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Le Serpent du rêve

Vonda N. McINTYRE

Titre original : Dreamsnake, 1978

Traduction de Jean BAILHACHE

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (56)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1979
336 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-221-00293-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Serpent, une guérisseuse, a traversé le désert popur soigner un enfant malade du clan d'Arevin. Dans son monde, les serpents sont mieux que le symbole de la médecine. Ce sont ses principaux instruments contre la maladie et la souffrance.
     Leurs venins modifiés peuvent guérir ou prémunir.
     Serpent dispose dans sa trousse d'un cobra, Brume, d'un crotale, Sable et d'un serpent du rêve, Sève, d'n espèce rare et singulière qui vient d'un autre monde et qui peut dispenser le sommeil ou adoucir une fin inéluctable. Lorsque Sève est tué, Serpent se sent comme mutilée. Et parce qu'elle entrevoit la possibilité d'obtenir un autre serpent du rêve, elle entreprend un long et dangereux voyage à travers un univers inconnu : la Terre de l'avenir.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 1979
Locus, roman, 1979
Nebula, roman, 1978

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)

 
    Critiques    
 
     UN LIVRE DES MERVEILLES

     Passée par le Clarion Workshop, elle a vendu sa première nouvelle en 1969, mais elle a peu écrit. Suffisamment pour gagner le Nebula (novella) en 1973 avec De Source, Sable et Sève (qui ouvre ce roman Le Serpent du Rêve) et vient de remporter le Nebula (novel) en 1978. Il s'agit de son second roman. Le premier, The exile waiting, date de 1975. Une de ses nouvelles, Aztecs, était en course pour le Nebula (novela) mais c'est Varley qui l'a emporté. Elle annonce Elfleda, mixte de hard science et érotique, dit-on.
     Dreamsnake n'est pas paru dans une collection SF, aux USA. Il n'empêche que c'est l'un des plus beaux livres de l'année.
     C'est d'abord un ouvrage de SF au sens strict du terme : peinture d'un monde post-atomique. Conséquences sociales multiples : la Ville refermée sur ses secrets, les nomades, les pillards — quelques extra-terrestres, et les « guérisseurs » — lien vivant entre ces groupes, et d'autres encore. Guérisseurs/seuses dont la formation fait intervenir à la fois des données médicales de type XXe siècle et des pratiques renvoyant au shamanisme -avec l'utilisation, en plus, des serpents. De ce point de vue, on trouve une dimension sociologique intéressante.
     Mais c'est aussi un ouvrage de « fantasy » : ce registre est atteint par la grâce envoûtante qui émane de cette prose (bien rendue) dont le lyrisme ne contrarie jamais le déroulement de l'action, mais dote celle-ci d'une sorte d'aura. Proche du Le Guin du Monde de Rocannon. Peut-être parce que l'auteur est femme ? Ou parce qu'ici il s'agit d'une héroïne ? En fait dans les deux cas le monde représenté est d'une certaine « vérité humaine » tout en étant différent du « connu ». Un effet d'« étrangeté poétique » différent de celui qui consiste à mettre des personnages « classiques » dans un monde exotique (à la Vance). Ici, harmonie totale entre les rôles et le décor, et réciprocité d'influence. Comme chez Le Guin, le rapport de ce monde au nôtre n'est guère explicité, et c'est tant mieux. Il existe pourtant, ce rapport, mais il passe par autre chose que le discours. Il se dit par les images, le rythme et surtout la construction d'une subjectivité autre. A lire absolument.
 

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/9/1979 dans Fiction 304
Mise en ligne le : 6/10/2009

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2001)


     A l'instar de nombreux classiques de la science-fiction (Un cantique pour Leibowitz, Des fleurs pour Algernon, Le Monde du fleuve, etc.), Le serpent du rêve est d'abord né sous la forme d'un texte court – récompensé en 1973 par le prix Nebula de la meilleure novelette – avant de réapparaître quelques années plus tard sous la forme d'un roman à succès, qui rafla un nouveau prix Nebula, mais également le prix Hugo et le prix Locus (Gérard Klein, dans sa préface, y voit une grande première  ; tempérons son enthousiasme en précisant qu'avant Vonda McIntyre, Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Ursula Le Guin, Joe Haldeman et Frederik Pohl avaient eux aussi réalisé ce triplé “historique” 1).
     Nous suivons dans ce récit l'aventure de Serpent, guérisseuse itinérante qui parcourt un monde dépeuplé et ravagé par une guerre nucléaire totale. Grâce au venin modifié de ses serpents Brume (un cobra), Sable (un crotale) et Sève (un rarissime “serpent du rêve” à la morsure lénifiante), Serpent dispense son art avec dévouement pour tenter de soulager les maux d'une humanité en pleine régression culturelle. Pourtant, lorsque Sève est tué par erreur, Serpent perd la foi en ses talents, et la foi en l'humanité parfois si ingrate. Pour continuer sa tâche, il lui faut impérativement un nouveau serpent du rêve. Mais comment le trouver  ? Peut-être en se laissant guider par le destin, de malade en estropié, là où le devoir l'appelle.
     C'est un roman agréable que Le serpent du rêve. Peu d'action et pas de violence gratuite, un choix qui risque de ne pas rencontrer l'approbation de tous les lecteurs. L'arrière-plan lui-même demeure très allusif, ce qui est assez déroutant  : peut-on écrire un roman de science-fiction intéressant avec une action pauvre et un contexte socio-scientifique à peine esquissé  ? À la lecture de ce récit, on serait tenté de répondre par l'affirmative. Vonda McIntyre a presque exclusivement centré son propos sur les sentiments humains, mais sans sombrer dans une mièvrerie assommante, ce qui est une approche sinon originale, du moins assez rare dans la science-fiction américaine. Nous nous garderons bien d'avoir recours ici à l'explication simpliste d'une telle démarche par un déterminisme inhérent au sexe de l'auteur...
     Le serpent du rêve n'est malheureusement pas une réussite sur toute la ligne  : on peut déplorer quelques longueurs qui ralentissent excessivement l'intrigue, qu'on soupçonne de correspondre à l'enrobage de la novelette initiale. De même, les personnages sont brossés d'un trait souvent trop schématique  : leur intégrité de caractère proche de la caricature, leur grandiloquence facile, en font parfois des figures singulièrement dénuées de complexité, ce qui est fort regrettable dans un récit qui se veut avant tout plein d'humanité, voire d'humanisme. Quoi qu'il en soit, l'histoire est surtout belle par sa simplicité, et il serait dommage de dédaigner ce livre sous prétexte que McIntyre s'est commise par la suite dans des projets littéraires plus discutables comme Star Trek ou Star Wars, à une époque où les liquidités ou l'inspiration lui faisaient sans doute défaut...
     Gérard Klein met assez justement l'accent sur les éléments qui rapprochent ce roman de SF du genre de la fantasy. A ce titre, il pourrait constituer une passerelle idéale pour les inconditionnels de l'un ou l'autre genre, qui n'imaginent la science-fiction que sous forme de space-opera, ou la fantasy que sous forme de sword and sorcery. Ce qu'il faut ajouter, c'est que Le serpent du rêve est un roman très accessible, susceptible d'être abordé et apprécié par un public très large, même jeune ou néophyte en SF. Ce n'est pas si fréquent. A découvrir, donc.

Notes :

1. Respectivement pour Les Dieux eux-mêmes, Rendez-vous avec Rama, Les Dépossédés, La Guerre éternelle et La Grande porte.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 3/12/2001
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