, où il tire le portrait astral de l'auteur (Poisson ascendant Capricorne), Walther est « Impuissant devant l'existence », il vit un « exil intérieur », dans des « lieux d'enfermement qui sont autant de tentatives de fuites avortées devant le réel et son cortège de frayeurs et de terreurs ». Un enfermement qui est synonyme de mort (celle-ci précédée du dépérissement de la vieillesse, tant redoutée, ce qui se traduit par l'omniprésence de ses signes, ces « armées blanches, larvaires grouillantes » de la p. 81, cette « vermine blanche et goulue » de la p. 72 (Pourquoi blanche et pas noire, d'ailleurs — sinon que la mort est purification fondamentale ?). Et au milieu de ces voyages immobiles vers la mort unique, il y a donc l'amour, elle aussi faite chair, elle aussi, donc, périssable et redoutée, et redoutée parce que périssable. Mais avant de périr, quels feux d'artifices, quelles images ! — pharaonnes puissantes et ambiguës aux cuisses lustrées, aux seins érectiles, au pubis avaleur de sabres (p. 140).
     Ombres blanches et lumières noires, on a tout ça dans cette belle tapisserie psychanalytique...


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/2/1985
dans Fiction 359
Mise en ligne le : 1/10/2003


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique. Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.